Les candidats à l’élection présidentielle sont-ils indifférents à la santé publique ?

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Un employé d’une société d’affichage colle l’affiche de campagne officielle du candidat à l’élection présidentielle   Yannick Jadot (EELV), à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), le 28 mars 2022.

A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, et après plus de deux ans de pandémie, le peu d’attrait qu’ont les candidats à la présidence de la République pour les enjeux concrets de santé publique est un signe inquiétant. Sollicités le 9 mars sur sept thèmes majeurs (alcool, cannabis, nutrition, sécurité routière, système de santé, tabac et vaccination) par le Club de santé publique, la plupart des douze prétendants à l’Elysée n’ont pas daigné participer. En date du 4 avril, et malgré une relance auprès de la plupart de leurs équipes de campagne, seul Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) avait fait parvenir ses réponses aux 23 questions, alors que la date limite était initialement fixée au 21 mars.

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Certes, les candidats sont assaillis de demandes sur tous les sujets, mais la démarche du Club de la santé publique, qui propose cet exercice à chaque présidentielle depuis 1988, est une quasi-institution. Lors des six précédentes élections, ce groupe de réflexion, aujourd’hui constitué de 11 spécialistes de santé publique largement reconnus, avait d’ailleurs obtenu des réponses de la quasi-totalité des candidats. Un succès qui s’explique par l’importance de leurs sujets, et leur poids dans les politiques de santé publique. Ainsi, les professeurs Gérard Dubois, Claude Got, et Albert Hirsch, trois des cinq membres historiques de ce Club, ont joué un rôle majeur dans l’initiation de la loi Evin de 1991 qui la publicité pour l’alcool et le tabac. Claude Got a aussi impulsé la politique de sécurité routière. Le nutritionniste Serge Hercberg est, lui, à l’origine du Nutriscore, le système d’information nutritionnelle sur la face avant des aliments.

Pour faciliter la tâche des candidats, les questions posées appellent une réponse par oui ou non, ou encore « ne se prononce pas ». « Une argumentation est bienvenue », précise le collectif.

« Sensibilité de sujets »

Nicolas Dupont-Aignan n’a pas commenté son « non » à la question « Instaurerez-vous un prix minimum par unité d’alcool ? ». Il est aussi défavorable à l’organisation d’un débat citoyen sur la légalisation du cannabis : « Je suis opposé par principe à la légalisation du cannabis, qui est une drogue dangereuse pour la santé mentale de nos concitoyens, en particulier de notre jeunesse. »

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Pour François Bourdillon, ancien directeur général de Santé publique France, et ses collègues du Club, plusieurs raisons peuvent expliquer le faible taux de participation : « La guerre en Ukraine, mais aussi un essoufflement de notre démocratie, la sensibilité des sujets de santé et des mesures à prendre qui peuvent apparaître de premier abord impopulaires – limite de vitesse, augmentation du prix du tabac (…). Enfin peut-être, et plus grave, le refus de s’engager face à certains lobbys », écrivent-ils dans un communiqué.

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