Les cours du pétrole poursuivent leur
ascension mardi alors que les opérateurs restent
préoccupés de l’absence de progrès dans les
négociations entre les Etats-Unis et l’Iran pour rouvrir le
détroit d’Ormuz. Les cours réagissent également à
l’annonce de la décision choc des Emirats arabes unis de se retirer
de l’Organisation des pays des producteurs de pétrole (OPEP) pour
mieux répondre aux nouvelles conditions de marché.
Vers 16h40, le contrat à terme sur le brut léger
américain (WTI) pour livraison en juin prenait 2,8%, à 99
dollars, tandis que le baril brent de même échéance
s’adjugeait 2,1% à Londres, à plus de 110 dollars.
Selon la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, le
président américain Donald Trump et son équipe de
sécurité nationale ont examiné lundi la proposition de
l’Iran de rouvrir le détroit d’Ormuz si les États-Unis
lèvent leur blocus des ports iraniens et mettent fin à la
guerre. « L’Iran vient de nous informer qu’il se trouve dans ‘un
état de crise’ et souhaite que nous ouvrions le détroit
d’Ormuz dès que possible, le temps qu’il clarifie sa situation au
niveau de sa direction », a indiqué mardi Donald Trump dans un
message sur son réseau social Truth Social. Mais d’après des
responsables américains, cités par le Wall Street Journal,
l’administration Trump serait sceptique quant à l’offre de
Téhéran.
Selon Maria Agustina Patti, stratégiste du courtier Exness, « les
désaccords persistants ont réduit les chances d’une
avancée à court terme, ce qui maintient l’attention des
marchés sur le risque de perturbations prolongées de
l’approvisionnement. Une part importante du pétrole brut et des
produits raffinés étant de fait limitée, le marché
reste structurellement tendu, ce qui renforce la pression à la
hausse sur les prix ».
Les opérateurs évaluent également l’annonce par les
Émirats arabes unis de leur intention de quitter l’OPEP à
compter du 1er mai, une décision qui, selon eux, leur permettra de
répondre à l’évolution de la demande.
« Cette décision fait suite à un examen approfondi de la
politique de production des Émirats arabes unis ainsi que de leurs
capacités actuelles et futures, et elle repose sur notre
intérêt national et notre engagement à contribuer
efficacement à répondre aux besoins urgents du marché », a
indiqué l’État du Golfe dans un communiqué.
Selon l’analyste géopolitique de Rystad Energy, Jorge Leon,
cité par le Wall Street Journal, la décision va priver le
cartel pétrolier de l’un des « piliers », doté d’une
capacité de 4,8 millions de barils par jour, et qui ambitionne de
produire davantage.
« L’Arabie saoudite se retrouve désormais à assumer une plus
grande part du travail difficile en matière de stabilité des
prix, et le marché perd l’un des rares amortisseurs qui lui
restaient », estime-t-il. Les Emirats arabes unis ont été en
moyenne le troisième producteur de pétrole de l’OPEP en volume
l’an dernier, derrière l’Arabie saoudite et l’Irak.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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