Les non-dits de « l’arrivée éventuelle » de Jean-Michel Blanquer à l’université Paris Panthéon-Assas

Parachutage maladroit ou réintégration légale ? La question agite dans l’enseignement supérieur depuis la révélation, mardi 21 juin, par Mediapart, d’un courrier interne envoyé par le président de l’université Paris-Panthéon-Assas, annonçant « l’arrivée éventuelle » de Jean-Michel Blanquer comme professeur de droit public.

Dans ce message envoyé le 17 juin à la petite centaine d’enseignants-chercheurs du département de droit public – dont Le Monde a eu copie –, Stéphane Braconnier fait valoir le « caractère inhabituel, voire exceptionnel, de la demande », dont il dit avoir été « saisi », sans préciser l’origine de cette saisine. Il explique que l’arrivée de l’ancien ministre de l’éducation nationale « prendrait la forme d’une mutation depuis l’université Paris-III [Sorbonne-Nouvelle], où il est en poste, sur un emploi dédié et nouvellement créé ». Ce poste « resterait acquis de manière définitive » à l’université Paris-Panthéon-Assas, précise M. Braconnier.

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Le président ajoute qu’il est lui-même « favorable » à « cette possibilité » qui doit être « étudiée avec attention ». « Elle est de nature à procurer des avantages certains à l’université Paris-Panthéon-Assas, argumente-t-il. L’arrivée d’un ancien ministre dans nos effectifs contribue d’abord, de manière générale, au prestige et donc à l’attractivité de notre établissement. » Sans compter que « la présidence [de l’établissement] pourrait bénéficier des contacts et de l’expertise institutionnelle de M. Blanquer, souligne-t-il. Cela serait particulièrement précieux dans une période où plusieurs projets d’envergure sont lancés. »

Sur le plan scientifique cette fois, M. Blanquer, docteur en droit, agrégé de droit public, titulaire d’une maîtrise de philosophie et d’un DEA de sciences politiques, « pourrait apporter une contribution importante à la consolidation du droit public comparé, notamment dans sa dimension sud-américaine et ainsi participer au développement d’un des champs disciplinaires de référence de l’université », estime M. Braconnier. Entre 1998 et 2004, l’ex-ministre de l’éducation a dirigé l’Institut des hautes études de l’Amérique latine de l’université Sorbonne-Nouvelle.

Face au tollé suscité par ce qui ressemble à un passe-droit, Jean-Michel Blanquer s’est défendu auprès du Monde le 21 juin : « Je vais peut-être revenir à l’université exercer mon métier d’origine, que j’aime, déclare celui qui a enseigné dans plusieurs établissements dont Paris-Panthéon-Sorbonne, Tours, Sciences Po Lille et Sorbonne-Nouvelle, jusqu’à sa nomination comme recteur de la Guyane en 2004. Si cela arrive, ce sera après validation des autorités compétentes de l’université concernée », poursuit l’ancien ministre avant de conclure à « un non-événement », à savoir « le retour dans son corps d’un professeur et serviteur de l’Etat ».

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