Chaque année, plusieurs dizaines de morts sont causées par les avalanches en France présentes dans environ 4 000 couloirs d’avalanches qui s’étendent sur plus de 500 communes françaises. Bien que spectaculaires, les avalanches font parties des catastrophes naturelles les moins meurtrières.
Malheureusement, les prévisions de ces dernières sont encore chancelantes. Les montagnes sont souvent bondées en hiver pour laisser place aux amateurs de ski, randonneurs et autres sports d’hiver. Il est donc important de connaître les dangers des environs.
Avalanche : définition

© Scientif38 / Wikimedia commons – Licence : CC BY-SA
Une avalanche est un déplacement rapide d’une masse de neige sur une pente provoquée par une rupture du manteau neigeux. La masse de neige peut être minime, quelques dizaines de mètres cube, ou bien aller jusqu’à des centaines de milliers de mètres cube. L’avalanche va aussi varier au niveau de sa vitesse, et cela dépendra aussi de la masse de neige déplacée et de la pente, elle pourra donc varier de 10 à 400 km/h ! Pour que l’avalanche ait lieu, il faut une pente comprise entre 30 et 55°. Il va exister trois types d’avalanches qui vont s’identifier selon le type de neige et les caractéristiques d’écoulement :
- l’avalanche de plaque : c’est la rupture et le glissement d’une plaque de neige généralement créée par le vent, sur une petite couche du manteau neigeux. Selon la cohésion de la neige dans la couche concernée, on pourra avoir des blocs de neige ou bien une plaque friable. Ce type d’avalanche sera dangereuse lorsque la plaque est dite sous le vent, car elle sera mal ancrée à la couche sous-jacente.
- l’avalanche en aérosol : elle résulte de l’accumulation intense de neige fraîche, légère et sèche telle que la poudreuse. Ce type d’avalanche peut aller très vite de 100 à 400 km/h et se fait à grande dimension en créant un épais nuage de neige.
- l’avalanche de neige humide : elle se crée en fin de saison hivernale avec le temps qui se réchauffe et les précipitations plus intense, ou avec une densification et humidification de la neige. Cette avalanche va entraîner l’ensemble du manteau neigeux mais elle sera lente, d’environ 20 km/h.
Avalanche en aérosol fin août 2021
Les causes des avalanches
Une avalanche peut se créer spontanément ou être engendrée par un agent extérieur (explosif, skieur). Il existe 2 facteurs fondamentaux au déclenchement de cette dernière :
- l’augmentation du poids du manteau neigeux par les chutes de neige, par la pluie ou bien d’origine extérieure (un skieur qui passe et augmente l’accumulation de neige).
- le climat : il va avoir un impact différent selon le paramètre considéré :
- la température : en saison hivernale, si il y a une longue période de chute de neige suivie d’une période froide, alors le manteau neigeux ne pourra se consolider. Tandis qu’une période chaude va permettre au manteau de se stabiliser. Néanmoins, si les températures augmentent ainsi que les précipitations, donc en période printanière, le manteau neigeux sera instable car la neige sera mouillée et donc plus lourde.
- Le vent : il va aussi jouer sur la stabilité du manteau neigeux car il va favoriser la formation de corniches ou de plaques, et donc favoriser le risque d’avalanche.
Selon une équipe de recherche de l’université d’Édimbourg en Écosse (Grande-Bretagne), la principale cause des avalanches est à rechercher dans des fractures en profondeur.
Nommées anti-fissures, ces fractures entraînent l’effondrement de la couche sous-jacente de neige. Cette déstructuration finit par entraîner le glissement des couches supérieures, et provoque donc une avalanche. Or, on pensait que les avalanches de plaques de neiges étaient causées par des fissures en cisaillement, lorsqu’une couche de neige glissait sur une autre.
Les moyens de protection contre les avalanches
Les avalanches font de nombreux dégâts, notamment à l’échelle humaine et les enjeux sont importants avec l’afflux des touristes en montagne l’hiver. En effet, ce qui peut être touché par ce phénomène sont les domaines skiables et hors-pistes, les habitations et les voies de communication. Pour lutter contre le risque de voir un de ces trois domaines détruits par une avalanche, des mesures doivent être mises en place.
La connaissance des avalanches précédentes et l’historique d’une zone considérée, la maîtrise de l’urbanisation (qui découle de ces connaissances) ainsi que les prévisions et l’information du citoyen sont les mesures à mettre en place dans chaque zone à risque.
A ce titre, une étude publiée fin mars 2026 dans Nature Communications compare deux avalanches récentes : Chamoli (Inde, 2021), qui a causé plus de 200 morts, et Blatten (Suisse, 2025), qui a détruit presque tout le village mais fait « seulement » une seule victime.
La différence tient surtout à la gestion du risque : en Suisse, la pente était surveillée et 300 habitants ont été évacués à temps. À Chamoli, aucune surveillance ni alerte n’était en place. Avec le réchauffement climatique qui déstabilise glaciers et pergélisol, ces risques augmentent. Les chercheurs recommandent des systèmes d’alerte et de surveillance intégrés, comme en Suisse, pour réduire les impacts.
