Mis à jour le
Autrefois inféodés aux régions du sud, des geckos, plus précisément des Tarentes de Maurétanie, sont rencontrées de plus en plus en plus au nord : des populations de cette espèce se sont notamment installées à Grenoble, Lyon, Bordeaux, Toulouse. Depuis 2025 leurs présences avaient aussi été découvertes et authentifiées en Région Centre Val de Loire et autour : notamment (mais pas que) en Indre, Indre-et-Loire, Loiret, Loir-et-Cher, Maine-et-Loire.
Aujourd’hui, dans le cadre d’un programme de sciences participatives, l’association AmphiRept porte à connaissance la présence de l’espèce rencontrée dans presque tous les départements de France avec la publication d’une carte nationale de France métropolitaine.
Le Gecko est l’une des rares espèces de reptiles locaux qui est en train d’élargir sa zone de répartition : cette espèce est bien connue des habitants du sud ainsi que des vacanciers, mais beaucoup moins dans d’autres régions plus au nord au sein desquelles elle est en train de s’installer.
Dans le sud de la France il y est habituel de l’observer, notamment et en particulier le soir venu en train de se nourrir d’insectes volants attirés par les luminaires extérieurs en façade des habitations.
Ce Gecko, plus précisément la Tarente de Maurétanie (Tarentola mauritanica), fait bel et bien partie de la faune française puisqu’elle est présente depuis déjà longtemps sur le pourtour méditerranéen.
A ce titre, comme tous les reptiles de France, elle est protégée et elle fait partie des espèces listées par l’arrêté ministériel du 8 janvier 2021 fixant « les listes des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection ».
Concernant leurs modalités d’arrivées, des observations multiples confirment les hypothèses sur la manière dont l’espèce étend son aire de répartition :
La tarente pond ses œufs dans la terre et certains sont transportés, de même que des individus, avec des plantes (avec le réchauffement climatique de plus en plus d’oliviers, agaves, cycas, …, sont transplantés de plus en plus au nord).
Ces végétaux sont notamment acheminés depuis le sud de l’Europe et les Geckos voyagent avec. Ce n’est pas la seule explication : Ce Gecko a la capacité de s’accrocher sur n’importe quel type de surface, notamment sur nos véhicules, voitures, trains, camions, nos bagages, nos colis, nos marchandises, et il voyage également de la sorte à l’occasion de nos transports et déplacements très nombreux.
Facilement reconnaissable avec ses caractéristiques ainsi que sa capacité à s’accrocher et évoluer sur tout type de surface, même lisse ou à l’envers sur les plafonds grâce aux pelotes adhésives sous ses pattes, l’espèce mesure une 15aine de centimètre à l’age adulte. Sa peau est parsemée de petites protubérances et elle est de couleurs variables du beige clair au brun sombre.
Les geckos parviennent à s’agripper sur presque toutes les surfaces grâce aux millions de soies microscopiques (appelées setae) présentes sous leurs doigts. Chaque soie se divise en milliers de nano-poils (spatules) qui épousent intimement les irrégularités de la surface. À cette échelle, ce ne sont pas des griffes ou une colle qui agissent, mais des forces de Van der Waals, c’est-à-dire des interactions atomiques entre les électrons des poils du gecko et ceux de la surface. Individuellement, ces forces sont minuscules, mais leur somme est énorme : un seul gecko peut porter plusieurs dizaines de kilos suspendu au plafond ! Ce phénomène explique qu’ils puissent coller et décoller leurs pattes instantanément, sans laisser de trace et sans effort chimique (Su, Y., Hou, X., Li, K. et al. Study on Microscopic Interfacial Mechanical Properties of the Gecko’s Foot Adhesion Mechanism. J Bionic Eng (2025)).
En plus de la Tarente de Maurétanie, une autre espèce de Gecko de la faune française, l’Hémidactyle verruqueux – Hemidactylus turcicus, a aussi été rencontré bien au-delà du pourtour méditerranéen, notamment en Corrèze (19) ou en Lorraine (54).
Afin de suivre l’espèce, AmphiRept en partenariat avec l’INPN l’Inventaire National du Patrimoine Naturel, a lancé et déploie, un programme de sciences participatives prenant la forme d’un AVIS DE RECHERCHE auquel chacun peut participer : Pour cela vous êtes invité à déposer vos photos ou vidéos avec information et localisation précise via le formulaire de l’enquête.
