Débâcle chez les fournisseurs d’électricité alternatifs

0
7


« Imaginez que vous alliez acheter une voiture chez un concessionnaire et que le vendeur vous prenne par le bras et vous dise : “Pourquoi n’allez-vous pas plutôt chez mon concurrent, leurs véhicules sont beaucoup moins chers que les nôtres.” »

C’est le sentiment qui a saisi ce particulier, le 23 août, à la lecture du dernier courrier de Mint. Invoquant la flambée des prix sur les marchés de gros – parfois à 1 000 euros le mégawattheure, contre moins de 50 euros avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie –, le fournisseur alternatif d’énergie mettait en garde contre une hausse de ses tarifs, incitant son client à se rediriger vers l’opérateur historique.

« En passant chez EDF, vous pourriez économiser 513 euros par an », vantait alors Mint, ajoutant même, en détail, la marche à suivre pour résilier son contrat. Une façon déguisée de dire qu’il n’a pas l’assise financière suffisante pour l’assurer. A moins qu’il ne cherche, éventuellement, à vendre son électricité plus cher à d’autres clients.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Europe, les prix s’affolent sur le marché de l’électricité

Des clients poussés vers la sortie, des tarifs qui s’emballent en quelques jours. Ces récits se multiplient ces dernières semaines. Piégés par la hausse des prix de marché, sur lequel ils s’approvisionnent, certains de ces « commerçants » – qui comptent pour 30 % du marché – répercutent leurs difficultés sur leurs clients. « Depuis cet été, et plus encore depuis la rentrée, ce type de pratiques se reproduit de plus belle », relate François Carlier, délégué général de l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV). « Nous avons d’ores et déjà lancé cinq actions en justice, dont deux de groupe, au nom de dizaines de milliers de consommateurs », ajoute-t-il, précisant que ces dernières concernent Cdiscount Energie et Mint sur des pratiques trompeuses.

Soupçons de spéculation

Si un grand nombre de ces fournisseurs ne proposent plus d’offres nouvelles tout en gardant leur clientèle sans hausse de prix, d’autres, comme Ohm, Mint, Mega ou GreenYellow-Cdiscount (Casino), ont fortement augmenté leurs tarifs.

« Il y a un an, un foyer vivant dans un logement avec le tout-électrique, de 90 mètres carrés, avait une facture comprise entre 1 500 et 1 900 euros par an, rappelle Rémy Rousset-Chin, cofondateur de Lite, une société spécialisée dans l’analyse des données de consommation énergétiques pour les particuliers. Aujourd’hui, les prix évoluent entre 1 900 euros et plus de 7 000 euros pour le plus cher. »

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés « L’électricité n’est pas un bien comme un autre, c’est un service public »

De quoi inciter les consommateurs à se ruer vers EDF ou vers des acteurs de plus grande taille. « Seuls trois opérateurs proposent désormais des offres inférieures au tarif réglementé de vente, soulignent les services du médiateur national de l’énergie. Il s’agit de TotalEnergies et EDF pour l’électricité, et de TotalEnergies et Engie pour le gaz. »

Il vous reste 59.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here