La Bourse de New York a fortement
dévissé vendredi, plombée par les valeurs technologiques
alors que les bons chiffres de l’emploi américain font redouter un
relèvement des taux d’intérêt de la Réserve
fédérale (Fed) pour contenir l’inflation.
L’indice Dow Jones s’est éloigné de son record historique de
la veille en perdant 1,4%, à 50.866,78 points, et le S&P 500 a
lâché 2,6%, à 7.383,94 points.
La remontée des taux de marché a accentué la correction
amorcée la veille sur les valeurs technologiques liées à
l’intelligence artificielle: le Nasdaq Composite a chuté de 4,2%,
à 25.709,43 points. Le rendement de l’obligation du Trésor
américain à deux ans bondit de 11 points de base (0,11 point
de pourcentage), à 4,16%.
Sur l’ensemble de la semaine, le Dow Jones a cédé 0,3%, le S&P
500 a reculé de 2,6% et le Nasdaq de 4,7%, soit sa plus mauvaise
semaine depuis plus d’un an.
L’économie américaine a créé davantage d’emplois que
prévu en mai, selon les statistiques officielles publiées
vendredi. Le département américain du Travail a fait part de
la création de 172.000 postes nets le mois dernier, soit presque
autant qu’en avril (179.000, en données révisées en
hausse).
Les économistes interrogés par le Wall Street Journal
s’attendaient à seulement 80.000 créations d’emplois en mai.
La confirmation d’un marché du travail toujours résistant,
dans le sillage d’indicateurs conjoncturels de bonne facture comme ceux
de l’ISM, conforte les investisseurs dans l’idée que la Fed sera
peu disposée à assouplir sa politique monétaire en raison
des craintes suscitées par l’inflation après la flambée
des cours du pétrole.
Jeudi soir, un haut responsable de la Fed a réaffirmé sa
conviction que l’inflation aux Etats-Unis était trop
élevée et que le choix de la banque centrale américaine
n’était désormais plus qu’entre une hausse des taux et un
maintien à leur niveau actuel, dans une fourchette de 3,50% à
3,75%. « La question est de savoir si nous devons relever les taux d’un
quart ou un demi[-point de pourcentage] et voir si nous ne pouvons pas
juguler ce phénomène » d’inflation, a indiqué le
président de la Fed de Kansas City, Jeff Schmid, à des
journalistes.
Le compartiment technologique avait déjà subi des prises a de
bénéfices jeudi, à la suite des prévisions moins
optimistes que prévu du fabricant de puces Broadcom. L’indice Dow
Jones avait néanmoins terminé la séance à un nouveau
sommet historique, soutenu par la progression des valeurs
financières et du secteur de la santé .
« Le climat s’est détérioré sur les marchés à
risque en Asie, et les actifs risqués sont indéniablement
considérés avec plus de circonspection. On se demande de plus
en plus sérieusement si certains des investissements phares de 2026
ont fait leur temps et sont mûrs pour une consolidation, et si ce
léger recul pourrait se transformer en une correction plus
marquée », souligne dans une note Chris Weston, le responsable de la
recherche de Pepperstone.
Sur le marché pétrolier, le brut poursuit sa décrue,
alors que les opérateurs espèrent des progrès dans les
négociations de paix entre les Etats-Unis et l’Iran après la
signature d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Liban. Le
contrat à terme sur le brut léger américain (WTI) a perdu
2,7%, à 90,54 dollars le baril.
Sur le marché des changes, l’indice DXY, qui mesure la valeur du
billet vert face à un panier de devises, a gagné 0,7%, à
100,07 points.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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