More
    AccueilTechđŸ’„ Ces trous noirs qui rotent des annĂ©es aprĂšs avoir mangĂ© une...

    đŸ’„ Ces trous noirs qui rotent des annĂ©es aprĂšs avoir mangĂ© une Ă©toile


    Un trou noir supermassif qui, des annĂ©es aprĂšs avoir dĂ©vorĂ© une Ă©toile, continue d’Ă©mettre des ondes radio intenses: c’est exactement ce que les astronomes viennent d’observer. Un phĂ©nomĂšne comparable Ă  un « rot » cosmique, qui montre que le festin de ces gĂ©ants n’est pas terminĂ© quand la lumiĂšre visible s’Ă©teint.

    Les disruptions par effet de marĂ©e (TDE) se produisent quand une Ă©toile s’aventure trop prĂšs d’un trou noir supermassif. Sous l’effet d’une gravitĂ© extrĂȘme, elle est Ă©tirĂ©e en un filament de gaz, un processus connu sous le nom de « spaghettification ». Ces Ă©vĂšnements sont rares, environ une tous les 100 000 ans par galaxie, ce qui pousse les astronomes Ă  surveiller un grand nombre de galaxies pour espĂ©rer en capturer.


    Une Ă©toile passant trop prĂšs d’un trou noir supermassif.
    Image Wikimedia

    Pendant six ans, une Ă©quipe a utilisĂ© le Very Large Array (VLA) au Nouveau-Mexique pour rĂ©aliser les premiĂšres observations radio systĂ©matiques de dizaines de TDE. En croisant ces donnĂ©es avec des archives optiques, ultraviolettes et de nouveaux relevĂ©s X, ils ont analysĂ© 31 TDE bien documentĂ©s. Leurs rĂ©sultats, publiĂ©s dans The Astrophysical Journal, montrent que les sursauts radio tardifs apparaissent dans deux situations extrĂȘmes: soit le trou noir engloutit le gaz trĂšs rapidement, soit son rythme d’alimentation s’est considĂ©rablement ralenti.
    Dans les deux cas, une partie du gaz est Ă©jectĂ©e au lieu d’ĂȘtre avalĂ©e, et entre en collision avec le gaz environnant. Ce choc gĂ©nĂšre des ondes qui accĂ©lĂšrent les particules, produisant un rayonnement synchrotron dans le domaine radio. Ce mĂ©canisme se dĂ©roule de la mĂȘme façon, quelle que soit la taille du trou noir, qu’il soit modeste ou des millions de fois plus massif que le Soleil, selon les astrophysiciens.

    De plus, un indice chimique permet de prĂ©dire ces Ă©ruptions tardives: la prĂ©sence de raies d’hĂ©lium dans le spectre optique prĂ©coce. Cette signature indique que les dĂ©bris stellaires mettent du temps Ă  former un disque stable autour du trou noir, garantissant presque Ă  coup sĂ»r un « rot » cosmique futur. Les astronomes estiment que la pĂ©riode de 2 Ă  6 ans aprĂšs la dĂ©couverte est la plus propice pour dĂ©tecter ces signaux radio, et que prĂšs de 40 % des TDE gĂ©nĂšrent de telles Ă©missions tardives.

    GrĂące Ă  cette empreinte prĂ©dictive, les chercheurs peuvent dĂ©sormais filtrer les trous noirs calmes et concentrer leurs efforts sur ceux qui promettent un spectacle tardif. Cela permet d’optimiser l’utilisation du temps de tĂ©lescope, une ressource prĂ©cieuse.



    Techno-science

    Must Read

    spot_img