le FBI poursuit la milice des Oath Keepers pour sédition

Le fondateur de la milice Oath Keepers, Stewart Rhodes, lors d’une interview, à Eureka (Montana), en juin 2016.

Le FBI franchit une borne majeure dans l’une des enquêtes les plus sensibles de son histoire, aux implications politiques immenses. Pour la première fois depuis un an, le chef d’inculpation de « conspiration de sédition » a été retenu contre des participants à l’assaut donné contre le Capitole, le 6 janvier 2021. Parmi les onze personnes concernées figure Stewart Rhodes, le fondateur de la milice d’extrême droite des Oath Keepers. Passible de vingt ans de prison, ce chef d’accusation rarement employé et complexe à prouver montre la volonté des enquêteurs d’étayer la préméditation opérationnelle, le jour de l’assaut, au-delà des partisans de Donald Trump emportés par la ferveur funeste de ce moment où la certification de l’élection présidentielle a failli être compromise.

En un an, près de 725 personnes ont déjà été arrêtées, dont 225 pour des faits de violence et d’obstruction contre les forces de l’ordre. Dans un long communiqué, le bureau du procureur du district de Columbia, chargé de l’enquête, a détaillé, jeudi 13 janvier, les inculpations contre les membres des Oath Keepers. Ceux-ci ont joué un rôle clé, avec les Proud Boys, pour décupler la colère populaire et encourager la confrontation avec les policiers déployés au Capitole. « A partir de la fin décembre 2020, via des messageries cryptées et privées, Rhodes et différents co-conspirateurs ont coordonné et planifié le voyage à Washington », dit le communiqué, ajoutant que ces hommes « ont établi des plans pour amener des armes dans la zone en soutien de l’opération ».

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Un an après, retour sur le jour où la démocratie américaine a vacillé

Recrutement, entraînement, équipement paramilitaire…

L’inculpation pour « conspiration » se justifie, selon le procureur général, par le mode opératoire retenu : l’organisation de petites équipes coordonnées, le recrutement, l’entraînement, puis l’acheminement d’équipements paramilitaires sur les lieux – « incluant des couteaux, des bâtons, des uniformes de combat camouflés, des gilets pare-balles, des casques, des protections oculaires et des relais radio ». Le 6 janvier 2021, les Oath Keepers se sont déployés en plusieurs points stratégiques autour du Capitole.

Peu après 14 heures, lorsque les premières fenêtres ont volé sous les coups des insurgés, Rhodes a pénétré dans le périmètre autour du Capitole, en principe fermé au public. Un premier groupe d’Oath Keepers avançant en formation groupée a monté les marches de l’entrée Est du bâtiment pour y pénétrer. Un deuxième groupe a ensuite emprunté l’entrée Ouest. D’autres sont restés positionnés « juste à l’extérieur de la ville en équipes de force de réaction rapide », prêts à acheminer des armes à feu, explique le communiqué. Ces armes auraient été prépositionnées dans une chambre d’hôtel à Arlington, en Virginie.

Il vous reste 43.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.