La bronchopneumopathie chronique obstructive, maladie respiratoire négligée


Test de fonction pulmonaire, au moyen d’un spiromètre portatif dans une clinique de médecine générale, à Edimbourg (Royaume-Uni). L’appareil permet de mesure la quantité d’air expiré et la durée d’expiration.

Maladie méconnue, la BPCO, appelée bronchopneumopathie chronique obstructive, deviendra en 2030 la troisième cause de décès dans le monde, a récemment averti l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En France, 18 000 personnes décèdent chaque année de cette maladie, qui a également causé entre 130 000 et 160 000 hospitalisations.

Une session de l’Académie de pharmacie a alerté, mercredi 1er juin, sur « cette maladie chronique, mortelle, trop largement sous-diagnostiquée ». Ainsi, de 5 à 10 % des plus de 45 ans en souffrent, soit de 2,5 à 3 millions de Français. Plusieurs experts avaient déjà alerté dans une tribune publiée dans nos colonnes le 14 mars 2018, demandant « la déclaration de l’état d’urgence sanitaire ». Associations de patients et sociétés savantes avaient aussi publié un livre blanc en 2017 pour alerter les autorités.

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La BPCO est due au tabagisme dans 80 % des cas, la pollution atmosphérique est aussi un déterminant précoce de la maladie, comme les expositions professionnelles et l’exposition passive à la fumée de cigarette. D’autres facteurs, comme les facteurs génétiques, expliquent aussi sa progression.

Cercle vicieux

« La maladie est souvent sous-diagnostiquée, la pathologie évoluant d’autant plus si le tabagisme se poursuit », explique Claire Andrejak, pneumologue au CHU d’Amiens et secrétaire générale du conseil scientifique de la Société de pneumologie de langue française (SPLF). Les poumons se trouvent altérés. Pour l’emphysème (qui fait partie de la BPCO), certains professionnels donnent l’image du poumon sain qui serait comme du comté se transformant ensuite en gruyère, avec l’apparition de « trous » quand la maladie s’est déclarée.

C’est souvent un cercle vicieux, le patient a de plus en plus de mal à respirer à l’effort (dyspnée), ce qui l’incite à bouger de moins en moins. Associé aux autres symptômes (toux chronique et/ou fatigue), cela est source de handicap dans la vie quotidienne. Plus tard, des exacerbations peuvent conduire le malade en réanimation. « L’impact collectif est énorme », souligne Nicolas Roche, chef du service de pneumologie de l’hôpital Cochin (APHP).

Face à ces symptômes souvent ignorés, il est donc impératif de consulter et d’évaluer la capacité respiratoire (spirométrie). Or, seules 21,3 % des personnes identifiées à risque de BPCO bénéficient d’un tel dépistage, selon la Haute Autorité de santé (HAS).

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« On est en train de mieux caractériser les patients en fonction de leurs caractéristiques cliniques, car il n’y a pas une mais plusieurs BPCO, dont les symptômes diffèrent », abonde Claire Andrejak. Plusieurs traitements peuvent améliorer les symptômes, d’abord l’arrêt du tabac, primordial pour éviter la progression de la maladie. Il y a ensuite les traitements inhalés mais également la réhabilitation respiratoire, permettant au patient d’être moins essoufflé à l’effort. Il est indispensable de s’adapter à chaque patient, notamment dans le système de délivrance des bronchodilatateurs. L’activité physique a aussi une part importante. « Des traitements plus spécifiques peuvent être proposés selon les lésions du patient. Enfin, des traitements pour prévenir les exacerbations sont proposés. L’objectif est d’éviter d’arriver à l’insuffisance respiratoire, stade où peut être nécessaire une oxygénothérapie au long cours », détaille Claire Andrejak.



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