La bourde à 60 millions d’euros d’Electricité de Strasbourg, filiale d’EDF


Fournisseur régional d’énergie plus que centenaire, Electricité de Strasbourg (ES) avait jusqu’ici vécu une existence discrète. Précisément jusqu’au dimanche 11 septembre, quand l’entreprise a fait la « une » du site du Financial Times pour avoir déclenché une alerte sur le réseau électrique européen. La filiale à 88 % d’EDF a reconnu avoir passé, la semaine précédente, une série d’ordres de vente erronés qui ont semé un début de panique.

Le système informatique de l’énergéticien a généré 2,03 gigawatts (GW) de transactions, mardi 6 septembre, et jusqu’à 5,75 GW le lendemain, soit davantage que la puissance cumulée des centrales de Chooz (Ardennes) et de Civaux (Vienne), qui réunissent les quatre plus gros réacteurs nucléaires français. Et le tout injecté à perte dans le réseau, sans aucun besoin à la clé. La fausse manœuvre a même obligé RTE, le gestionnaire du réseau français de transport d’électricité, à mettre en alerte l’Espagne et le Royaume-Uni pour qu’ils viennent éventuellement en aide au système électrique tricolore déstabilisé. Ce qui, en définitive, n’a pas été nécessaire.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Europe, les prix s’affolent sur le marché de l’électricité

« Il ne s’agit pas d’opérations de trading, mais d’une fourniture erronée d’électricité, précise la société, qui livre chaque année près de 5 000 gigawattheures à ses clients finaux. Il est courant pour nous d’effectuer des ajustements sur le marché spot [celui du jour au lendemain] dans le cadre de l’approvisionnement de nos clients. Mais d’habitude, ce type de transaction s’affiche en mégawatts. Là, pendant deux jours, un dysfonctionnement de notre système informatique a conduit à la communication de volumes d’énergie largement supérieurs. » Pour l’heure, les causes de cette anomalie informatique ne sont pas connues et toujours en cours d’analyse, fait savoir ES.

Compenser les volumes indûment perdus

L’option d’une intervention extérieure ou d’une cyberattaque est toutefois exclue. L’épisode a révélé les failles du système de gestion des risques d’ES, pourtant aligné sur celui de sa maison mère. Si le dispositif sécurise l’opérateur face à la volatilité du marché de l’énergie, il ne lui permet pas d’anticiper un éventuel bug informatique. Les conséquences sont lourdes. Pour compenser les volumes indûment vendus (et donc perdus), ES a procédé à des achats afin de rééquilibrer le marché. Coût : 60 millions d’euros. Un montant non négligeable, quand on sait que la société a acheté pour 561 millions d’euros d’électricité et de gaz en 2021.

Le fournisseur avait déjà défrayé la chronique au printemps pour ne pas avoir appliqué le bouclier tarifaire dans certains de ses contrats

Il vous reste 45.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *