Succès populaire pour le rail allemand, au bord de l’asphyxie

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A la gare de Cologne (Allemagne), le 6 juin 2022.

Les perturbations commencent dès l’arrivée en gare. A Stuttgart (ouest de l’Allemagne), Le lundi 1er août, à 6 h 30, les panneaux d’affichage sont bloqués. Personne ne sait sur quel quai se rendre. « Au moins, cela permet de faire des rencontres », plaisante Beate (sous couvert d’anonymat), qui constate que « les gens interagissent plus qu’avant ».

Le client juste devant elle dans la file d’attente du vendeur de café l’a renseignée. Il prend la ligne régionale vers Heidelberg tous les matins. Depuis l’introduction du ticket à 9 euros, en juin, il part un train plus tôt pour être sûr d’avoir une place. « On voyage souvent debout ou assis par terre. Accéder au bistrot de bord relève de l’exploit ! », raconte le quadragénaire, employé de bibliothèque. Vingt et un millions d’exemplaires de cette carte mensuelle, qui donne accès illimité à tout le réseau des transports en commun et des trains régionaux, ont été vendus le premier mois.

Lire aussi : L’Allemagne teste le ticket mensuel à 9 euros pour les transports en commun

La Deutsche Bahn (DB) a beau avoir ajouté des trains, le manque d’investissement des dernières décennies est criant. Sursollicité, le système se trouve au bord de l’asphyxie. Les panneaux d’affichage (« un classique », confirme un contrôleur en sueur sous sa casquette rouge), les Escalator et ascenseurs des gares, les toilettes ainsi que les machines à café des voitures-restaurants sont souvent hors service. Mais pas le temps de faire de la maintenance pendant cet été à flux tendu. La sécurité est la priorité.

Déviations et ralentissements

Après l’accident d’un train en Bavière (sud), début juin, qui a causé la mort de quatre femmes et d’un adolescent – drame sans doute lié à une traverse endommagée (les barres de béton qui permettent de maintenir l’écartement des rails) –, la DB s’est lancée dans la vérification de 200 000 d’entre elles. Cela entraîne déviations et ralentissements. Prévus de longue date, les travaux de rénovation sur vingt-deux tronçons du réseau (dont des axes très fréquentés comme Hambourg-Berlin) créent des perturbations qui se répercutent sur l’ensemble du trafic. En juin, seulement 60 % des trains sont arrivés à l’heure outre-Rhin. Les retards de moins de six minutes ne sont pas pris en compte dans les statistiques.

On poursuit la route vers Berlin. A la gare de Karlsruhe, les affichages fonctionnent et l’on constate que, pour l’heure suivante, seules deux liaisons sont assurées aux horaires prévus. Deux trains à grande vitesse (ICE) sont annulés, sans plus d’explication. Les voyageurs devront s’entasser dans d’autres trains, pour lesquels ils n’auront aucune place réservée. « Je n’ai jamais connu de situation comme celle de cet été », confirme Martin Burkert, vice-président du syndicat du transport ferroviaire. Il témoigne avoir vu des passagers tomber d’un wagon à l’ouverture des portes en gare. Un cadre de la DB, qui ne donne pas son nom, parle quant à lui de « Super GAU », expression qui désigne habituellement les catastrophes nucléaires. Il redoute un accident à cause de l’affluence sur les quais.

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