huissiers, poursuites en justice, gardes à vue, le dialogue social vire à l’aigre

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Genou à terre en hommage à un agent qui s’est suicidé. Pendant la grève des salariés de GRDF, sur le site de Trudaine, à l'appel du syndicat CGT-Energie et UGICT, le 24 novembre 2022, à Paris.

C’est une caméra à vision nocturne. De celle qu’on peut installer dans son jardin pour surveiller la faune. Des élus du personnel de GRDF l’ont découverte en juillet dans un tunnel qui relie le siège social du distributeur de gaz, rue Condorcet à Paris, à la direction réseau Ile-de-France, dans la rue Pétrelle voisine. Et ce, deux jours après que des grévistes ont emprunté ce tunnel pour faire entendre, côté siège, leur demande d’augmentation de salaire.

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La CGT Energie Paris a porté plainte contre X le 27 juillet, selon son avocat, pour atteinte au droit à l’image et au respect de la vie privée. L’exploitation de la carte mémoire de la caméra ne laisserait aucun doute : elle accuse un cadre de GRDF de l’avoir installée là au lendemain de la manifestation, en dehors de tout cadre légal.

Quatre mois plus tard, devant l’établissement GRDF de l’avenue de Trudaine à Paris, l’incident est présenté par Cédric Liechti, secrétaire général de la CGT-Energie Paris, comme l’un des signes de « la criminalisation syndicale à des niveaux jamais atteints » dans les entreprises de l’énergie. « La direction a décidé de piéger les grévistes. Ce genre de barbouzeries, c’est du jamais-vu ! », s’indigne-t-il. Les agents en grève autour de lui sont en tenue d’intervention, casque et veste de pompier, pour rappeler la dangerosité de leur métier. Lui porte un sweat noir, floqué en rouge d’une inscription qui en dit long sur l’état des relations entre la direction du groupe et la CGT-Energie : « Collectif Trud-Haine ».

Tags insultants

Interrogée sur l’incident « caméra » de l’été, GRDF répond qu’il est de sa responsabilité « de sécuriser » l’accès à ses sites. L’entreprise fustige par ailleurs qu’une « minorité » en grève ait mis à mal la chaîne de sécurité gaz et retardé des interventions, privant de gaz 1 500 foyers fin novembre.

Car le conflit persiste alors que la direction a conclu un accord sur les salaires, le 18 novembre, avec la CFDT, la CFE-Energie et FO, majoritaires à eux trois (52 %). La CGT (48 % des voix) demande qu’il soit renégocié, revendiquant 4,6 % d’augmentation pour tous, plutôt que 2,3 % pour tous et 2,2 % individuelles. Appelant au respect de la « démocratie », les syndicats signataires ont dénoncé « des pressions morales et physiques », notamment des tags insultants, sur les sites de travail.

Une ambiance emblématique de celle qui a entouré les demandes de revalorisations salariales dans les entreprises des industries électriques et gazières (IEG) depuis le printemps. En mars et avril, les CRS sont intervenus à plusieurs reprises sur des piquets de grève des agents de maintenance de RTE (gestionnaire du réseau de transport d’électricité) à Orléans, Nantes et Saumur (Maine-et-Loire).

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