Néanmoins, les mesures de sécurité ne permettent pas l’arrêt des avalanches c’est pourquoi il faut mettre en place des mesures de protection :
- mesures temporaires : banalisation d’une zone à risque et/ou déclenchement d’une avalanche artificielle à l’aide d’explosions contrôlées.
- mesures permanentes : ouvrages qui empêchent le départ, avec des filets ou des barrières par exemple, ou les effets des avalanches après déclenchement avec des ouvrages de déviations, freinage ou même d’arrêt.
De plus, chaque randonneur ou skieur de hors-piste, devrait se munir d’un appareil permettant de le localiser en cas d’avalanche : un appareil émetteur-récepteur d’aide à la recherche des victimes d’avalanche (ARVA).
Peut-on prévoir les avalanches ?
Les spécialistes en avalanche se basent sur leur connaissance de la topographie du terrain et les accumulations neigeuses pour évaluer les risques d’avalanches. Si le risque est avéré, les avalanches sont déclenchées de manière préventive, à l’aide d’exposifs ou de canons à gaz comprimé qui tirent de petites charges sur des pentes enneigées.
Ces dispositifs ne sont pas sans poser des problèmes de sécurité, c’est pourquoi des chercheurs ont développé en 2016 un nouvel outil de haute technologie équipé d’un système de balayage laser (lidar) qui cartographie en toute sécurité la profondeur de la neige en terrain escarpé (Jeffrey S.Deems et al. – Science Direct).

© J. Deems, NSIDC/CIRES/CU – Licence : Tous droits réservés
Les avalanches dans le monde et en France
Les avalanches les plus meurtrières en France
En France, les accidents sont aujourd’hui, dans plus de 95 % des cas, liés aux activités de loisirs, mais ils restent faibles (une trentaine de décès par an), comparativement au nombre d’usagers de la montagne.
Depuis 1971 et le début des statistiques de l’Association nationale d’étude de la neige et des avalanches (Anéna), environ 30 personnes perdent la vie chaque saison hivernale dans les avalanches.
Au cours de cette saison 2018/2019, seulement 10 personnes sont mortes en France, grâce à une météo qui a favorisé la stabilité du manteau neigeux.
| Date | Localisation | Victimes et dégâts |
|---|---|---|
| 1601 | Chèze et Saint-Martin (Pyrénées) | 107 morts, les deux villages totalement rasés |
| 1749 | Huez (Isère) | 38 à 130 morts selon les sources, la moitié du village détruite (estimation historique variable) |
| 1895 | Orlu (Pyrénées) | 15 morts |
| 10 février 1970 | Val d’Isère (Savoie) | 39 morts, 37 blessés, chalet UCPA balayé |
| 16 avril 1970 | Plateau d’Assy (Haute-Savoie) | 71 à 74 morts (dont de nombreux enfants), sanatorium partiellement détruit par une coulée de boue/neige |
| Février 1999 | Hameau de Montroc (Haute-Savoie) | 12 morts, 20 chalets détruits |
Les avalanches les plus meurtrières dans le monde
| Date | Localisation | Victimes et dégâts |
|---|---|---|
| 31 mai 1970 | Yungay, Pérou (avalanche du Huascarán déclenchée par un séisme) | Environ 20 000 à 25 000 morts (la plus meurtrière de l’histoire moderne) |
| 13 décembre 1916 | Monte Marmolada et Dolomites, Italie (White Friday) | Environ 2 000 à 10 000 soldats tués (série d’avalanches pendant la Première Guerre mondiale) |
| 10 janvier 1962 | Ranrahirca, Pérou (Huascarán) | Environ 4 000 morts |
| Février 2015 | Panjshir et autres provinces, Afghanistan | Environ 310 morts (série d’avalanches) |
| Janvier 1995 | Sudavik – Islande | 14 morts |
| 26 octobre 1995 | Flateyri – Islande | 20 morts, 30 maisons détruites |
| 23 février 1999 | Station de Galtür, Tyrol autrichien | 31 morts (plus 7 à Valzur le lendemain, total ~38 en Autriche cette semaine-là) |
| 20 septembre 2002 | Nijni Karmadon, Ossétie du Nord (sud de la Russie) | Environ 125 à 140 morts (dont 27 membres d’une équipe de tournage) |
| 18 janvier 2017 | Hôtel Rigopiano (Farindola, Abruzzes – Italie) | 29 morts, 11 blessés |
| 3 juillet 2022 | Glacier de la Marmolada, Dolomites (Italie) | 11 morts, 8 blessés (effondrement d’un sérac) |
| Janvier 2023 | Nyingchi, région autonome du Tibet (Chine) | 28 morts (groupe de travailleurs routiers) |
| 17 février 2026 | Castle Peak / Perry Peak, près de Lake Tahoe (Sierra Nevada, Californie – États-Unis) | 9 morts (skieurs et splitboarders en randonnée), 1 disparu initialement |
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