Quel est le suivi médical pour les grossesses à risque ?

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Certaines grossesses nécessitent un suivi particulier. Voici les recommandations des spécialistes, cas par cas.

J’ai de l’asthme

Dans environ dans 30 % des cas, la grossesse aggrave l’asthme surtout s’il est sévère… et un asthme mal contrôlé peut avoir des conséquences fœtales en fonction de la sévérité des crises et du manque d’oxygène.

Enceinte et asthmatique, que faire ?

L’idéal, c’est d’anticiper et de faire un point sur le traitement, la fonction respiratoire, le tabagisme… avec le pneumologue, avant de débuter une grossesse. Ensuite, le suivi est individualisé et multidisciplinaire entre l’obstétricien, le pneumologue et le généraliste. Si l’asthme est sévère et les crises fréquentes, mieux vaut accoucher dans une maternité de type 2 ou 3 comportant un service de pneumologie.

J’ai déjà fait une prééclampsie lors d’une précédente grossesse

La pré-éclampsie associe hypertension et concentration élevée de protéines dans les urines (protéinurie). C’est une cause majeure de naissances prématurées et de retards de croissance. Dans les formes sévères et précoces, on peut avoir des complications maternelles graves. Quand on en a souffert durant une grossesse précédente, on est d’emblée dans la catégorie grossesse à risques à cause du risque de récidive (entre 10 et 30 %).

Ce trouble, qui survient plutôt au second trimestre de la grossesse, disparaît quelques semaines après l’accouchement.

Grossesse et prééclampsie, quel suivi ?

On est suivie par l’obstétricien de la maternité et on a un traitement préventif (aspirine) dès le 3e mois de grossesse. À la moindre alerte (HTA, gonflement des mains ou du visage, protéines dans les urines, troubles visuels, maux de tête), direction l’hôpital pour faire un bilan et évaluer l’éventuel retentissement sur le fœtus. On est prise en charge dans une maternité adaptée aux grossesses à risques par toute une équipe : obstétricien, cardiologue, néphrologue…

Les grossesses à risques sont en augmentation et représentent environ 20% du total des grossesses

Enquête Périnatale 2016

Ma thyroïde s’emballe

Quand on synthétise trop d’hormones thyroïdiennes, on a une augmentation du risque de fausse couche spontanée, de prééclampsie, de problèmes cardiaques maternels, mais également un risque plus élevé d’accouchement prématuré et de bébé de faible poids à la naissance, voire, dans les cas extrêmes, de mort fœtale in utero.

Grossesse et problème de thyroïde, que faire ?

On doit être prise en charge conjointement par l’obstétricien et par l’endocrinologue. Le but est d’arriver à ramener la surproduction hormonale dans la norme. À la clé, des antithyroïdiens de synthèse pour réguler la thyroïde, du repos et des bilans réguliers tous 15 jours/1 mois.

Je suis obèse

Avec l’obésité, les risques potentiels sont multipliés par 2 ou 3. Ça concerne certaines maladies comme le diabète gestationnel, l’hypertension, la prééclampsie, mais également les complications pendant et après l’accouchement : césarienne, risque thromboembolique (phlébite, embolie pulmonaire). Ça joue aussi sur le bébé avec un risque augmenté de malformations congénitales, de surpoids et de diabète plus tard.

Je suis obèse et enceinte, ai-je un suivi particulier ?

Quand on souffre d’obésité – 12 % des grossesses –, on doit être bien entourée pour le suivi obstétrical et d’autant plus que le niveau d’obésité augmente. On multiplie les consultations pour s’assurer que tout va bien, les bilans sanguins pour détecter un diabète. On surveille sa prise de poids (dans l’idéal, entre 5 et 9 kg) et on pratique une activité physique douce et adaptée à sa corpulence. Généralement, l’accouchement a lieu dans un établissement comportant un plateau technique capable de prendre en charge une éventuelle complication maternelle (niveau 2 ou 3).

Côté bébé

On fait des échographies plus souvent pour rechercher d’éventuelles malformations fœtales et surveiller la croissance du bébé.

J’ai un diabète gestationnel

On ne le dépiste que chez celles qui ont des facteurs de risques, tels qu’antécédent de diabète gestationnel, âge supérieur à 35 ans, surpoids, au 6e mois grâce à un test spécifique (hyperglycémie provoquée orale). Non pris en charge, le diabète de grossesse peut avoir des répercussions : un bébé trop gros… qui risque de manquer de sucre à la naissance.

Côté bébé

Seul impératif, pouvoir assurer un suivi de près du bébé à la naissance pour dépister et traiter une éventuelle hypoglycémie.

Diabète gestationnel : quel suivi ?

En général, les mesures diététiques suffisent à obtenir des glycémies normales et la grossesse se déroule sans problème. Quand le diabète est bien équilibré et qu’il n’y a pas de complication maternelle ou fœtale, on peut accoucher dans la maternité de son choix. Quand ce n’est pas le cas, le diabétologue prescrit un traitement par insuline.

Ce diabète, qui survient chez 15 % des futures mamans, n’apparaît que durant la grossesse et disparaît ensuite.

