Cac 40 : Très fébrile, la Bourse de Paris sort légèrement la tête de l’eau



(BFM Bourse) – Avec une hausse de 0,2%, la Bourse de Paris reprend un peu d’air dans un contexte de forte aversion au risque. La séance a notamment été marquée par les déclarations en fin de matinée de la Banque d’Angleterre sur des achats d’obligations d’Etat à long terme.

Qui l’eut crû. Au terme d’une nouvelle séance bien volatile, traduisant la nervosité des opérateurs sur le contexte économique et géopolitique, la Bourse de Paris clôture enfin en hausse mercredi soir.

Avec un gain certes modeste de 0,2%, le CAC 40 met ainsi un terme à une série peu glorieuse de dix séances de repli sur onze. Fait marquant de la séance: la Banque d’Angleterre a annoncé en fin de matinée procéder à des achats d’obligations à long terme à compter d’aujourd’hui et ce jusqu’au 14 octobre prochain.

Le rebond observé à Wall Street, le Dow Jones gagnant près de 0,9% à la clôture des marchés européens, est venu soutenir les marchés financiers du Vieux continent.

La tendance reste toutefois très fragile, les investisseurs restent sur leurs gardes avec le durcissement des politiques monétaires, la dégradation des perspectives économiques et une situation géopolitique précaire. Avant les déclarations de la Banque d’Angleterre, le CAC 40 perdait 1,7% et évoluait sur des plus bas de février 2021 à proximité des 5650 points.

Une situation adverse en toile de fond

Le taux d’emprunt américain à dix ans est par ailleurs passé au-dessus de 4%, de retour sur des niveaux plus observés depuis 2008, avant de repartir à la baisse. Le rendement de l’obligation phare américaine a connu une poussée dans un contexte global de remontée des taux des banques centrales mondiales pour juguler une inflation au plus haut. Plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine se sont prononcés en faveur d’une poursuite de la hausse des taux directeurs. Dont le président de la Réserve fédérale de St. Louis, James Bullard connu pour ses positions de « faucon ». Il milite pour des réponses appropriées à une inflation toujours hors de contrôle quitte à faire basculer l’économie américaine en récession.

Cette menace d’une récession pèse également sur le moral des marchés tout comme la montée des tensions sur le front géopolitique, avec comme dernier épisode en date des soupçons de sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique mardi. Les fuites touchant ces gazoducs ravivent donc le spectre d’une grave crise énergétique en Europe à l’approche de l’hiver.

Sur le marché des changes, la détermination de la Fed à poursuivre une politique monétaire agressive pèse toujours sur les devises. L’euro évolue sur des plus bas de 20 ans face au billet vert à 0,9664 dollar, plombé par la vigueur du dollar et aussi les craintes pesant sur la santé économique de la zone euro. Le dollar a également battu un record absolu contre la livre britannique, celle-ci reste pénalisée par les mesures de relance annoncées par le gouvernement du pays. Même si elle rebondit de 1% après les annonces de la Banque d’Angleterre, le Fonds monétaire international a d’ailleurs fustigé ce coûteux plan de soutien économique tout comme l’agence de notation Moody’s qui a mis en garde Londres contre un dérapage de sa dette à un niveau insoutenable.

Trigano pied au plancher

Du côté des valeurs, les publications d’entreprises suivent leur cours à l’image de Trigano termine en hausse de plus de 13% après la publication de son chiffre d’affaires annuel 2021-2022. Le spécialiste des véhicules de loisirs signale une amélioration des livraisons de bases roulantes qui devrait se matérialiser à partir de la fin de l’année 2022.

Sanofi a gagné 1,6%, le laboratoire pharmaceutique anticipe un effet de change positif sur ses résultats du troisième trimestre, de 10% à 11% pour le chiffre d’affaires et de 12% à 13% pour le bénéfice par action.

En revanche, STMicroelectronics a limité ses pertes à 2,6%, pénalisé par des informations de Bloomberg selon lesquelles Apple aurait abandonné son projet d’augmenter sa production d’iPhone 14, la demande n’étant pas autant au rendez-vous qu’espéré pour la marque à la pomme.

Nexity a lâché plus de 14% à des plus bas de 10 ans alors que l’endettement du groupe inquiète les observateurs.

Sabrina Sadgui – ©2022 BFM Bourse



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