(Actualisation: précision sur les objectifs d’électrification
de la marque Renault, cours de Bourse)
(Agefi-Dow Jones)–Le constructeur automobile Renault a
présenté mardi son nouveau plan stratégique baptisé
« futuREady », qui doit structurer son développement industriel,
technologique et commercial à l’horizon 2030. Le groupe
réaffirme ainsi son engagement à rester solidement ancré
en Europe tout en plaçant l’électrique au centre de sa
stratégie.
« Devenir le constructeur européen de référence, c’est se
fixer l’ambition de développer et produire en Europe des produits
au meilleur niveau en termes de désirabilité, de technologies
et de compétitivité », a déclaré François
Provost, le directeur général de Renault, cité dans un
communiqué. « Dans un environnement plus compétitif que jamais,
cela suppose de savoir conjuguer performance et innovation avec
résilience et robustesse », a ajouté le dirigeant.
Ce programme doit prolonger la transformation engagée avec
« Renaulution », la feuille de route exécutée depuis 2021 pour
redresser la rentabilité du groupe au losange et renouveler sa
gamme de produits. Cette première phase s’est notamment traduite
par le lancement de 32 nouveaux modèles au cours des cinq
dernières années et par un repositionnement davantage
centré sur la création de valeur. Le nouveau plan « futuREady »
s’inscrit dans un contexte marqué par l’accélération de
l’électrification, la montée en puissance du logiciel dans
l’automobile et l’intensification de la concurrence internationale.
Sur le plan financier, Renault compte accroître son chiffre
d’affaires de 4% à 6% par an en moyenne entre 2026 et 2030. L’an
passé, ses revenus ont augmenté de 3% par rapport à 2024,
à 57,92 milliards d’euros. Le propriétaire des marques Renault,
Dacia et Alpine prévoit également de maintenir sa marge
opérationnelle entre 5% et 7% du chiffre d’affaires et dégager
un flux de trésorerie opérationnelle de l’automobile d’au
moins 1,5 milliard d’euros par an en moyenne sur la durée du plan.
La marge opérationnelle, qui constitue le principal indicateur de
rentabilité de Renault, s’est établie à 3,63 milliards
d’euros en 2025, soit 6,3% des ventes, tandis que le flux de
trésorerie opérationnelle de l’automobile est ressorti à
1,47 milliard d’euros.
+ Une nouvelle plateforme pour les véhicules électriques +
La stratégie « futuREady » s’articule autour de quatre axes
présentés par Renault comme ses piliers: « growth ready », « tech
ready », « excellence ready » et « trust ready ». Le premier d’entre eux,
« growth ready », concerne le développement commercial et l’offre de
véhicules. Renault projette de lancer 22 nouveaux véhicules en
Europe d’ici à 2030, dont 16 électriques, et 14 autres hors du
continent, soit un total de 36 nouveaux modèles. L’ambition de
l’industriel est de desservir 55% du marché automobile mondial, en
continuant d’ignorer les Etats-Unis, le Canada et la Chine pour mieux
développer ses activités sur trois pôles de croissance
majeurs: l’Amérique du Sud, l’Inde et la Corée du Sud. Le
marché que cible Renault représente environ 50 millions de
véhicules sur une base annuelle.
La stratégie mobilise les trois marques du groupe. D’ici à
2030, la griffe Renault prévoit de lancer 12 nouveaux modèles
en Europe et 14 à l’international, avec pour objectif de vendre
plus de deux millions de véhicules par an.
Contrairement à plusieurs de ses concurrents qui ont retardé
leur sortie des moteurs thermiques en raison d’un assouplissement des
normes européennes, le groupe mise toujours sur une
électrification rapide de sa marque au losange. « D’ici 2030, la
marque Renault vise 100% de ventes électrifiées [hybrides ou
électriques, ndlr] en Europe et 50% hors d’Europe », a-t-il
souligné.
