Un arbre australien porte désormais le surnom évocateur de « zombie ». Ce terme décrit le sort particulier de Rhodamnia zombi, une espèce récemment nommée, qui persiste biologiquement mais a perdu sa capacité à fleurir et à fructifier.
Cet arbre a Ă©tĂ© identifiĂ© dans les forĂŞts tropicales du Queensland. L’Ă©quipe de l’UniversitĂ© du Queensland a choisi cette appellation pour reflĂ©ter sa situation prĂ©occupante, survivant sans pouvoir se reproduire, tel un mort-vivant vĂ©gĂ©tal.

Crédit: Université du Queensland
Le responsable de cette condition est la rouille du myrte. Ce champignon cible systĂ©matiquement les jeunes pousses de Rhodamnia zombi. Apparue en Australie en 2010, cette maladie bloque la croissance de l’arbre et la formation de graines, le menant vers une disparition graduelle en l’absence de mesures. Les sujets infectĂ©s se retrouvent ainsi dans un Ă©tat de stĂ©rilitĂ© totale. L’espèce d’arbre nouvellement dĂ©couverte est particulièrement sensible Ă ce champignon.
Cette espèce figure dĂ©sormais parmi 17 plantes potentiellement classĂ©es en danger critique d’extinction Ă cause de la rouille du myrte. Aucune rĂ©sistance naturelle n’ayant Ă©tĂ© observĂ©e dans les populations sauvages, leur survie Ă court terme suscite des inquiĂ©tudes, avec un risque d’extinction en une seule gĂ©nĂ©ration.
Une opĂ©ration de sauvetage est en cours. Les scientifiques collectent des boutures saines dans la nature avant leur contamination. Ces boutures sont ensuite cultivĂ©es dans des sites sĂ©curisĂ©s, comme Ă Lismore et Townsville, oĂą de jeunes plants montrent des signes encourageants. L’objectif est de les amener Ă produire des graines, dans l’espoir qu’une partie d’entre elles manifeste une tolĂ©rance au champignon.

Crédit: The University of Queensland
Les travaux, publiĂ©s dans Austral Ecology, explorent cette piste. En examinant le gĂ©nome d’espèces proches de Rhodamnia zombi qui prĂ©sentent une certaine rĂ©sistance, les botanistes cherchent Ă identifier des caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques protectrices. Cette dĂ©marche pourrait permettre, Ă terme, de rĂ©introduire des individus plus robustes dans leur milieu d’origine.
Ceci permet Ă©galement d’observer un processus Ă©volutif en temps rĂ©el. Bien qu’ambitieuse, cette initiative donne une chance Ă l’espèce de dĂ©velopper une rĂ©sistance Ă l’Ă©cart de la trop forte pression de la maladie.
