Revenus, éducation, santé, genre, climat… La pandémie de Covid-19 a exacerbé un peu plus encore les inégalités mondiales

La cantine d’une usine de textile de Dacca (Bangladesh), le 17 août 2021.

C’est sans doute le plus grand défi des décennies à venir : comment concilier transition écologique et justice sociale ? Le mouvement français des « gilets jaunes », déclenché en novembre 2018 par une hausse de la taxe carbone, a souligné la sensibilité extrême de nos sociétés sur le sujet. Car celles-ci sont fragilisées par de multiples inégalités, monétaires, éducatives ou encore dans l’accès au soin, comme l’a brutalement rappelé la pandémie de Covid-19.

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Le nouveau rapport, publié mardi 7 décembre par le Laboratoire sur les inégalités mondiales (World Inequality Lab, WIL), piloté par les économistes Lucas Chancel, Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, apporte un nouvel éclairage sur ces questions, révélant en outre que la crise liée au Covid-19 a exacerbé un peu plus encore la captation des richesses mondiales par les plus fortunés.

« Leur degré n’est pas déterminé par la géographie ou les niveaux de développement. Il est fondamentalement le résultat des choix politiques », expliquent les auteurs du rapport

Fruit du travail d’une centaine d’économistes de tous les continents, il présente l’étude la plus fouillée à ce jour dans plus de cent pays, bâtie à partir de multiples sources, dont les données issues des comptabilités nationales et les données fiscales. Il complète le premier rapport publié en 2017, dans le sillage du best-seller de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, paru en 2013.

En dépit de la difficulté à rassembler des statistiques, notamment dans les pays émergents, les chercheurs du WIL ont constitué une solide base de données sur les inégalités mondiales (WID.world) en vue de comparer les situations hétérogènes des différents continents. Leur nouveau rapport fournit une radiographie historique permettant de saisir les disparités en termes de revenu comme de patrimoine depuis 1820, ainsi que des mesures inédites des inégalités de genre et celles liées aux émissions carbone.

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Si les excès de la mondialisation financière expliquent en partie le creusement des écarts observés ces dernières décennies, les auteurs insistent sur un point : les inégalités ne sont pas une fatalité. « Leur degré n’est pas déterminé par la géographie ou les niveaux de développement », expliquent-ils. « Il est fondamentalement le résultat des choix politiques. » C’est-à-dire des arbitrages pris en matière de fiscalité et de politiques publiques, que la transition écologique impose aujourd’hui de revoir.

  • Les inégalités culminent à des niveaux historiquement élevés au sein des pays

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