Comment aider l’enfant à développer son autonomie

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Avec les expertes :  Anne-Claire Kleindienst, psychologue clinicienne, auteure des coffrets “Rituels de la journée” et “Organisation de la maison” chez Mango. Charlotte Poussin, éducatrice Montessori AMI, ancienne directrice d’école et auteure “Apprends-moi à faire seul, Montessori expliqué aux parents” (Eyrolles) et “Ma journée Montessori” (Bayard). Son site : https://montessoricharlottepoussin.com/

On met en place des rituels pour favoriser l’autonomie de l’enfant

Très tôt, encore bébé, notre enfant apprend qu’avant de partir chez la nounou ou à l’école, il doit manger, faire sa toilette, s’habiller…

Pour l’aider, dès 2-3 ans, on peut créer une frise comportant des dessins de chaque action à faire le matin avant de quitter la maison. On place des scratchs dessus, et il colle les cartes correspondantes quand il a accompli l’action.

Le conseil de la psy : « Pour mémoriser ce qu’il doit faire, un enfant a besoin de routines détaillées, de répéter quotidiennement les mêmes gestes, dans le même ordre », explique Anne-Claire Kleindienst.

Bébé, enfant… on lui apprend à faire tout seul

Pour devenir autonome, l’enfant doit d’abord acquérir des compétences, selon son âge et son développement psychomoteur. Par exemple, avant de lui demander d’étendre le linge ou de le plier (possible avec une certaine habileté et motricité acquises vers 7 ans). A nous de lui montrer la technique. Même si ça prend plus de temps au départ, et que ce n’est pas parfait tout de suite, c’est une étape ! Et s’il se trompe, la psychologue recommande de saisir cette erreur comme une opportunité d’apprentissage. On montre, on ajuste et on répète !

De même, pour le laisser aller acheter le pain, Charlotte Poussin, éducatrice Montessori, conseille aussi de lui montrer comment on fait, à côté de lui. Puis, la fois suivante, il demande à son tour du pain. Ensuite, il récupérera l’argent. Plus tard, quand il le pourra, il comptera la monnaie rendue. Ensuite, on restera à l’extérieur de la boulangerie, etc.

Le conseil de l’éducatrice Montessori : « Quand on lui confie une mission, il apprend à faire et en même temps, il se sent utile. Il voit qu’on a besoin de lui », assure Charlotte Poussin.

Les enfants apprennent par beaucoup imitation

Dès que l’on fait quelque chose, on lui montre, en fonction de son âge, ce qu’il peut faire de son côté. Ainsi, il nous verra vider le lave-vaisselle, mettre le couvert… Au début, il nous aidera : par exemple ranger les petites cuillères, apporter le sel et le poivre sur la table… Peu à peu, il pourra entreprendre de faire des choses tout seul. On y va progressivement pour que ça devienne naturel, et même un réflexe. Les enfants apprennent beaucoup par imitation, alors on en profite !

« On reconnaît un bon ouvrier à ses outils », dit le proverbe. Si notre enfant a renversé son bol de lait, il doit savoir, dès 4-5 ans, où trouver l’éponge pour nettoyer, et se débrouiller tout seul. Et même si le résultat n’est pas nickel, c’est l’intention qui compte ! Il a sali le miroir en se lavant les dents ? On lui met à dispo, vers 7-8 ans, un chiffon et un pulvérisateur, avec un mélange de vinaigre blanc et d’eau dans un endroit facile d’accès, en lui rappelant d’être prudent avec. Pour cuisiner, il peut avoir ses propres ustensiles et des livres de recettes adaptés à son âge.

On l’aide à développer sa confiance en soi

Dans certaines écoles, l’enseignant attribue aux élèves un “métier” : nettoyer le tableau, distribuer des documents… On peut faire la même chose à la maison. Anne-Claire Kleindienst suggère ainsi de montrer à l’aide de magnets ou de papiers toutes les tâches ménagères qu’il est capable de faire. Puis, il choisit celles qu’il pense pouvoir réaliser. Il colle ces activités (au maximum sept) sur une bande d’engagement. A nous, adultes bienveillants, de l’accompagner pour savoir quand et comment il pourra les faire ! Un super outil pour l’aider à acquérir une bonne confiance en soi.

