« Le sport est devenu le nouveau terrain de conquête des leaders de la télévision en ligne, mais ils cherchent encore le modèle économique »

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Devant le bus de l’équipe de cricket indienne des Chennai Super Kings, à Mumbai, le 24 mars 2022.

Les origines du cricket se perdent dans la nuit des temps, quelque part entre la France et les Flandres du XVIe siècle. Très vite, les Anglais ont été séduits par ce sport complexe, où l’esprit compte autant que les règles. Mais quand, en 1789, l’équipe anglaise s’apprêtait à venir disputer son premier match international en terre de France, la Révolution les a dissuadés de franchir la Manche. Depuis, le cricket est resté une spécialité quasi exclusive du Commonwealth, avec un succès spectaculaire en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande et, surtout, en Inde. Dans ce pays globalement peu versé dans le sport, le cricket est plus que cela, un spectacle à part entière qui captive plus de 600 millions de téléspectateurs, dix fois la population française.

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On comprend donc que la mise aux enchères des droits de diffusion de la Premier League indienne batte des records. Ils ont été attribués, mardi 14 juin, pour la somme faramineuse de 6,2 milliards de dollars (6 milliards d’euros) sur cinq ans, soit deux fois plus que lors de la précédente vente. Cela en fait, par match, le sport le plus cher du monde, derrière le football américain, mais loin devant la Premier League de football britannique. Et si les montants sont montés au ciel, c’est en grande partie grâce à l’irruption des spécialistes de la vidéo sur Internet. La plate-forme Viacom 18, soutenue par le clan Murdoch et par le plus célèbre milliardaire indien, Mukesh Ambani, a mis 3 milliards de dollars.

L’objectif de croissance s’éloigne

Face au montant, Disney, qui garde la diffusion sur télévision classique, n’a pas surenchéri, mais reste avec un gros dilemme. Dans son offensive sur Internet, l’américain a fait de l’Inde sa priorité. Ses 60 millions d’abonnés dans le pays à son service Hotstar représentent le tiers du total des clients mondiaux de Disney+ . Seul bémol, l’abonnement mensuel y est de 79 cents contre 8 dollars aux Etats-Unis, donc pas rentable. Mais la perte du cricket pourrait lui faire perdre, d’un coup, 20 millions d’abonnés, l’éloignant de son objectif de croissance mondiale de 240 millions d’adeptes en 2024. Une équation aussi complexe que les quarante-deux lois et quatre annexes des « Laws of cricket ».

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Car le sport est devenu le nouveau terrain de conquête des leaders de la télévision en ligne, comme Netflix, Amazon, Apple ou Disney, qui sont tout simplement en train de remplacer la télévision classique, mais cherchent encore un modèle économique solide. Apple n’a pas hésité, mercredi 15 juin, à débourser 2,5 milliards de dollars pour les droits de diffusion du « soccer » américain, ce football à l’européenne pourtant confidentiel aux Etats-Unis. Amazon a, de son côté, remporté les droits de la Ligue 1 française au nez et à la barbe de Canal+.

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