EXCLU « Ma fille entre dans l’adolescence, on dirait qu’elle a attendu ça toute sa vie ! » Interview Sans Filtre de Lucie Lucas

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Adolescence, écrans, charge mentale, écologie… Les thèmes abordés dans la nouvelle saison de Clem, qui sort le 28 mars sur TF1, nous donnent l’occasion d’en savoir un peu plus sur Lucie Lucas et sa vie de maman. C’est parti pour une interview exclusive !

Parents : Qui es-tu, Lucie Lucas ?

Lucie : Je suis comédienne de métier, je me considère comme une citoyenne du monde. Je suis aussi maman de trois enfants, Lilou, 11 ans, Moïra 10 ans et Milo, qui vient d’avoir 4 ans.

Lucie : À la maison, ça se passe très bien. Lilou entre dans l’adolescence avec beaucoup de joie, on dirait qu’elle a attendu ça toute sa vie ! Mais je dois admettre que c’est aussi vertigineux de découvrir l’adolescence lorsqu’on est parent. On a beau l’avoir vécue soi-même, le monde ne ressemble plus à ce qu’il était quand j’avais son âge.

J’ai l’impression que les enfants sont parachutés, au collège. C’est un milieu inconnu, avec des règles parfois un peu hostiles. J’ai toujours trouvé qu’il y avait beaucoup de violences, je ne suis pas certaine que cela se soit calmé, au contraire, avec les réseaux sociaux, les portables, les ordinateurs…

Et en même temps, c’est une période charnière, formatrice, c’est émouvant, je ne me rendais pas compte du boulot que c’était !

Dans le 1er épisode, Clem offre son premier portable à Emma. Chez toi, quelles sont les règles ?

Lucie : C’est l’enfer ! On avait un point d’honneur : pas de smartphone avant 16 ans, c’est mort de chez mort. Et voilà, ma fille a 11 ans, elle a eu son portable à Noël. C’est difficile en tant que parent de se renier à ce point (rires).

Mais nos enfants ont le droit d’évoluer avec les mêmes outils que tout le monde, et de se construire avec. C’était un choix à faire, on ne voulait pas qu’elle soit complètement marginalisée. On a imposé des restrictions, même si c’est tout nouveau et qu’on apprend aussi. On surveille le temps qu’elle passe dessus. Je pense qu’on va installer des casiers à l’entrée de la maison et checker qu’il y soit bien rangé.

Le plus important, à mon sens, est d’utiliser le téléphone ponctuellement, et pas pour combler un ennui. Je remarque beaucoup d’ados qui discutent en scrollant leur téléphone, ils ne sont ni à l’un, ni à l’autre. C’est dommage pour l’échange. On va essayer de limiter certains réflexes et imposer des règles, puis expliquer que ces règles évolueront en fonction de leur âge et de leur capacité à s’autoréguler.

Est-ce qu’il y a un mot ou une expression d’ado que tu ne comprends pas ?

Lucie : Un « charco ». Non, un « charo » ! (rires). C’est un garçon qui essaye de sortir avec le plus de filles possibles, si j’ai bien compris… Pour l’instant c’est tout, j’essaye de me tenir à jour !

Dans la série, le harcèlement scolaire est très présent. Tu en parles avec tes enfants ?

Lucie : Déjà, je ne pense que ce n’est pas la même chose en primaire et au collège. En primaire, j’ai vraiment essayé de pousser mes filles à maintenir un minimum d’harmonie dans la classe. Si elles constatent qu’un camarade devient violent ou si quelqu’un est victime de cette violence, je les incite à parler les uns avec les autres pour déjouer l’escalade de cette violence. On pourrait croire qu’elles se mêlent de ce qui ne les regarde pas, mais si tous les enfants font ça, le climat dans la classe serait beaucoup plus sain, pour que tous les élèves puissent s’épanouir dans leurs différences. C’est aussi aux parents de prendre conscience et d’accompagner leurs enfants dans cette direction.

Au collège, on constate beaucoup de mécanismes très toxiques d’emprise… Je comprends que ce soit intéressant de découvrir cette capacité à avoir de l’influence, du pouvoir, sur les uns ou sur les autres, ça fait partie de la vie. Mais là, c’est très dangereux. C’est un autre monde, sur lequel nous n’avons aucune emprise. Ça nous échappe complètement. Les ados ne se rendent pas toujours compte de la gravité des pièges qu’ils se tendent. Alors j’apprends à ma fille à s’affirmer, sans blesser les autres. De dire par exemple « Non, ça ne m’intéresse pas, je ne vais pas dans cette direction-là », mais sans être méchante, ou dénigrante. Mais ce n’est pas simple et je n’en suis qu’au début…

Tu défends beaucoup la cause écologique, qu’en est-il de tes enfants ?

Lucie : Pour mes enfants, le respect de la nature est quelque chose d’acté, d’ancré en eux. Ils sont très sensibles et attentifs au gâchis, aux déchets jetés par terre, à la pollution. Le militantisme n’est pas encore de leur âge, mais j’essaye de leur expliquer que la civilisation s’est construite sur un récit culturel qui n’est pas en harmonie avec la nature, que maintenant, nous devons trouver notre place dans cette grande machine, et jouer avec les pièces que nous avons en main pour changer les choses.

Aujourd’hui, mes filles constatent que la notion de respect de l’environnement n’est pas assimilée de la même manière chez tout le monde. Elles aimeraient bien participer à la construction de ce nouveau récit culturel, mais ne savent pas vraiment comment, alors je les encourage à en parler dans la cour avec les copains, encore une fois sans jugement, sans se considérer meilleures que les autres. C’est en prenant soin de soi et des autres qu’on construit un monde meilleur.

As-tu un message à faire passer aux parents ?

Lucie : J’ai beaucoup d’admiration pour les parents de cette génération, qui élèvent leurs enfants dans un horizon aussi incertain et terrifiant. On vit dans une époque très anxiogène, très violente. C’est dur de délivrer des messages cohérents et positifs à nos enfants lorsque nous-mêmes sommes un peu décontenancés. Il faut se concentrer sur l’amour, le partage. Il faut considérer nos enfants comme nos égaux, des petites personnes qui perçoivent autant, si ce n’est plus de choses que nous, et pas comme des inférieurs hiérarchiques. En tout cas, je souhaite beaucoup de courage et de joie, à tous les parents du monde.

En vidéo : Retrouvez Lucie Lucas dans la nouvelle saison de “Clem” !



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