Enceinte, comment je me protège des polluants chimiques ?

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Je ne bois plus aucun alcool !

Les autorités sanitaires recommandent le “zéro alcool” car de nombreuses recherches ont montré qu’il interférait avec le développement du système nerveux du fœtus. « On ne sait pas à partir de quel seuil, rappelle le Dr Laurent Chevallier. Même de petites quantités pourraient s’avérer toxiques. »

Je fais le tri dans mon alimentation

L’alimentation peut aussi être une source de produits chimiques. Pour le poisson, souvent pollué au mercure et au PCB, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation a tranché : pas plus de 150 g par semaine pour les femmes enceintes. Comme toutes les graisses peuvent être de véritables pièges à polluants, on préfère autant que possible les viandes blanches ou les parties maigres de l’animal. Côté pesticides, une étude de l’Inserm (Pélagie) a montré leur effet délétère chez des femmes enceintes très exposées, comme les agricultrices. Une simple consommatrice n’atteindra jamais ce niveau d’exposition, mais on connaît mal leurs conséquences à des doses plus réduites. « Si on ne peut pas tout acheter bio, on évite les fruits et les légumes les plus contaminés, comme les pommes de terre, les concombres, les pommes et les fruits rouges. » Le Dr Chevallier s’inquiète également des additifs alimentaires : « Tous ne sont pas à mettre au même niveau, mais évitez au moins les édulcorants ; boire un soda light par jour favoriserait par exemple les accouchements prématurés. » De façon générale, mieux vaut garder les plats préparés pour les jours où l’on ne peut pas faire autrement, et cuisiner des produits basiques, frais ou surgelés.

Je me méfie des emballages et du plastique

S’il faut faire attention à ce que l’on mange, on veille également aux emballages. Certains contiennent des substances accusées d’être des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire des molécules qui peuvent interférer avec notre système hormonal et, à plus forte raison, avec celui du fœtus. Le bisphénol A est interdit depuis janvier 2015, mais d’autres produits sont encore présents. « On en trouve notamment dans les emballages de certains plats cuisinés et dans le film utilisé pour réchauffer les plats au micro-ondes, explique le Dr Chevallier. Quand on le chauffe et qu’il est en contact avec un aliment gras, comme une cuisse de poulet, certains phtalates peuvent migrer dans la nourriture. Gardez le film plastique pour conserver les aliments au réfrigérateur. » Sinon, un logo en forme de triangle permet de privilégier les plastiques de catégories 2, 4 et 5, qui résistent mieux à la chaleur.

Je lave mes vêtements neufs

« Les vêtements neufs sont gorgés de substances chimiques, met en garde le Dr Chevallier. On estime qu’il y aurait 1 kg de produits chimiques pour 1 kg de vêtements. » Le phénomène est suivi de près par l’ONG environnementale Greenpeace, qui a dénoncé des marques comme Zara et Calvin Klein. La bonne nouvelle, c’est que certaines enseignes se sont engagées à réduire la contamination de leurs vêtements. C’est le cas de H&M et de C&A, par exemple. En attendant, un réflexe simple permet de limiter son exposition : passer les vêtements neufs deux fois à la machine avant de les porter, sans les mélanger avec le reste du linge.

Cosmétiques : on la joue basique !

Les cosmétiques contiennent des substances chimiques peu recommandables, comme des phtalates. Ils ne sont pas assez étudiés chez les femmes enceintes. La dernière réglementation impose de déclarer la présence des nanoparticules, mais elle n’en interdit pas leur usage, pourtant controversé. Par précaution, on utilise des produits basiques : savon surgras, formules hydratantes ultrasimples, dont la liste d’ingrédients est la plus courte possible, ou huiles végétales. Le bio est une bonne option, si on choisit des marques reconnues – Melvita ou Lavera, labellisées (EU Écolabel ou Écocert) – sans certaines huiles essentielles (qui peuvent être dangereuses pour le bébé).

J’améliore l’air intérieur et je remplace les produits d’entretien

Les produits d’entretien, mais également les meubles neufs, les peintures, les sols et les bougies rejettent des molécules chimiques dans l’air, en particulier des composés organiques volatiles (COV), irritants et allergisants. Les données actuelles ne permettent pas de savoir à partir de quelle dose ces produits sont nocifs. Heureusement, une bonne aération quotidienne (10 à 30 minutes), en élimine une grande partie. C’est aussi le moment de remplacer certains produits ménagers par des produits bio ou des formules basiques comme le vinaigre blanc et le savon de Marseille liquide. Si on doit faire des travaux, on préfère les peintures moins émissives, qui affichent le logo A+, et les meubles en bois naturel. Enfin, on le sait moins, « les matelas neufs sont fortement traités, notamment pour les rendre moins inflammables », prévient le Dr Chevallier, qui conseille de se tourner vers un matelas bio, 100 % latex, même si ces modèles sont un peu plus chers. l Jasmine Saunier

« Professeure d’arts appliqués, je ne touche pas certains produits. » « Enceinte, j’ai fait un atelier sur les teintures naturelles sur tissu. On utilisait de la chaux, des pigments naturels et des fixatifs, qui peuvent être toxiques. J’avais des gants, mais je n’ai rien touché, je me suis tenue éloignée pendant la préparation. Ce n’est que lorsque les tissus sont passés dans plusieurs bains d’eau que je les ai touchés. » Loraine, maman de Clémentine, 1 mois



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