Les fuites urinaires pendant la grossesse

0
367



Toux, éternuements, rires : pourquoi ces fuites urinaires pendant la grossesse ?

Un éternuement un peu violent, une toux importante, un gros éclat de rire… Pour certaines femmes enceintes, ces situations peuvent donner lieu à des fuites urinaires plutôt désagréables. 

A savoir : rassurez-vous, il n’y a là rien de très inquiétant ou d’irrémédiable. Ces fuites urinaires surviennent fréquemment en fin de grossesse. En cause : le fait que le bébé pèse sur le plancher pelvien, les changements hormonaux de la grossesse qui détendent les muscles enserrant l’urètre, le poids de l’utérus qui “écrase” la vessie. On parle ici d’incontinence à l’effort, notamment parce qu’elle peut survenir lors d’un effort physique (monter les escaliers, par exemple).

Notons que certains facteurs augmentent le risque de fuites urinaires, tels que : 

  • le surpoids ; 
  • une prise de poids importante ;
  • la constipation ;
  • une toux chronique ;
  • des infections urinaires fréquentes ;
  • le tabagisme.

Dans le cas d’une fissure, il s’agit d’un écoulement continu et assez faible en débit, alors que perdre les eaux revient à perdre une grande quantité de liquide amniotique, et signifie que l’accouchement est proche.

Ainsi, la principale différence entre une fissure de la poche des eaux et une fuite urinaire est la fréquence des fuites. S’il s’agit d’une fuite urinaire, l’écoulement sera soudain, tandis qu’il perdurera dans le temps s’il s’agit d’une fissure de la poche des eaux. 

Mettre une protection pour en avoir le cœur net

Pour en être sûre, on pourra aller aux toilettes pour vider sa vessie, puis placer une protection (serviette hygiénique ou morceau de papier toilette) dans son sous-vêtement, afin d’observer la couleur et l’aspect des fuites ou des pertes. Le liquide amniotique est a priori transparent (sauf en cas d’infection), inodore et aussi liquide que de l’eau. Tandis que l’urine est plutôt jaune et odorante, et les pertes vaginales, elles, sont épaisses et blanchâtres. 

Si la protection périodique est humide après quelques minutes seulement, sans qu’il y ait eu de toux ou d’effort quelconque, il est fort possible qu’il s’agisse d’une fissure de la poche des eaux. Il faut alors consulter rapidement.

Quant à différencier une fuite urinaire de la perte des eaux, c’est simple. La perte des eaux est facilement reconnaissable, tant la quantité de liquide qui s’écoule est importante, avec un flux franc. Là encore, en l’absence d’infection ou de détresse fœtale, le liquide est transparent et inodore.

On pourra tout d’abord tâcher de limiter la consommation de boissons qui excitent la vessie, comme le café ou le thé, qui sont de toute façon à limiter durant la grossesse. On évite de porter des charges lourdes. On arrête les sports à impacts, et on privilégie les sports doux pour le plancher pelvien, comme la natation ou la marche.

Il n’est pas conseillé de diminuer sa consommation d’eau, mais on pourra en revanche aller aux toilettes plus régulièrement, pour éviter que la vessie ne soit pleine.

Il existe par ailleurs de petits exercices simples que l’on peut faire pour muscler ses muscles du périnée, et ainsi limiter les fuites, y compris durant la grossesse. Appelés exercices de Kegel, ils consistent par exemple à contracter l’ensemble de son périnée (en serrant son anus et son vagin comme pour retenir une envie d’aller aux toilettes) durant quelques secondes, puis de relâcher durant le double de temps. Exemple : effectuer une série de 5 secondes de contraction, puis 10 secondes de relâchement.

Attention : il est en revanche fortement déconseillé de s’adonner à la pratique du “stop pipi” qui consiste à arrêter le jet d’urine puis à uriner de nouveau, car cela pourrait dérégler l’appareil urinaire et entraîner des infections urinaires.

Post-partum : l’importance de la rééducation périnéale après l’accouchement

Si les petites fuites urinaires sont sans gravité durant la grossesse, elles peuvent hélas se produire également lors du post-partum. D’autant que l’accouchement par voie basse entraîne également d’importantes contraintes sur le périnée.

Aussi, pour se débarrasser définitivement de ces petites fuites urinaires, il est vivement conseillé de suivre une rééducation périnéale, six à huit semaines après l’accouchement. Celle-ci peut s’effectuer auprès d’un kinésithérapeute ou d’une sage-femme. Elles sont prises en charge par la Sécurité sociale si elles sont prescrites par un gynécologue ou une sage-femme.

Une fois ces séances et exercices consciencieusement effectuées, on peut reprendre une activité physique et sportive

Notons qu’un périnée bien remusclé permet d’améliorer les sensations des deux partenaires lors d’un rapport hétérosexuel avec pénétration, et limite le risque d’incontinence urinaire mais aussi de prolapsus, ou descente d’organes.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here