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    les secteurs qui pourraient porter le réveil stratégique de l’Europe


    Europe semiconducteurs

    Les événements de cette décennie tels que la crise Covid et les crises énergétiques liés aux conflits géopolitiques, ont révélé le manque d’intelligence stratégique de l’Europe et sa lourde dépendance à l’international dans plusieurs domaines importants.

    Pendant que la pandémie faisait rage, le Vieux Continent était confronté à des tensions sur ses chaînes d’approvisionnement. Les restrictions liées au confinement ont non seulement réduit les flux d’importations. Mais elles ont aussi provoqué, une fois la reprise économique lancée, un choc d’offre négatif face à la demande qui a entraîné des pressions inflationnistes.

    Durement impactée par le conflit russo-ukrainien et au Moyen-Orient via la fermeture du Détroit d’Ormuz, l’Europe a dû diversifier ses approvisionnements énergétiques. Les sanctions qu’elle a ordonnées à la Russie, déplace une dépendance à une autre, notamment pour le gaz naturel qui est critique pour diverses industries.

    L’Europe a entrepris des démarches pour réduire ses dépendances qui lui coûtent cher sur ses finances : EU Chip Act, EU Green Deal, Readiness 2030 (Programme de défense européenne). Dans cet article, nous allons débattre de cette souveraineté européenne qui s’affirme comme une tendance de fond, ainsi que des secteurs qui en bénéficieront le plus.

    Un enjeu vital dans un monde de plus en plus fracturé

    Les décennies de paix et de prospérité ont toujours un prix. Ce n’est pas moi qui vous l’enseigne, mais l’histoire qui nous guide. L’Europe se rend compte soudainement de ses faiblesses. Les premières fractures avaient commencé dès 2010 avec la crise des dettes souveraines au cours duquel chaque le marché obligataire européen a connu des turbulences jusqu’au « Whatever it takes » de Mario Draghi. Viennent ensuite les crises citées en introduction qui pointent du doigt qui ont mis au premier plan, ses dépendances externes.

    L’assouplissement des contraintes budgétaires de l’Allemagne et les investissements dans la défense constituent des premiers leviers pour bâtir leur souveraineté. De plus, le « rapport Draghi » propose des solutions et des règles pour l’émergence de grands groupes européens, dans la perspective de rivaliser face aux concurrents américains et chinois. Sauf que les autorités réglementaires locales mettent des bâtons dans les roues pour des raisons patriotiques.

    Dans un monde de plus en plus fracturé, la Chine a déjà pris les devants sur sa transition énergétique, en mettant le paquet sur les énergies renouvelables tout en conservant le charbon en cas de situations extrêmes pour son industrie qui monte en gamme. L’Europe devrait s’en inspirer pour gagner en souveraineté.

    L’énergie, la défense et la technologie sortent du lot

    L’Europe reste à la traîne vis-à-vis des États-Unis et de la Chine sur trois secteurs clés, qui personnellement, vont se détacher dans les années à venir. Il s’agit respectivement de la défense, de la technologie et de l’énergie. Pourtant, le Vieux Continent possède des atouts spécifiques à certains pays. Par exemple, la France se positionne en tant que leader européen dans la défense avec des acteurs majeurs tels que Thalès (THO), Airbus (AIR), et sa pépite Exail Technologies et de l’énergie via le nucléaire. Parallèlement, l’Espagne est le leader européen des énergies renouvelables, soutenu notamment par Iberdrola. Ajoutez à cela, les investisseurs européens qui sont bien contents d’avoir des majors pétrolières : TotalEnergies, Shell, BP Plc, Equinor, Eni, Repsol.

    Le véritable problème de l’Europe est d’unir leurs forces pour rattraper l’essentiel du retard face aux deux premières puissances économiques mondiales. La technologie est clairement le talon d’Achille à régler, bien que cela exige un travail de longue haleine et un changement de mentalité. Même si le Vieux Continent possède des champions comme ASML, BE SemiconductorSTMicorelectronics dans les semi-conducteurs, ainsi que SAP, NemetschekDassault Systemes dans les logiciels, la majorité des entreprises opèrent avec des outils d’origine américaine, notamment ceux de Microsoft et Adobe.

    Cette envie de souveraineté européenne ne date pas d’hier. Elle fait suite aux mesures protectionnistes du premier mandat présidentiel de Donald Trump à la Maison Blanche. Sa réélection, huit ans plus tard, a accéléré cette tendance plus par nécessité que la contrainte. Les entreprises européennes qui ont anticipé ce nouveau paradigme, sont plus robustes aujourd’hui.

    En conclusion, la souveraineté européenne devient une réalité difficile à ignorer pour les investisseurs dans un monde fracturé. Elle a certes connu des écueils pour des raisons complexes à cause d’un manque de coordination entre les pays de l’Union Européenne, ainsi que la montée du populisme qui pollue le débat. Cette tendance va au-delà de la défense, de la technologie et de l’énergie, car elle vise également l’alimentation, puis s’étend directement ou indirectement, vers d’autres thématiques comme la transition énergétique, le déploiement de l’IA et la lutte contre le réchauffement climatique. S’exposer à cette tendance de fond, c’est anticiper contre une baisse potentielle du dollar face à l’euro, alors que les États-Unis entreprennent une réindustrialisation susceptible de générer des pressions inflationnistes.





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