La Mairie de Paris dévoile son plan pour limiter la vitesse des trottinettes

Les trois opérateurs de trottinettes en libre-service présents dans la capitale avaient annoncé, il y a dix jours, qu’elles verraient leur vitesse limitée à 10 km/h dans 700 zones de Paris. Sans donner de date précise pour l’entrée en vigueur de la mesure.

La Mairie de Paris a tranché, jeudi 25 novembre, annonçant que la mesure entrerait en vigueur « dès la première quinzaine de décembre ». Dans toutes les « rues adjacentes », les trottinettes seront bridées automatiquement à 10 km/h, tandis que les axes majeurs, notamment ceux disposant de pistes cyclables sécurisées, conserveront leur limitation à 20 km/h, a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) l’écologiste David Belliard, premier adjoint à la maire, Anne Hidalgo (PS), chargé notamment des mobilités.

Simplification des règles, selon la Mairie de Paris

Outre les pistes cyclables, les voies « structurantes interquartiers » seront également exemptées de limitation, tout comme les rues où la circulation automobile reste autorisée à 50 km/h, et les voies de bus, où les vélos sont autorisés, précise la Mairie. Cette « commande » a été passée mercredi par la Ville aux trois opérateurs qui avaient proposé la mise en place pour 700 zones de limitation de la vitesse dans la capitale.

Pour M. Belliard, un tel zonage ne serait pas satisfaisant, car il crée « un Paris dalmatien », et serait difficilement compréhensible des usagers de trottinettes. En simplifiant les règles, la Mairie souhaite assurer une « meilleure régulation de l’espace public », décrit par les élus comme « tendu ».

Les trottinettes ont été responsables de 298 accidents depuis le début de l’année, causant deux décès et 329 blessés. Trois cent soixante-quinze accidents avaient été recensés en 2020, dont un mortel.

A la fin de juin, après la mort d’une Italienne de 32 ans, percutée par une trottinette électrique sur une allée piétonne, la Mairie de Paris avait menacé les trois opérateurs privés autorisés de ne pas renouveler leur contrat s’ils ne faisaient pas des progrès sur la limitation de la vitesse et le stationnement. A ce jour, M. Belliard confirme la prolongation « de cinq mois » de ces contrats.

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La « promesse de liberté totale » des usagers des trottinettes en libre-service « n’est pas tenable », souligne David Belliard, qui affirme sa volonté « d’apaiser » le partage de l’espace public à l’approche des fêtes de fin d’année, où les rues de la capitale s’emplissent.

Côté opposition municipale, le maire LR du 15e arrondissement, Philippe Goujon, salue auprès de l’AFP la mise en place de cette nouvelle limitation, qu’il affirme avoir proposée il y a plusieurs semaines. « Je ne souhaitais pas découper le 15e en tronçons », explique l’élu. Il souhaite néanmoins aller plus loin, « que la Ville travaille avec les opérateurs », à la création notamment d’un « code de la rue, ou code du piéton » et que ces derniers, particulièrement vulnérables, « soient protégés ».

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Appel d’offres pour les deux-roues motorisés

Dans cette même volonté de réguler les moyens de transport en libre-service, la Mairie a également annoncé réaliser un appel à concurrence auprès des opérateurs de deux-roues motorisés, à partir du 13 décembre. L’idée est d’« anticiper », avant que la situation ne devienne ingérable, comme elle l’a été pour les trottinettes. Cinq opérateurs sont actuellement présents dans la capitale, mais l’appel d’offres n’en retiendra que deux ou trois. Les lauréats seront annoncés en juin, pour un début de contrat en septembre.

Les critères de sélection seront divers, et liés « aux types d’engins, au respect de leurs critères environnementaux », à la qualité des services, leur capacité à se déployer « et à assurer le service », résume M. Belliard, tout en précisant le souhait de la municipalité de travailler avec des entreprises suivant une démarche d’« amélioration sociale » du cadre de travail de ses salariés. Ce modèle a déjà été suivi en 2020, pour réduire le nombre d’opérateurs de trottinettes à trois dans la capitale.

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Le Monde avec AFP


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