Etre mobile, même sans voiture, « une compétence qui s’apprend »

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Ce fut comme une épiphanie. Des mois que Farid Benyaya, 45 ans, ne cessait de « mouliner » sur l’augmentation des prix de l’essence. « Ça n’était plus tenable financièrement, il fallait que je fasse quelque chose », explique ce conseiller en insertion à la mission locale de Hœnheim, au nord de Strasbourg. Lui vit « à l’opposé », à Lingolsheim, à seulement 20 kilomètres, mais toute l’agglomération à traverser. « Environ quarante-cinq minutes matin et soir, avec les bouchons. Ou alors cinquante minutes en tram, souvent debout, avec la chaleur, le bruit… »

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Et puis, la solution est apparue, là, à portée de main, lors d’un atelier sur les mobilités mené par une association, Mobilex. Cet atelier, encadré par Farid Benyaya, est destiné aux jeunes à la recherche d’un emploi. C’est lui qui, le premier, y voit une application directe au quotidien. Il comprend en effet qu’il peut traverser Strasbourg plus rapidement et sans frais supplémentaires, en combinant le TER (SNCF) et le réseau urbain CTS. Il suffit pour cela de demander une contremarque, gratuite, pour compléter son abonnement. « J’ignorais que ça existait, je pensais que je devais payer le train à chaque fois ! Désormais, j’enchaîne deux trains, et je fais mon trajet en vingt minutes ! s’extasie-t-il. Je gagne en temps et en pouvoir d’achat. Ça me change la vie ! »

Didier Luces aime voir dans l’enthousiasme de Farid Benyaya un excellent exemple de l’action de Mobilex, l’association consacrée à l’accompagnement à la mobilité autour de Strasbourg, qu’il dirige. « Améliorer la mobilité ce n’est pas uniquement avoir une voiture ou des infrastructures de transports. La mobilité, c’est une compétence, ça s’apprend, souligne-t-il. Nous aidons les gens à savoir combiner les meilleurs moyens selon leur trajet, avec la bonne carte, la bonne appli, alors que beaucoup, et notamment les plus précaires, n’ont pas la connaissance de ce qui existe. »

Travail d’accompagnement

A l’image de Mobilex, des centaines d’associations mènent ce travail d’accompagnement à la mobilité sur tout le territoire depuis des années. Elles en ont tiré une expertise et un constat, que la flambée des prix des carburants aggrave encore : une part importante des Français est dans une situation de « précarité » sur la question du « se déplacer ». Plus de 13 millions de personnes, selon le baromètre publié au printemps par une autre association, Wimoov, avec la Fondation pour la nature et l’homme. Et cela, notamment parce qu’ils ont une forte dépendance à la voiture, qu’ils habitent loin de leur lieu de travail et manquent de solutions. Ou les méconnaissent.

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