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    🎨 Du sésame retrouvé dans des peintures de l’Égypte ancienne – Actualités


    Des traces de sésame et de moringa viennent d’être retrouvées là où personne ne les avait encore identifiées : dans des peintures de l’Égypte antique.

    Pour retrouver les recettes des artisans, les chercheurs ont prélevé 28 fragments minuscules sur 14 œuvres. Elles datent d’environ 1425 avant notre ère à 400 de notre ère. L’ensemble comprend notamment des cercueils peints, des fragments de peintures murales, du calcaire décoré et des objets liés aux momies, conservés dans trois musées européens.

    Graines de sésame.

    Graines de sésame.
    Pixabay

    La couleur ne suffit pas à fabriquer une peinture qui adhère à son support. Les artisans ajoutaient aussi des matières capables de lier les pigments ou de servir de colle. Ce sont ces composants organiques que l’équipe a recherchés. Elle a analysé les protéines encore présentes dans les prélèvements grâce à la spectrométrie de masse, une méthode capable d’identifier leur origine biologique.

    Les colles animales étaient bien présentes, mais leur composition variait. Le bétail dominait dans les échantillons contenant ce type de colle. Les analyses ont aussi retrouvé des protéines provenant de moutons ou de chèvres, d’ânes et de chevaux. Certains indices pourraient même correspondre à des antilopes sauvages. Les tissus employés semblent avoir inclus des peaux et d’autres tissus riches en collagène.

    La surprise vient surtout des végétaux. Des protéines de sésame et de moringa apparaissent dans certains échantillons. Selon les chercheurs, ces produits n’avaient jamais été documentés auparavant dans des œuvres peintes de l’Égypte antique.

    Les œuvres analysées dans cette étude, avec leur musée d'origine (M : Medelhavsmuseet ; BM : British Museum ; NCG : Ny Carlsberg Glyptotek) et leur numéro d'inventaire, sont classées selon leur type de support :

    Les œuvres analysées dans cette étude, avec leur musée d’origine (M : Medelhavsmuseet ; BM : British Museum ; NCG : Ny Carlsberg Glyptotek) et leur numéro d’inventaire, sont classées selon leur type de support :
    A – cercueils en bois (couvercle et étui) et fragments de cercueils,
    B – fragments de peintures murales (support en terre et plâtre),
    C – buste de momie et cartonnage (plâtre peint),
    D – chapiteau de colonne et fragment de relief (calcaire peint).
    Crédit photo : Medelhavsmuseet, © The Trustees of The British Museum, et Ny Carlsberg Glyptotek.

    Pour comprendre sous quelle forme ces plantes avaient été employées, l’équipe a complété l’étude des protéines par d’autres analyses chimiques. Le matériau retrouvé était riche en protéines et ne contenait que des traces d’huile. Cela correspond davantage à des résidus solides obtenus après le pressage des graines pour en extraire l’huile.

    Autrement dit, certains artisans pourraient avoir réutilisé ce qui restait après la production d’huile de sésame ou de moringa. Cette interprétation reste une proposition fondée sur plusieurs méthodes complémentaires. Elle ouvre aussi des questions sur la disponibilité, le coût ou la signification de ces matières dans l’Égypte de l’époque.

    Ces résultats peuvent également servir aux restaurateurs. Connaître la nature d’une colle ou d’un liant aide à comprendre comment une couche peinte peut réagir lors de sa conservation. L’étude porte toutefois sur un nombre limité d’objets et couvre près de 1 800 ans : d’autres œuvres devront être analysées pour savoir à quel point ces recettes étaient répandues.



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