des réactions ironiques après l’annonce du gouvernement

Quelque 180 000 nouveaux parents devraient en bénéficier d’ici au mois d’août 2022 : le gouvernement prévoit de distribuer des « bébés box » par l’intermédiaire des maternités à partir de février 2022. De quoi s’agit-il ? Non pas d’une boîte, mais, selon le Huffington Post, d’un sac en bandoulière qui contiendra plusieurs objets destinés à être les supports « de communication des messages de santé publique des 1 000 premiers jours » de l’enfant.

« Chaque objet véhicule et symbolise un message qui a vocation à aider les parents. Il servira de support au dialogue avec les familles à la maternité », a déclaré le cabinet du secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, Adrien Taquet, à l’Agence France-Presse (AFP). Le dispositif sera d’abord déployé dans les maternités des communes ayant des quartiers prioritaires et les communes de revitalisation rurale. Il sera évalué cet été avant d’être sans doute étendu à l’ensemble du territoire.

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Les jeunes parents trouveront une turbulette, qui permettra d’expliquer comment coucher le bébé pour éviter tout accident, comme la mort subite du nourrisson. La box contiendra également un album, pour sensibiliser les parents à l’importance de l’éveil artistique et culturel du nourrisson, aux interactions avec les parents, et les encourager à lire à leur enfant sans attendre qu’il aille à l’école, et un savon, pour promouvoir les produits naturels et alerter sur les perturbateurs endocriniens et les produits chimiques. Quant au produit hydratant – objet de réactions sur les réseaux sociaux –, il a pour objet de rappeler à la mère qu’elle doit prendre soin d’elle et ne pas s’oublier, ainsi que l’a relaté l’AFP.

La « bébé box » figure parmi les initiatives pour sensibiliser les parents à l’importance des 1 000 jours allant du début de la grossesse aux 2 ans de l’enfant, avec une application et un site Internet. L’idée est inspirée du modèle finlandais de « baby box », créée en 1938. La boîte arrive chez toutes les futures mères juste avant la naissance, et contient tout le nécessaire pour les premiers jours d’un nourrisson, avant de se transformer en berceau car pourvue d’un matelas. En améliorant la prévention et l’hygiène, cette mesure a considérablement fait baisser le taux de mortalité infantile.

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Mais la boîte fait débat quant aux risques de mort inattendue du nourrisson qu’elle ferait courir. Le gouvernement français lui a donc préféré l’idée d’un sac, « invitation à sortir, à ne pas s’oublier en tant que parent, à aller faire du sport ou des activités à l’extérieur ».

Réactions ironiques

Mais l’initiative, qui survient aussi à un moment où les sages-femmes se mettent en grève et manifestent pour une revalorisation de leur salaire et de meilleures conditions de travail, a suscité des réactions ironiques, notamment sur les réseaux sociaux. « Inciter les mères à sortir de chez elles, prendre soin d’elles et ne pas s’oublier ne sera pas solutionné par une trousse de beauté post-partum », a notamment écrit sur Twitter Illana Weizman, sociologue et autrice de Ceci est mon post-partum, réagissant à l’idée évoquée par le gouvernement d’intégrer une crème hydratante pour les mères.

La militante, à l’origine du hashtag #MonPostPartum qui avait, en février 2020, provoqué une vague de témoignages, appelle plutôt le gouvernement à « débloquer de l’argent pour des politiques d’accompagnement par des professionnels de santé formés aux problématiques du post-partum », ou encore à instaurer un congé de même durée pour les pères que pour les mères après la naissance.

Adrien Taquet a annoncé à la fin de septembre qu’un « entretien systématique autour de la cinquième semaine après l’accouchement » serait instauré au début de 2022 pour repérer les dépressions post-partum, qui toucheraient entre 15 % et 30 % des mères.

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D’autres soulignent que, pour aider les mères, des objets plus « utiles » qu’une crème seraient les bienvenus. « Après mon accouchement, personnellement, j’avais plus besoin de culottes filets à usage unique, et de serviettes quadruple épaisseur », écrit Laura Boudoux dans Elle, rappelant le coût élevé de ces protections.

Avant la mise en place de cette « bébé box », les futurs parents recevront, à partir de la semaine prochaine, un livret par la poste, dès la déclaration de grossesse, leur donnant des repères sur le sommeil, les écrans, l’allaitement, l’alimentation, la dépression post-partum et la prévention des violences.

Le Monde avec AFP




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