Un jeu de carte ludique pour sensibiliser aux violences éducatives ordinaires

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Bien que la loi du 10 juillet 2019 impose que « l’autorité parentale s’exerce sans violence physique ou psychologique », les fessées, petites tapes, cris ou remontrances de parents en colère n’ont pas disparu du quotidien de certains enfants. C’est pour sensibiliser à ces violences du quotidien dites « ordinaires » que la Fondation pour l’enfance a créé un jeu de 10 situations du quotidien parents-enfants, ainsi que des alternatives, pour éviter ces comportements encore trop banalisés.

C’est quoi les violences éducatives ordinaires, ou VEO ?

L’Observatoire de la violence éducative ordinaire définit ces violences à travers la combinaison de trois facteurs. A travers la violence, c’est-à-dire l’utilisation de la force (physique et/ou mentale) dans le but de neutraliser l’autre ; à travers l’éducation, en faisant passer cette violence pour quelque chose d’éducatif, de formateur et à travers l’aspect ordinaire, c’est-à-dire en rendant l’action commune, acceptée et utilisée par tout le monde menant à ce que personne ne la voit comme telle ou ne la remette en question. Très concrètement « les coups, les menaces, les punitions, les chantages, les jugements, les dévalorisations », ou encore les cris et le chantage affectif font partie des violences éducatives ordinaires, selon l’Observatoire. Ces violences sont proscrites depuis la loi du 10 juillet 2019 surnommée « la loi anti-fessée », même si celle-ci ne prévoit aucune sanction financière ou pénale à l’encontre des parents.

Des mises en situation du quotidien parent-enfant

En conséquence, ce jeu propose d’expliquer aux parents comment remédier à ces comportements à travers des illustrations pédagogiques et des alternatives concrètes. Par exemple, la partie haute de la première carte du jeu nous montre ce qui « nous est arrivé à tous » : une mère debout et pressée, reprochant à son garçon « ce que tu peux être pénible alors ! Dépêche-toi, on va être en retard », en lui tendant son manteau. Si l’on tourne la carte dans l’autre sens, on peut lire « et si aujourd’hui on essayait ça ». Le dessin représente alors une mère assise à côté de son fils, réfléchissant à tout ce que son garçon a déjà fait ce matin, c’est-à-dire s’habiller, préparer son cartable, prendre son petit déjeuner, et ce qu’il reste à faire : se laver les dents, et mettre son manteau et ses chaussures. La carte suivant du jeu a pour but d’expliquer les bienfaits d’une éducation moins violente et plus à l’écoute, et explique que « Les enfants n’ont aucune notion du temps ni des horaires. Ils sont dans le moment immédiat. Demander à son enfant de se dépêcher tout le temps génère du stress chez lui, de l’agitation, de l’anxiété, qui peuvent s’inscrire dans son développement. Pour l’aider, on peut essayer de ralentir la cadence au quotidien, bien planifier et anticiper les activités et rester pas loin de lui jusqu’à ses 7-8 ans à toutes les étapes de préparation (s’habiller, se laver les dents, préparer ses affaires…) même s’il sait le faire tout seul. Il a besoin de ce temps d’échange, de partage et de guide temporel. »

Quelles conséquences pour les enfants ?

Une étude menée par l’Association française de Pédiatrie ambulatoire montre que 33% des parents ne savent pas que ces violences éducatives ordinaires sont interdites en France, et 36% d’entre eux ne sont pas capables de les définir. Catherine Salinier, pédiatre et membre de l’AFPA contactée par Le Figaro, témoigne que « les parents se sentent très seuls. 80% disent qu’ils ne peuvent éviter de crier sur leurs enfants », alors que « les neurosciences ont prouvé que les violences éducatives fréquentes et répétées ont des effets délétères sur le développement de l’enfant ». Une éducation violente et autoritaire peut avoir des conséquences négatives à long terme sur les enfants, contrairement à une éducation bienveillante et positive, même si le directeur de la Fondation rassure qu’ « une éducation sans violence n’est pas une éducation sans règles. ».

La Fondation pour l’Enfance a également mis en place une campagne de sensibilisation visant à aider les parents à changer de comportement sans les culpabiliser.  Des affiches composées de slogans souhaitent sensibiliser à une éducation sans violences physiques ou psychologiques, et interpellent « Si je menace…. c’est de mes bisous ! » ou encore « Si je hurle, c’est… de joie ! » L’étude de l’AFPA dévoile également que 43% des parents sont demandeurs « d’ateliers de soutien à la parentalité avec des professionnels de santé et de petite enfance. » Des violences évitables, dont beaucoup de parents souhaitent s’éloigner.



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