« Les paiements transfrontières sont les grands oubliés de la mondialisation »

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Envoyer de l’argent dans un pays étranger, acheter des biens sur des plates-formes d’e-commerce d’un pays voisin, payer une facture à un fournisseur n’utilisant pas l’euro : les paiements transfrontières se multiplient à mesure que s’approfondit la mondialisation, et sont amenés à augmenter encore davantage, puisque l’on estime que leur volume total devrait avoisiner les 250 000 milliards de dollars d’ici 2027.

Pourtant, pour beaucoup, ces transactions restent trop coûteuses et trop lentes, quand elles ne sont pas tout simplement inaccessibles. Ainsi, selon les données de la Banque mondiale, le coût moyen d’un transfert d’argent pour un travailleur étranger, de son pays d’accueil vers son pays d’origine, avoisine les 6 % du coût total pour 200 dollars échangés, avec des frais qui peuvent monter à 15 % pour certaines régions mal desservies !

Or, ces envois de fonds (ou remittances) sont souvent réguliers et d’un montant suffisamment faible pour que la facture devienne vite exorbitante. Par ailleurs, quiconque a déjà utilisé les services d’entreprises telles que Western Union ou MoneyGram savent que le détail des frais est souvent opaque, et que ce type de transactions prend un temps bien plus important que les transactions dites domestiques (au sein d’un seul et même pays).

Une aubaine pour des acteurs innovants

De fait, le système financier repose encore largement sur des bases nationales, et les banques s’aventurent de moins en moins à fournir des comptes dans ces pays. Dans un contexte de faible bancarisation des populations, les investissements ne sont pas ou peu rentables.

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Surtout, la résurgence du terrorisme international implique que les acteurs financiers prouvent que leurs canaux ne sont pas utilisés pour financer ledit terrorisme ou le blanchiment d’argent : autant de contraintes légales qui dissuadent ceux-ci d’investir. Résultat : l’accès aux moyens de paiement par les canaux traditionnels reste difficile, et échanger de l’argent peut être un chemin de croix.

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Les paiements transfrontières sont les grands oubliés de la mondialisation. Une aubaine pour des acteurs innovants, à l’instar de Wise ou M-Pesa au Kenya. Ceux-ci bénéficient de la vague de numérisation qui a précédé leur arrivée : les mobiles et autres e-wallet permettent d’effectuer des transactions rapidement sans ouvrir de compte bancaire. L’avantage, aussi, des trous dans la raquette en termes de régulation, les législations actuelles peinant à s’adapter à ces nouveaux modèles qui sont par conséquent moins contraints que ceux des acteurs traditionnels.

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