Actualité publiée le 05/05/26 15:20
Les cours de l’or progressent mardi, alors que
la situation dans le détroit d’Ormuz semble connaître une
relative accalmie après la flambée de tensions de lundi.
Vers 15h, le contrat à terme sur l’or pour livraison en juin
gagnait 1%, à 4.578,10 dollars l’once, selon les données de
MarketWatch.
Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran est mis à rude
épreuve après que Téhéran a affirmé lundi avoir
tiré sur des navires de guerre américains et a violemment
perturbé une tentative américaine de rouvrir partiellement le
détroit d’Ormuz à la circulation. Une attaque de drones
iraniens a en outre provoqué lundi soir un incendie sur le site
pétrolier de Fujairah aux Emirats arabes unis, dont la situation
géographique permet à ce pays d’exporter son pétrole sans
passer par le détroit d’Ormuz. Ces événements n’ont
toutefois pas entraîné de nouvelle escalade entre les
belligérants mardi, ce qui fait refluer les cours du pétrole.
« L’or rebondit légèrement mardi, les rendements des bons du
Trésor [américain, ndlr] ayant quelque peu reculé, mais
le métal précieux est resté proche de ses plus bas
niveaux » depuis mars, souligne mardi dans une note Abdelaziz Albogdady,
responsable de la recherche marchés et de la stratégie fintech
chez FXEM. « Cette évolution fait suite à une baisse
enregistrée lors de la séance précédente [lundi,
ndlr], les investisseurs ayant dû composer avec l’intensification
des risques géopolitiques et leurs répercussions sur
l’inflation et les anticipations en matière de politique
monétaire », ajoute-t-il.
« L’intensification des tensions au Moyen-Orient, notamment la
recrudescence des incidents dans le détroit d’Ormuz, pourrait peser
sur les flux énergétiques, alimentant ainsi les craintes
d’inflation à l’échelle mondiale et soutenant les rendements
des bons du Trésor, ce qui pourrait maintenir l’or sous pression »,
prévient-il encore.
« Les investisseurs restent pris entre deux forces contraires: d’un
côté, la demande [de valeurs refuges] liée à la
guerre avec l’Iran, de l’autre la crainte d’une inflation durable
alimentée par l’énergie, qui continue de soutenir le
scénario de taux élevés plus longtemps », estime dans une
note mardi Jean-François Faure, président et fondateur
d’AuCoffre. Ce « tiraillement […] maintient les cours dans une zone de
grande nervosité », indique-t-il encore.
« Le métal jaune conserve son rôle de couverture
stratégique, mais il reste freiné par le maintien d’un
pétrole très élevé et par l’incertitude sur
l’orientation future de la Réserve fédérale. Le
marché estime qu’un ton plus accommodant de la banque centrale
[américaine, ndlr] pourrait redonner de l’air à l’or, mais
qu’à ce stade la pression inflationniste reste trop forte pour
justifier un repositionnement massif. L’or évolue donc dans une
logique de stabilisation défensive, davantage que dans un mouvement
de relance », commente Jean-François Faure.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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