en Saône-et-Loire, avec les ruraux convertis à la voiture électrique

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Les files de fourgonnettes et de familiales s’entortillent aux pompes de la station TotalEnergies, à la sortie du rond-point Jeanne-Rose de Montchanin (Saône-et-Loire), boudant les quatre bornes de recharge électrique flambant neuves installées à côté. La voiture électrique ? « Hors de prix », « pas assez d’aides », « pas assez d’autonomie », « les batteries polluent aussi, non ? », entend-on, dans un soupir résigné devant le prix du plein, qui retrouve ses sommets d’avant baisse des ristournes. Et puis il y a le renchérissement du prix de l’électricité et la menace de coupures pendant l’hiver.

Par ici, la voiture ne sera jamais une option. Le compte à rebours lancé à la civilisation thermique – l’Union européenne a acté l’interdiction de vente de ces moteurs dès 2035 – semble encore lointain. Faut-il y voir un signe ? Haut lieu des « gilets jaunes » en 2018, le rond-point réunit de nouveau une trentaine de vétérans depuis quelques samedis.

Pour rencontrer ceux des campagnes qui roulent aux électrons – un million de véhicules électriques et hybrides rechargeables en France, soit environ 2 % du parc automobile –, direction les bornes de recharge du Lidl. La demi-heure y serait encore gratuite, malgré l’autocollant qui indique le passage à 0,25 euro le kilowattheure, nous informe-t-on. Toujours ça de pris sur la facture qui grimpe malgré le bouclier tarifaire.

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Un retraité (qui préfère rester anonyme), ancien agent de maîtrise, ronchonne en attendant la fin de la recharge de sa nouvelle Zoe. Sans la prime à la conversion et le bonus écologique, il n’aurait pas changé son vieux diesel. « Ça va que, ma femme et moi, on a deux revenus. Mais 25 000 euros [le prix d’entrée d’une Zoe, moins chère des « made in France », est de 27 700 euros avec bonus], c’est aberrant, inaccessible pour les gens au smic. »

Des bornes de recharge pour véhicules électriques dans une station TotalEnergies, à Montchanin (Saône-et-Loire), le 27 octobre 2022.

Sans le système de leasing – location longue durée ou location avec option d’achat –, Georges et Valérie Alves – lui ouvrier sidérurgiste, elle agente d’entretien – n’auraient pas non plus pu prétendre à l’électrique. Baskets Nike Requin aux pieds, Georges aime les bagnoles et voulait tester, dit-il, même s’il ne pense pas l’acheter.

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Le « leasing social » à 100 euros par mois est une des pistes sur laquelle travaille Emmanuel Macron pour accompagner les ménages modestes dans le virage électrique, tandis que l’augmentation de 1 000 euros du bonus demeure largement insuffisante pour permettre l’« accès à tous » promu.

« Pas assez d’électricité »

« On nous pousse à acheter électrique, comme on nous avait poussés à acheter des diesels, soupire Enio Salce, retraité de l’informatique et maire d’un village. Mais la conjoncture, on la connaît : il n’y aura pas assez d’électricité à distribuer, on n’est même pas sûr de passer l’hiver, donc on va se faire rattraper par les prix. » Lui aussi s’y met parce qu’une opportunité se présente : il rachète une Zoe 7 000 euros, « une affaire » alors que les occasions sont rares. Sans ça, il aurait attendu, désemparé quant au « meilleur choix pour l’avenir, peut-être l’hydrogène, peut-être le bioéthanol, on sait plus, on est à un tournant ». Les batteries questionnent aussi chacun : fabrication, poids, coût, durée, recyclage…

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