un (petit) coup de pouce inattendu

Pour les épargnants, le Père Noël est passé le 14 janvier par la cheminée du 13 heures de TF1. Alors qu’une semaine auparavant, le premier ministre, Jean Castex, annonçait qu’un coup de pouce au Livret A n’était pas envisagé, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a choisi le plateau de Jacques Legros pour annoncer que, finalement, le taux du Livret A doublerait le 1er février, passant de 0,50 % à 1 %. Cela concerne aussi la rémunération du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), calquée sur celle du Livret A.

L’application normale de la formule de calcul du taux aurait abouti à une hausse légèrement moindre, à 0,8 %. Mais suivant la recommandation du gouverneur de la Banque de France, le gouvernement a donc décidé d’aller au-delà, pour atteindre ce symbolique « pourcent pile ».

Lire aussi Smic, allocations familiales, Livret A, chômage, RSA, APL, retraites : le calendrier 2022 des revalorisations

En pratique, ce doublement procurera un gain de 27,50 euros d’intérêts supplémentaires sur un an pour une personne avec 5 500 euros d’économies sur son Livret A (soit le montant moyen détenu à fin 2020 sur ce produit, selon la Banque de France). Pour un couple doté de deux Livrets A et deux LDDS « pleins », avec donc 69 900 euros ainsi placés, le gain atteint 349,50 euros.

Une première en dix ans et demi

C’est la première fois en dix ans et demi qu’une augmentation est actée. C’est également la première fois depuis l’élection d’Emmanuel Macron que le gouvernement, qui entend inciter les Français à investir sur le long terme et à « diversifier leur épargne », concède un coup de pouce à l’épargne réglementée, défiscalisée, en dérogeant à la formule qu’il a lui-même écrite.

« La forte portée symbolique du relèvement du taux est liée à la place qu’occupe, dans la population, le Livret A, produit d’épargne le plus diffusé en France. Plus de quatre Français sur cinq en détiennent un », souligne Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne. Si à trois mois de la présidentielle, et dans un contexte de tensions provoquées par les impacts de l’inflation sur les ménages, ce coup de pouce aux quelque 55 millions de détenteurs du Livret A ne passera pas inaperçu, il est loin de compenser la hausse des prix à la consommation, estimée par l’Insee à 2,8 % sur un an.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Derrière le taux du Livret A, le creusement des inégalités de patrimoine

La proposition du gouverneur est un compromis visant à « mieux assurer la rémunération des détenteurs du Livret A, sans pour autant créer un surcoût trop important, afin de préserver le financement du logement social et des autres emplois de l’épargne réglementée », explique la Banque de France.

En clair : si l’inflation se maintient dans les mois à venir au-dessus du taux du Livret A, et c’est ce qui est anticipé, la valeur réelle de l’épargne ainsi placée va baisser. Ou plutôt continuer à baisser, puisque ce phénomène était déjà à l’œuvre, dans une moindre mesure, ces dernières années.

Il vous reste 60.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.