La délicate équation du « leasing social » pour rendre accessible la voiture électrique

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Borne de recharge à Montchanin (Saône-et-Loire), le 27 octobre 2022.

Le leasing permet, en la louant sur plusieurs années, de disposer d’une automobile que l’on serait dans l’incapacité d’acquérir par ses propres moyens. Cette formule, sous forme de location longue durée ou de location avec option d’achat, a largement contribué à la diffusion des modèles premium. Le gouvernement envisage de recourir au même mécanisme pour permettre aux ménages modestes de s’installer aux commandes d’un véhicule électrique.

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Fruit d’une promesse de campagne présidentielle du candidat Macron, le concept de « leasing social » part d’une page blanche. Si l’idée fait l’unanimité, sa mise en œuvre répond à une équation complexe. Les seuls précédents sont les offres de location récemment élaborées par Cetelem (autour de 150 euros mensuels) et par le Crédit agricole (100 euros), mais qui n’ont encore touché qu’un public très restreint.

Le projet du gouvernement pourrait concerner, selon une première évaluation, quelque 100 000 bénéficiaires avec une aide de l’Etat d’environ 500 euros par an. Les premiers contrats doivent se concrétiser début 2024, d’abord dans le cadre d’une expérimentation. Pour fonctionner, le « leasing social » nécessite le consensus de trois partenaires : l’Etat, les banques et les constructeurs.

« Durée de dix ans »

Compte tenu du prix relativement élevé d’une citadine électrique (un peu plus de 20 000 euros, au minimum) et des capacités financières limitées des bénéficiaires, la période de location devra être longue afin de réduire le loyer. « Une durée de dix ans doit permettre de ne pas dépasser les 100 euros mensuels et d’éviter le versement d’un apport initial », estime le député de Seine-Maritime Damien Adam (Renaissance), qui suit le dossier à l’Assemblée nationale.

Les contrats de location avec option d’achat classiques, qui s’étalent sur trois ou quatre ans, imposent en effet une première mensualité majorée de 2 000 euros pour les véhicules électriques les plus abordables. Il s’agit aussi de faire en sorte que, au terme du contrat, le locataire puisse, s’il le souhaite, racheter le véhicule à un prix très réduit. Se posent également les questions de la garantie en cas de défaillance du contractant – c’est l’Etat qui devrait l’assurer – et des bénéficiaires.

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« Dans la mesure où il s’agit de soutenir les travailleurs les plus précaires, on peut considérer que le public concerné correspondra, a minima, aux bénéficiaires de la prime d’activité, soit un revenu de 1 800 euros par mois environ », estime Damien Adam, qui souhaite aussi inclure « les gros rouleurs ». Parmi ces derniers, des professions telles que les infirmières libérales pourraient être concernées. Reste à déterminer la liste des véhicules susceptibles d’être retenus. Et celle-ci n’a rien de pléthorique.

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