La richesse de la mode africaine célébrée dans une grande exposition à Londres

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L’exposition « Africa Fashion » commence le samedi 2 juillet au Victoria and Albert Museum de Londres.

Le Victoria and Albert Museum (V&A), à Londres, célèbre la mode africaine, à partir du samedi 2 juillet, dans sa première grande exposition consacrée à l’infinie créativité des stylistes du continent. « Nous voulions célébrer l’incroyable scène de la mode africaine aujourd’hui », a expliqué à l’AFP Elisabeth Murray, qui a participé à la conception de l’exposition : « Evidemment, c’est impossible de résumer un continent de la mode, donc le but de l’exposition est vraiment de donner un aperçu du glamour et de la politique de la scène de la mode. »

Créé en 1852, à une époque où le Royaume-Uni étendait son empire, le V&A Museum est dédié à l’art et au design. Mais, fait remarquer la conservatrice Christine Checinska, « la créativité africaine a été grandement exclue ou mal représentée en raison de la division historique entre les musées d’art et d’ethnographie qui résulte de nos racines coloniales et de principes racistes ancrés ». Ces dernières années, les mouvements antiracistes, dont Black Lives Matter, ont poussé le Royaume-Uni à réfléchir sur le rapport à son passé colonial, des collections de ses musées aux statues et monuments.

Lire le portrait d’Imane Ayissi, créateur panafricain : « Trop d’Européens pensent que la mode africaine se résume au wax » : Imane Ayissi, créateur panafricain

« Africa Fashion » est la plus vaste exposition jamais consacrée à la mode africaine au Royaume-Uni. Elle s’ouvre avec l’ère de l’indépendance, années de libération et de grande transformation politique, sociale et culturelle, quand s’habiller peut être un acte politique. A l’exemple du premier ministre ghanéen Kwame Nkrumah, qui, en 1957, s’affiche en pagne en kenté, tissu traditionnel coloré et épais. Juste après avoir annoncé l’indépendance du pays, il délaisse ainsi le costume européen dans un geste symbolique. Aujourd’hui encore, le choix de porter telle couleur ou tel motif revêt des significations précises.

Esthétique minimaliste

Aso oke, ankara, bogolan… Un large éventail de tissus est produit sur le continent africain avec des matériaux et des techniques très diverses. Comme l’a dit un jour le sculpteur El Anatsui en écho à l’artiste Sonya Clark : « Le tissu est à l’Africain ce que les monuments sont aux Occidentaux. » Des étoffes sont réinventées et mises au goût du jour, à l’image de l’adire, un tissu teint à l’indigo, traditionnellement produit dans le sud-ouest du Nigeria et aujourd’hui popularisé par des marques telles que Maki Oh, Lagos Space Programme et Orange Culture.

Sur deux niveaux se côtoient les créations de stylistes emblématiques du milieu du XXe siècle, dont le Nigérien Alphadi, le Malien Chris Seydou ou la Nigériane Shade Thomas-Fahm, aux côtés de créateurs contemporains comme la Nigériane Bubu Ogisi, dont la marque Iamisigo met à l’honneur les tissus et techniques issues du continent. L’esthétique minimaliste des marques Katush, basée au Kenya, ou Moshions, au Rwanda, contredit les présupposés d’une mode africaine qui déborderait de couleurs et de motifs.

Lire aussi : « L’Afrique est l’un des derniers terrains à explorer pour l’industrie textile, y compris haut de gamme »

Dans ce catalogue très éclectique, « il y a un lien qui relie tout cela, c’est la passion de la culture », dit à l’AFP le styliste Artsi Ifrach. « L’idée est de provoquer les souvenirs des gens, de leur faire ressentir quelque chose », ajoute le créateur. Pari réussi avec la pièce qu’il a spécialement réalisée pour l’exposition, conçue à partir d’un trenchcoat typique de la garde-robe britannique et transformé en une burqa dorée et surdimensionnée.

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Le Monde avec AFP



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