« Valeo fera passer 100 % de l’inflation à ses clients constructeurs »

0
16


Nommé le 26 janvier à la tête de Valeo, dixième équipementier automobile mondial (et deuxième français après Faurecia), Christophe Périllat a confirmé, dans son plan stratégique révélé fin février, sa volonté d’accélérer le basculement de l’entreprise vers la voiture électrique, autonome et connectée. Il explique au Monde ce que ce nouvel univers automobile, fait d’électrification, de numérisation et d’inflation implique pour son entreprise.

Vous avez dépensé, ces dernières années, beaucoup d’argent et de ressources pour faire basculer Valeo dans le futur automobile. A un point tel que les marchés financiers ont douté de cette stratégie. N’était-ce pas trop rapide et trop risqué ?

En premier lieu, sachez que nous dégageons assez de cash pour autofinancer cette transformation. Il est vrai que nous avons dû réaliser un double travail durant les années 2018-2019 : investir dans les technologies du futur, tout en continuant à assumer les coûts de développement des véhicules thermiques. Mais cet effort est majoritairement derrière nous : sur des composants comme les chargeurs embarqués, nous en sommes à la quatrième génération de produits. Nous sommes donc en avance sur nos concurrents et sur nos objectifs.

Dans la propulsion électrique haute tension, c’est-à-dire dans les activités de la coentreprise Valeo Siemens que nous avons acquise le 4 juillet, nous avons dès le mois de juin dépassé avec six mois d’avance les 4 milliards d’euros de commandes cumulées en 2021-2022, et une voiture électrifiée sur trois dans le monde est équipée par Valeo. Côté aides à la conduite, nous avons conclu récemment des partenariats majeurs avec Stellantis et BMW.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Valeo, Forvia… Les équipementiers automobiles français changent de dimension

Pour Valeo, tout cela constitue un vrai potentiel de croissance, et même d’hypercroissance. Dans la partie propulsion électrique, nous allons vendre du contenu ayant six à huit fois plus de valeur que ce que peut générer le moteur thermique. Dans la partie chauffage-climatisation refroidissement, c’est trois fois plus. Au total, notre plan prévoit que nous allons passer de 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021 à 27,5 milliards en 2025, avec une ambition à 40 milliards en 2030.

Vous êtes confrontés à des pénuries, en particulier celle des semi-conducteurs, ainsi qu’au choc de l’inflation sur le prix des matières et de l’énergie. Cela ne va-t-il pas compliquer vos négociations avec les constructeurs ?

En effet, ce sujet des hausses de prix fait l’objet de discussions serrées avec nos clients, mais nous ferons passer 100 % de l’inflation aux constructeurs. Nous le ferons parce que nous n’avons pas d’autre choix. Si nous mettons 1 kg de matière dans une pièce, nous ne pouvons pas en facturer 700 grammes, ou alors cela ne va pas durer longtemps. Ce fait, nos clients l’acceptent et ils l’accepteront.

Il vous reste 23.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here