La semaine noire de la Juventus Turin


Andrea Agnelli, l’ancien président de la Juventus Turin, à Madrid, le 19 février 2019.

La Juventus Turin a traversé l’une des semaines la plus noires de son histoire, et le calvaire n’est pas terminé, chaque jour apportant son lot de mauvaises nouvelles pour le club aux trente-six titres de champion d’Italie. L’équipe à l’emblématique maillot noir et blanc, dont le statut national auprès de nombreux amateurs de football est unique dans la péninsule, se trouve plongée dans une crise financière et judiciaire de grande ampleur.

Vendredi 2 décembre, la presse italienne a publié des extraits de conversations compromettantes entre des cadres du club, interceptées par les enquêteurs de la garde des finances italienne. Certains de ces échanges, où de mauvaises pratiques sont reconnues, concernent même l’ancien président de la Juventus Andrea Agnelli et son cousin John Elkann, héritier de l’empire Fiat et à la tête de la holding Exor, l’actionnaire majoritaire du club. La veille, le parquet de la capitale du Piémont avait demandé le renvoi en justice d’Andrea Agnelli et de douze dirigeants de la Juventus, soupçonnés d’irrégularités majeures.

Le premier coup de théâtre de la semaine est intervenu dans la soirée du lundi 28 novembre, quand M. Agnelli et l’ensemble du conseil d’administration de la Juventus ont annoncé collectivement leur démission, en écho aux enquêtes judiciaires visant le club pour d’éventuelles malversations comptables. Après les annonces de la justice italienne, l’Union européenne des associations de football (UEFA) a également déclaré qu’elle ouvrait une enquête sur le club, dont l’action a chuté à la Bourse de Milan.

Les turbulences en cours résultent de l’aggravation d’une crise nouée autour d’une enquête ouverte en 2021 sur des soupçons de malversations au sein du club comme la présentation de fausses informations comptables aux investisseurs et la production de factures liées à des transactions inexistantes. Le but de telles manœuvres aurait été, dans les deux cas, de maquiller la situation financière du club, dégradée par les choix stratégiques hasardeux opérés au cours des dernières années. La Juventus a enregistré de grosses pertes liées, entre autres, au salaire versé à l’ancien joueur vedette portugais Cristiano Ronaldo entre 2018 et 2021, donc pendant la période de la pandémie de Covid-19, où les recettes ont chuté du fait de la fermeture des stades.

« Faux échanges » de joueurs

Pour améliorer artificiellement son bilan, le club a utilisé un système de faux échanges de joueurs. Ce mécanisme de ventes croisées avec d’autres formations n’implique pas d’échange financier mais a permis d’inscrire dans le bilan comptable du club des plus-values fictives associées à la valorisation des joueurs concernés. Selon les médias italiens, les sommes enregistrées ainsi pourraient atteindre jusqu’à 282 millions d’euros.

Il vous reste 58.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *