Les (més)aventures de neuf astronomes

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Livre. Le cosmologiste Jean-Pierre Luminet, spécialiste des trous noirs, y plongerait volontiers la plume s’ils contenaient de l’encre. Poète à ses heures, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, il a aussi écrit plusieurs romans mettant en scène de célèbres savants, couchant sur le papier les aventures de Copernic, Kepler, Galilée, Newton et de quelques autres. Ainsi qu’il le reconnaît dans l’avant-propos de son dernier livre, Histoires extraordinaires et insolites d’astronomes, Jean-Pierre Luminet aurait bien continué sur sa lancée, avec des personnages moins renommés. Mais, dit-il du haut de ses 70 printemps, « le temps qui file décidément à toute allure ne me permettrait pas de mener à bien pareils travaux d’Hercule littéraire ».

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Voici donc, en lieu et place de romans, neuf nouvelles ou plutôt neuf portraits d’astronomes du temps jadis, entre Renaissance et fin du XIXe siècle. Cela commence avec Regiomontanus, né Johannes Müller von Königsberg, mais qui latinisa son nom comme c’était l’usage, puisque le latin était la langue « universelle » de l’époque. Jean-Pierre Luminet n’hésite pas à le qualifier de « plus important astronome du XVe siècle », tout en rappelant qu’il était aussi astrologue, tout comme on peut être à la fois boulanger et pâtissier… Ce qui ne l’empêche pas, selon l’auteur, de ne pas supporter « l’à-peu-près, le flou, l’amateurisme, le verbiage, les supputations indémontrables », une intransigeance qui lui apportera nombre de querelles et peut-être la mort. Jean-Pierre Luminet rouvre en effet le dossier du décès prématuré de Regiomontanus, attribué à la peste mais peut-être dû à un empoisonnement…

Argent, orgueil, renommée

Les Français ont la part belle dans cet ouvrage, dont deux des chapitres sont consacrés aux expéditions lointaines que la France des Lumières lança pour déterminer si la Terre était aplatie aux pôles, comme l’affirmait Newton, ou si, au contraire, elle y était bombée ainsi que le soutenait Descartes. Afin de savoir si la planète ressemblait à une mandarine (la réponse est oui) ou à un citron, une équipe fut envoyée en Scandinavie tandis que l’autre partit pour l’Amérique du Sud. Jean-Pierre Luminet se délecte des péripéties que rencontrent ses héros en Laponie et au Pérou, tout en faisant la chronique souvent peu glorieuse de leurs magouilles, car il est aussi beaucoup question d’argent, d’orgueil, de renommée… et de femmes.

Par manque de place on ne passera pas en revue chacun des neuf récits. Sachez simplement que même Victor Hugo y fait un passage, qu’il y est aussi question d’un livre relié en peau humaine, d’un astronome qui fit les frais de la machine à raccourcir les humains inventée par son ami Guillotin. Ou encore de l’hypothétique planète Vulcain. Le Français Urbain Le Verrier, qui avait acquis une célébrité mondiale en découvrant Neptune par le calcul, avait en effet cru réitérer l’exploit en annonçant l’existence de cette planète située entre Mercure et le Soleil… qui n’existait pas.

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