Dacia doit poursuivre son développement sur des véhicules
à coût maîtrisé et renforcer sa présence sur le
segment C, celui des berlines et des SUV de grande taille, avec
l’ambition que les deux tiers de ses ventes portent sur des modèles
électrifiés à l’horizon 2030. Alpine doit pour sa part
élargir sa gamme avec une nouvelle génération de sa
mythique berlinette A110 et capitaliser sur les modèles A290 et
A390 pour conquérir de nouveaux clients. Le groupe prévoit
également de développer les revenus liés aux services
associés à ses véhicules, avec un objectif de
fidélisation de la clientèle de 80% sur un cycle de dix ans.
Le deuxième axe « tech ready » concerne l’évolution des
technologies utilisées par Renault. Le constructeur automobile
prévoit notamment le développement d’une nouvelle plateforme
de production de véhicules électriques, appelée RGEV
Medium 2.0, destinée aux modèles des segments C. Cette
architecture doit conférer aux véhicules électriques une
autonomie pouvant atteindre 750 kilomètres selon la norme WLTP et
jusqu’à 1.400 kilomètres pour des modèles
électrifiés dotés d’un prolongateur d’autonomie. Cette
nouvelle plateforme sera développée principalement en France
et permettra une réduction d’environ 40% du coût des
véhicules électriques par rapport à la
génération actuelle.
La plateforme RGEV Medium 2.0 doit intégrer une architecture
électrique de 800 volts, avec deux typologies de chimies de
batterie, et une architecture électronique centralisée de type
Software Defined Vehicle (SDV), c’est-à-dire de véhicule
conçu autour du logiciel, avec un système d’exploitation
embarqué développé en coopération avec Google.
Renault prévoit ainsi de devenir cette année, avec
l’utilitaire Trafic E-Tech, le premier constructeur automobile
européen à commercialiser un SDV sur le Vieux Continent.
+ L’importance des partenaires +
Avec l’initiative « excellence ready », le groupe entend renforcer son
efficacité opérationnelle afin de rivaliser avec les
constructeurs chinois en matière de coûts, de vitesse de
développement et d’innovation. Le programme « Leap 100 »,
destiné à réduire de moitié les délais de
développement des véhicules et récemment utilisé
pour concevoir Twingo E-Tech, devrait être appliqué à
tous les futurs modèles. Le groupe se concentrera sur la
performance dans la gestion des coûts variables et renforcera sa
discipline sur les coûts fixes avec une attention particulière
portée sur la productivité. Cette rigueur opérationnelle
à tous les niveaux permettra de réduire les coûts
variables par véhicule d’environ 400 euros par an en moyenne.
L’utilisation accrue de données industrielles et d’outils
d’intelligence artificielle dans les usines doit aussi permettre de
réduire de moitié les interruptions de production, de diminuer
la consommation d’énergie d’environ 25% et d’abaisser les
coûts de production d’environ 20%. Dans la chaîne logistique,
l’entreprise vise par ailleurs une réduction d’environ 30% de ses
coûts.
Enfin, le pilier « trust ready » du plan met l’accent sur les relations
avec les partenaires industriels et les autres parties prenantes de
Renault. L’alliance existante avec Nissan et Mitsubishi demeure un
élément central de cette organisation. En Europe, les
technologies et les capacités industrielles du groupe attirent
également Volvo Trucks et Ford Motors, tandis qu’à
l’international, l’Inde va se transformer en un véritable centre de
production et d’approvisionnement pour servir à la fois les
marchés locaux et mondiaux. En Corée du Sud et en
Amérique du Sud, Renault continuera de s’appuyer sur son
partenariat avec Geely. Si bien qu’à l’horizon 2030, Renault
prévoit d’assembler plus de 300.000 véhicules par an pour ces
cinq partenaires industriels sur trois continents.
Ces annonces ont été globalement bien accueillies par les
investisseurs. Vers 9h40, le titre Renault progressait de 2,7%, tandis
que l’indice Stoxx 600 Auto & Parts montait de 2,3%.
(François Schott a contribué à cet article)
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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