Vers 9-10 ans, on peut aussi inciter notre enfant à noter les choses à faire sur une to-do list. Puis il trie ce qu’il sait faire et ce pour quoi il a besoin de l’aide d’un adulte. « C’est une manière de décomposer le travail. Les tâches paraissent plus petites, plus faciles à mener. Ça évite de procrastiner. Et quand il raye la tâche effectuée, ça disparaît visuellement et ça fait du bien », ajoute la psychologue. Il en tirera de la satisfaction et gagnera en estime de soi. Enfin, on supervise, sans être intrusif, la préparation du cartable pour le lendemain.

Le conseil de l’éducatrice Montessori : « L’emploi du temps d’un enfant est très dirigé. On peut le laisser choisir s’il veut faire ses devoirs après goûter ou s’il veut jouer un peu avant. Pour avoir une bonne représentation du temps, on peut utiliser un time-timer, une minuterie qui montre le temps écoulé et restant. L’enfant est ainsi plus maître de son temps et gagne en autonomie », explique Charlotte Poussin.

Bébé, enfant… : on lui laisse le temps de grandir !

Difficile de demander à son enfant, surtout s’il est très jeune, de s’habiller seul du jour au lendemain. En plus de capacités psychomotrices, l’apprentissage de nouveaux gestes prend du temps. On prévoit donc de lui apprendre quand on est détendu, le week-end, en vacances… On prépare sa tenue la veille au soir en privilégiant des habits faciles à mettre. Pour son manteau, on lui montre qu’il est plus simple de le poser au sol et de l’enfiler comme une cape… à la Superman ! Et le matin, on se lève 5 minutes plus tôt pour lui laisser le temps d’attacher tout seul ses boutons, faire ses lacets… Il sera moins pressé, plus détendu et donc plus apte à réussir !

On encourage son enfant chaque jour

Votre bébé grandit… mais à son rythme ! A chaque fois qu’il fait quelques chose, on lui signale ses progrès : « J’apprécie quand tu contribues… », « Grâce à ta persévérance, tu as fait tes lacets », « J’ai vu comment tu as réussi à faire ça, tu es capable de faire ça aussi » … Il sera alors fier de grandir. Et s’il a oublié un cahier en faisant son cartable, on l’encourage car il a déjà été pénalisé par cette inattention. Inutile d’en rajouter. Une ambiance ludique et stimulante l’encouragera aussi à faire plus de choses : on peut nettoyer en chantant, en écoutant de la musique, en parlant à quelqu’un… Des applications permettent aussi une approche séduisante. Par exemple, Happy kids Timer aide à répéter les routines du matin et du soir.

Le conseil de la psy : « Le psychiatre Rudolf Dreikurs, disciple d’Alfred Adler, disait que “l’encouragement est à l’enfant ce que l’eau est à la plante”. Ça crée une dynamique motivante. Plus l’enfant se sent capable et utile, plus il est satisfait de lui », explique Anne-Claire Kleindienst.

Le laisser choisir et décider, dès tout-petit

Bébé ou enfant, on évite de tout faire et décider pour lui. Dès 3 ans, il peut choisir entre deux tenues celle qu’il veut porter. Plus tard, il sélectionne tout seul ses habits en veillant à la saison et à assortir les couleurs. On l’inclut dans les projets. On le laisse s’entraîner à fermer les boutons de son manteau.

Le conseil de l’éducatrice Montessori :« A partir de 6 ans, on lui demande, par exemple, où il aimerait aller cet après-midi, comment s’y rendre (transports en commun, voiture, vélo…), combien ça va coûter… Il peut s’aider de Google map, demander le chemin à un passant. Les enfants sont souvent assez passifs. Là, il voit qu’on tient compte de son avis. Ça développe sa capacité d’adaptation, son estime de soi, ses qualités sociales, et sa débrouillardise. », assure Charlotte Poussin.

On s’inspire des principes “Montessori”



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