Les Etats-Unis confrontés à une pénurie de lait pour bébés

La pénurie de lait pour bébés suscite un regain d’intérêt pour le lait maternel issu de dons. Ici, la banque le lait maternel de l’université de Californie, à San Diego, le 13 mai 2022.

La guerre en Ukraine, l’inflation, la remise en cause du droit à l’avortement, la pression migratoire à la frontière mexicaine : l’administration Biden se trouve en gestion de crise permanente. Mais elle n’avait sûrement pas prévu d’ajouter à cette liste le lait en poudre pour enfants. Les Etats-Unis sont confrontés en effet à une pénurie spectaculaire de ce produit, avec un taux de rupture de stock évalué à 43 % la semaine passée. Dans les médias, les témoignages de parents en détresse s’accumulent, dessinant un tableau d’habitude réservé à des pays en développement, plutôt qu’à la puissance américaine.

Le 12 mai, la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a même débuté son briefing quotidien par ce sujet, avant d’être pressée de questions par les journalistes. La marge de manœuvre est limitée, et la pénurie risque de durer. Outre une augmentation des importations, qui ne vont pas de soi en raison de la crise internationale des chaînes d’approvisionnement, la priorité absolue de l’administration Biden consiste à « réduire la paperasserie », a expliqué Jen Psaki. Le président américain, Joe Biden, s’est entretenu avec les patrons de la grande distribution, Walmart et Target, pour essayer de fluidifier les livraisons, en particulier dans les zones rurales.

Le lait en poudre est devenu un objet de spéculation, les prix en ligne explosant. Les procureurs généraux des Etats sont invités à se pencher sur « les comportements prédateurs » sur le marché. « Nous ne voulons pas que les parents, les mères, les familles soient stressés et inquiets au sujet de l’alimentation de leurs bébés », a dit Jen Psaki. C’est le cas. La dimension psychologique de la crise est aussi importante que celle de la production. « Ce que nous voyons, et qui est un problème énorme, c’est que les gens font des réserves, a expliqué la porte-parole. Les gens font cela parce qu’ils ont peur, c’est un aspect de la chose, mais certains font des stocks car ils essaient de tirer un profit de parents apeurés. »

La crise couve depuis des mois, et elle est particulièrement angoissante pour les familles pauvres, aux salaires peu élevés et parfois dépourvus d’assurance médicale, ne pouvant faire le choix de l’allaitement. Aux Etats-Unis, environ une mère sur quatre nourrit son enfant au sein jusqu’à six mois, les autres choisissant le lait en poudre, au moins en partie. Le coût de cette dépense est considérable, au-delà de 1 000 dollars la première année. Les laits infantiles spécifiques – par exemple en cas d’allergies sérieuses – sont devenus une denrée de luxe, le prix d’une boîte dépassant parfois les cent dollars.

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