dans les stations TotalEnergies, le blues des pompistes

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Une station service TotalEnergies près de Chartres, le 1er avril 2022.

Ils sont sans doute les représentants du groupe TotalEnergies (ex-Total) les plus au contact des automobilistes français. Et parmi les plus mal rémunérés, insistent-ils aussi, malgré les bénéfices vertigineux de la multinationale (16 milliards de dollars, soit 15,2 milliards d’euros, en 2021). Khaoine, Issa et Christian – seul ce dernier a souhaité modifier son prénom – travaillent dans trois des quelque 180 stations-service d’Argedis. Une filiale à 100 % du groupe pétrogazier. « Partout dans la station, il y a marqué “Total”, même sur notre tenue », rappelle Christian. « L’endroit où “Argedis” apparaît, c’est sur notre fiche de paie », complète Issa, tiré d’un bref sommeil après son travail de nuit (22 heures-6 heures).

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Khaoine pose son bulletin de paie sur la table d’un café parisien. Salaire net au mois de mai pour un temps plein : 1 314,61 euros en tant qu’« hôte de vente très qualifié ». A peine davantage que le smic (1 302,64 euros) pour ce quinquagénaire, élu du personnel, après presque vingt ans d’ancienneté dans l’entreprise.

Tous les trois sont syndicalistes CGT, et tous les trois ont prévu de s’associer à la grève nationale du vendredi 24 juin. Leur confédération a appelé à la mobilisation les 35 000 salariés du groupe TotalEnergies en France, dont environ la moitié travaille dans des filiales. Une journée pour revendiquer une augmentation des salaires et contrer les effets de l’inflation. « Les prix de la nourriture augmentent, mais aussi ceux du carburant que nous distribuons. Sauf que les salaires ne suivent pas », constate Christian, la quarantaine.

Caisse, vente, rangement, nettoyage des douches…

Cette perte de pouvoir d’achat affecte en premier lieu les effectifs des filiales. En particulier Argedis, pour le réseau de stations-service autoroutières ou urbaines, Hutchinson, pour la transformation de caoutchouc, Saft, pour la fabrication de batteries. Des salariés hors du socle social commun de TotalEnergies, hors des métiers de l’exploration et de la production, du raffinage, de la pétrochimie ou encore du marketing.

Sur plus de 3 000 travailleurs d’Argedis, la majorité d’entre eux perçoivent « moins de 1 500 euros » net pour un temps plein, selon la CGT de la société. Les moins bien lotis peuvent également être « éligibles » à une prime d’activité, prestation sociale de la Caisse d’allocations familiales, poursuit son communiqué. Des mères célibataires, par exemple.

Sur plus de 3 000 travailleurs d’Argedis, la majorité d’entre eux perçoivent « moins de 1 500 euros » net pour un temps plein, selon la CGT de la société

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