Bonhams poursuit son expansion en France

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Lors d’une ventre aux enchères de la maison britannique Bonhams, en avril 2015, à New York.

Rien ne semble arrêter l’expansion de Bonhams. L’opérateur de vente aux enchères britannique, qui appartient depuis 2018 au fonds Epiris, vient d’annoncer l’achat de la maison de ventes française Cornette de Saint Cyr, lancée en 1973 par Pierre Cornette de Saint Cyr. Rebaptisée « Bonhams Cornette de Saint Cyr », elle reste dirigée par Arnaud Cornette de Saint Cyr, le fils du fondateur. « On voulait une maison réputée, une marque connue en France et en Belgique, qui, dans le même temps, s’inscrit dans la dynamique des ventes en ligne », explicite Bruno Vinciguerra, président exécutif de Bonhams.

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Au printemps, déjà, ce dernier avait racheté son homologue suédois Bukowskis, puis Skinner, à Boston, et, enfin, Bruun Rasmussen, au Danemark. En avril 2021, Bonhams s’était également emparée de The Market, une place de marché en ligne spécialisée dans les automobiles de collection. Toutes ces prises de guerre ont en commun un ancrage local très fort et un positionnement sur le segment des objets « intermédiaires », d’une valeur de 1 000 à 1 million d’euros. Celui-là même dont Bonhams s’est fait une spécialité.

Déploiement tous azimuts

Avec un chiffre d’affaires d’environ 800 millions de dollars (756 millions d’euros) en 2021, elle ne concourt pas dans la catégorie des poids lourds Sotheby’s et Christie’s, qui se disputent les trophées millionnaires et les ventes de prestige. Son segment d’intervention représente toutefois 45 % des transactions mondiales et dégage des marges plus juteuses que les collections pharaoniques qui font le buzz. Au lieu de se focaliser sur les seules catégories porteuses, comme le design et l’art contemporain, Bonhams se déploie tous azimuts, y compris dans les « memorabilia » : en 2021, elle a ainsi cédé pour 6 millions de dollars le colt de Billy the Kid.

Cette diversité lui a permis d’étoffer ses troupes à Londres, New York, Los Angeles, Hongkong et Sidney, et, surtout, de s’implanter à Paris. En 2021, Bonhams a pris ses quartiers rue de la Paix, où elle a organisé, pour la première fois, 19 ventes pour un total de 22 millions d’euros. C’est très modeste au regard du trio de tête des salles de ventes parisiennes, ou des maisons indépendantes comme Aguttes ou Millon. Mais, en un an, elle a triplé ses équipes parisiennes. Avec l’idée de faire de la capitale le centre européen du groupe. « L’Europe va être le plus gros axe de croissance de la compagnie en 2022, avec un énorme élan en France », anticipe Bruno Vinciguerra.

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Les ambitions hexagonales de Bonhams ne semblent, pour l’heure, pas inquiéter outre mesure les opérateurs locaux. Maximilien Aguttes y voit un « indicateur très positif de la place de Paris ». « Des vendeurs français qui pourraient leur confier des objets sont déjà bien servis avec les maisons de vente existantes de qualité, balaie, de son côté, Alexandre Millon. Il va leur falloir du temps pour acquérir une légitimité et nous concurrencer. »



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