vers la fin du psychodrame européen

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A Francfort, en Allemagne, le 27 mars 2023.

Si tout se passe comme prévu, les ministres de l’énergie européens, qui doivent se retrouver à Bruxelles, mardi 28 mars, devraient enfin acter la fin du moteur thermique en 2035. Tout en laissant la porte ouverte à une exception. La Commission et l’Allemagne ont en effet annoncé, samedi 25 mars, avoir trouvé un accord qui permet de débloquer ce texte emblématique du pacte vert européen, mais prévoit des aménagements ultérieurs, dans un autre acte législatif, pour les véhicules roulant aux carburants de synthèse.

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Initialement, les Vingt-Sept devaient entériner, le 7 mars, l’interdiction faite aux constructeurs automobiles de produire des voitures émettrices de CO2 après 2035. Tout avait été calé, et le vote devait être une simple formalité, comme l’avait été celui du Parlement européen, mi-février. Après de longues négociations entre Etats membres et eurodéputés, un accord avait été trouvé entre les institutions communautaires, en novembre 2022. L’Italie et la Pologne, notamment, avaient fait connaître leurs réticences, mais cela ne mettait pas en péril l’adoption du texte, prévue à la majorité qualifiée.

Tiraillé entre les différents membres de sa coalition (Verts, SPD et libéraux du FDP), le gouvernement allemand l’avait finalement validé, après avoir obtenu l’ajout d’un « considérant » demandant à la Commission de tenir compte des développements technologiques lors d’une future revue du texte. Berlin souhaite que les véhicules électriques ne soient pas la seule réponse à cette nouvelle législation et que l’industrie automobile puisse explorer d’autres pistes, dont celle d’un moteur à combustion fonctionnant avec des carburants de synthèse, c’est-à-dire produits à partir de CO2 issu des activités industrielles.

Pas de garanties suffisantes

Dans ce contexte, Berlin sidère ses partenaires, début mars, lorsque son ministre des transports, Volker Wissing (FDP), annonce rallier le camp des contestataires, arguant que le « considérant » allemand ne lui offre pas suffisamment de garanties. Il faut dire que, quelques jours plus tôt, dans un entretien au journal Bild, Frans Timmermans a eu des mots malheureux. « Nous ne devons pas forcer notre industrie automobile à développer différentes technologies en même temps. Ensuite, tout sera plus cher », y déclarait-il le 17 février.

Le vice-président de la Commission, chargé du Green Deal, un paquet législatif conçu pour mener les Vingt-Sept à la neutralité carbone d’ici à 2050, poursuivait : « Nous devons dire où aller. L’avantage de l’Europe est de fournir une législation de long terme. Les Etats-Unis et la Chine ne fabriquent pas non plus d’e-carburants – ils ne sont pas stupides. »

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