Je suis diabétique

Quand le diabète est sous contrôle, la grossesse ne pose pas de problème particulier. En revanche, si la glycémie n’est pas stabilisée et que le taux de sucre dans le sang est trop élevé (hyperglycémie), on est exposée à un risque supérieur de complications : fausse couche spontanée, malformations fœtales, trop gros bébé… On conseille donc aux mamans diabétiques de planifier leur grossesse et de ne mettre en route un bébé qu’une fois l’équilibre glycémique atteint.

Diabètique : quel suivi pendant la grossesse ?

Toute une équipe se met en place pour neuf mois : obstétricien endocrinologue, nutritionniste, infirmière ou diététicienne. Avec des bilans plus fréquents : prises de sang, fonds d’œil, échos, monitoring à l’approche du terme… On est vigilante côté diététique et on contrôle régulièrement notre glycémie. Quand tout se déroule normalement, on peut accoucher dans n’importe quel type de maternité.

Le témoignage de Priscilla : « Je fais du diabète gestationnel. »

« Pour ma 4e grossesse comme pour les précédentes, j’ai fait du diabète gestationnel. On l’a dépisté au 2e trimestre. Pendant une semaine, on a essayé de voir si le taux de sucre dans le sang revenait à la normale avec un régime. Ça n’a pas suffi car la glycémie à jeun le matin était trop élevée. Le diabétologue m’a alors prescrit de l’insuline lente pour la réguler. On vérifie plusieurs mois après l’accouchement que tout est rentré dans l’ordre. En dehors des grossesses, je n’ai pas de diabète. »

Priscilla, maman de Jade (13 ans), Tania et Wendy (11 ans), Thaïs (4 ans) et Jahyana (1 mois et demi).

J’attends des jumeaux

Par rapport à une grossesse unique, attendre des jumeaux augmente un peu les risques de prématurité et de petit poids de naissance. Le risque grimpe si l’on a affaire à une grossesse monochoriale mono-amniotique où les deux fœtus sont issus de la division tardive d’un ovule, après le 8e jour. Les bébés ont alors une cavité amniotique et un placenta en commun. Ce type de gémellité est rare (1 %), mais à risque de complications graves (syndrome transfuseur-transfusé).

Grossesse gémellaire, un suivi particulier ?

Pendant la grossesse, la surveillance obstétricale est accrue avec des visites et une surveillance échographique renforcées. À l’accouchement, une équipe entraînée et au complet (obstétricien, sage-femme, anesthésiste et pédiatre) est indispensable, quel que soit le niveau de la maternité. Pour une grossesse gémellaire monochoriale mono-amniotique, on préconise un suivi obstétrical dans une maternité de type III, un avis du centre de référence et des échographies rapprochées (tous les 15 jours).

Près d’une naissance sur vingt concerne une maman de plus de 40 ans. Pas de panique, la majorité des grossesses de quadras se déroulent bien !

Enceinte à plus de 40 ans

On a un risque plus élevé d’anomalies chromosomiques (trente fois plus qu’à 30 ans), de fausse couche (augmenté de 10 %), de voir sa tension artérielle grimper ou de faire un diabète gestationnel. Enfin, il y a plus de césariennes ou de naissances prématurées.

Quel suivi pour une grossesse tardive ?

Idéalement, on consulte avant de concevoir pour faire le point sur ses antécédents, pratiquer un bilan sanguin, rechercher une maladie pouvant compliquer la grossesse… On nous prescrit une supplémentation d’acide folique, et on nous donne des conseils concernant la consommation de tabac, d’alcool, la pratique sportive, l’alimentation… pour partir sur de bonnes bases. Et tant que tout se déroule sans accroc, on se fait suivre au choix par une sage-femme ou un médecin.

Je souffre d’hypothyroïdie

Si la thyroïde ne secrète pas assez d’hormones et que le dérèglement n’est pas pris en charge avant la grossesse, on a un risque augmenté de fausse couche, d’accouchement prématuré, d’hypertension… Plus embêtant, ça peut influer sur le développement cérébral du bébé.

J’ai une hypothyroïdie, quel suivi pour moi ?

On propose aux mamans à risque un dépistage, et on suit de près celles qui sont déjà sous traitement. Avec, à la clé un bilan mensuel pour évaluer le taux de TSH (l’hormone qui régule la thyroïde) et une réévaluation et un ajustement du traitement si besoin. Généralement, les doses sont augmentées de 30 à 50 % dès le début de la grossesse. Quand les taux d’hormones sont adéquats, l’accouchement et les suites se déroulent sans souci. Après la naissance, on revient aux dosages d’avant la grossesse.

3 types de maternité selon le cas…

Toutes les maternités disposent d’une unité d’obstétrique. La différence concerne le niveau de prise en charge des bébés.

  • Dans une maternité de type 1, on prend en charge des bébés qui vont bien et non prémas.
  • Une maternité de type 2 dispose en plus d’un service de néonatologie.
  • Une maternité de type 3 possède en plus une unité de réanimation néonatale.



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