Le gouvernement crée un instrument de veille sur les minerais stratégiques

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La France prend peu à peu conscience de la fragilité de son approvisionnement en minerais stratégiques, indispensables à des secteurs comme la défense, l’aéronautique, l’automobile ou l’énergie. Le gouvernement a lancé, mardi 29 novembre, l’Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles (Ofremi), en cherchant à mobiliser d’importantes compétences acquises depuis des décennies, notamment par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

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Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’industrie, a aussi annoncé la nomination d’un délégué interministériel aux métaux critiques, en la personne de Benjamin Gallezot, ingénieur général de l’armement, pour coordonner les travaux des différentes administrations compétentes. L’Etat suit ainsi deux des recommandations du rapport sur les matières premières minérales que Philippe Varin avait remis le 10 janvier.

« L’Ofremi est un instrument extrêmement important : nous avons besoin à la fois d’anticipation et de fonctionnement collectif, avec un partenariat Etat-entreprises », a souligné l’ex-patron de PSA et d’Areva lors du lancement de l’Observatoire. Placé sous l’égide du BRGM, celui-ci associera le Commissariat à l’énergie atomique, l’IFP énergies nouvelles, le Conservatoire national des arts et métiers, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie et l’Institut français des relations internationales.

Vingt-cinq experts

Les « parties prenantes » de l’Observatoire, lancé avec le soutien du comité stratégique de filière Mines et Métallurgie, compte de grands secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et la métallurgie. Ces industriels participeront à l’élaboration du programme de travail de l’Ofremi pour qu’il colle à leurs besoins. Il fournira des études de fonds (offre et demande de minerais, maillons faibles des chaînes d’approvisionnement, évolution des technologies…) afin de renforcer l’« intelligence minérale », selon Michèle Rousseau, présidente du BRGM, comme il existe une « intelligence économique ».

Ses quelque vingt-cinq experts produiront aussi des analyses rapides pour aider les acteurs politiques et économiques à prendre les meilleures décisions en cas de tensions et de crises, comme en 2010 sur les terres rares, en 2018 sur l’aluminium, et actuellement sur certains minerais (titane…) avec la guerre russo-ukrainienne. Dans ce domaine, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et surtout la Chine sont plus avancés que la France.

L’Ofremi vise aussi une dimension européenne : il construit une alliance avec le DERA, son homologue allemand. Car « des pénuries sont fort probables », a souligné M. Varin, qui estime que « dans les trente prochaines années, nous extrairons autant de matériaux que depuis le début de l’humanité ». Des groupes miniers avaient prévenu du risque pesant sur la sécurité des approvisionnements, « mais on prêchait dans le désert », regrette Christel Bories, PDG d’Eramet, qui produit du nickel, du manganèse et du lithium.

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