Un mur couvert de signes presque effacés vient de rendre son identité à un savant maya ayant vécu il y a environ 1 200 ans.
Dans une petite pièce de Xultun, au Guatemala, des chercheurs ont reconstitué une formule mêlant mathématiques, calendriers et mouvements planétaires. Deux glyphes placés à sa suite désignent un certain Sak Tahn Waax.

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Son nom peut être traduit par « Renard à la poitrine blanche ». Il s’agit du premier mathématicien-astronome maya de la période classique identifié grâce à une œuvre précise. Jusqu’ici, les calculs conservés témoignaient d’un savoir collectif, sans révéler leurs auteurs. Cette courte signature donne désormais un visage, ou au moins un nom, à cette tradition scientifique.
La formule se compose de onze blocs de glyphes noirs, disposés selon une forme évoquant un « L » inversé. Elle présente cinq dates, séparées par des intervalles calculés avec précision. Ces nombres combinent plusieurs cycles calendaires et astronomiques, notamment ceux associés à Mars et Vénus. Leur organisation ne correspond à aucune formule maya connue auparavant.
Il ne s’agissait probablement pas d’une simple inscription décorative. Les chercheurs y voient plutôt un exercice destiné à faire coïncider différents rythmes célestes avec les calendriers humains. Ces rapprochements pouvaient servir à prévoir certains phénomènes, organiser les saisons ou choisir le moment de cérémonies politiques et religieuses. Le ciel influençait alors directement le fonctionnement de la société.

La pièce elle-même ressemble étonnamment à un ancien espace de travail. Ses murs portent une cinquantaine de petits textes mathématiques et astronomiques, parfois superposés à des peintures plus anciennes. Certains calculs semblent encore provisoires. Pour les archéologues, cet endroit pourrait avoir servi d’atelier, de salle d’enseignement et de lieu de préparation des codex mayas.
Les spécialistes ont dû faire parler une inscription mesurant moins de 20 cm de haut, fragilisée par l’humidité et les racines. Des photographies en couleurs et des images multispectrales ont révélé des traces invisibles à l’œil nu. Chaque signe a ensuite été comparé aux formes connues de l’écriture maya, avant la reconstruction progressive de l’ensemble.
La dernière partie contient une formule inhabituelle pouvant être comprise comme « ainsi parle Sak Tahn Waax ». Celui-ci a peut-être écrit lui-même ces mots. Une autre personne pourrait également lui avoir attribué le calcul. Dans les deux cas, cette mention ressemble à une revendication intellectuelle, presque une signature apposée au bas d’un raisonnement jugé particulièrement réussi.
Cette découverte montre surtout que les connaissances mayas reposaient aussi sur le travail de spécialistes identifiables. Sans télescope ni ordinateur, ils combinaient de longues observations avec un système numérique élaboré. Les murs de Xultun conservent ainsi davantage qu’une formule. Ils offrent un rare aperçu des méthodes, des hésitations et de la créativité d’un scientifique du VIIIe siècle.
