« Nous n’avions pas prévu que la quatrième vague se ralentirait aussi vite »

L’ immunologiste et président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy, à Paris, en avril 2020.

Le professeur Jean-François Delfraissy, immunologiste et par ailleurs président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) depuis 2016, a pris la présidence du conseil scientifique Covid-19 en mars 2020, afin de conseiller le gouvernement dans la lutte contre la pandémie. Il revient pour Le Monde sur les différents scénarios d’évolution possibles.

Malgré la rentrée scolaire et le retour des Français au bureau, le nombre de cas continue de baisser. Etes-vous surpris ?

Oui. Nous n’avions pas prévu que la quatrième vague se ralentirait aussi vite. Cela s’explique en partie par le très haut niveau de vaccination en France et par la très grande efficacité des vaccins, d’ampleur inattendue. Il y a probablement d’autres facteurs qui nous échappent un peu. Cela ne signifie pas pour autant que la quatrième vague est complètement derrière nous. Avec l’arrivée de l’automne, les comportements changent, on vit en milieu clos, une reprise de la circulation virale est donc possible.

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Doit-on craindre une nouvelle vague ?

Dans les semaines à venir, deux scénarios sont possibles : soit une petite vague du variant Delta, avec un impact contenu sur le système de soins, soit une augmentation sensible de la circulation virale, mais sans impact majeur sur le système de soins. Je suis donc assez optimiste, même si l’on ne peut totalement exclure la survenue d’un nouveau variant. A condition de conserver les gestes barrières, nous devrions pouvoir faire face à une reprise.

A moyen terme, le virus pourrait devenir endémique, voire saisonnier, à la fois parce que le variant Delta est contenu par le vaccin et parce que sa capacité à évoluer est limitée. L’autre possibilité est l’émergence d’un variant encore plus transmissible ou qui échapperait à l’immunité conférée par le vaccin. Sur le long terme, évidemment, la crise n’est pas terminée.

Quand pourra-t-on baisser la garde ?

Le gouvernement a choisi un allègement progressif des mesures de restriction – un arrêt du passe sanitaire dans certains lieux – à partir du 15 novembre plutôt que tout de suite, c’est le scénario que nous recommandions. Nous conservons deux points faibles : en France, la vaccination des plus de 80 ans reste à améliorer [elle est de 86,4 % pour la première dose], et il y a probablement une perte d’efficacité vaccinale après six mois chez les plus de 65 ans. C’est pourquoi la vaccination avec une troisième dose doit s’accélérer, elle n’a pour l’instant touché que 35 % des plus de 65 ans éligibles six mois après la dernière dose.

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