Bouygues aborde 2026 avec une publication trimestrielle contrastée, mais plutôt rassurante sur le plan opérationnel. Le groupe a dégagé au premier trimestre un résultat opérationnel courant des activités de 77 millions d’euros, en progression de 8 millions sur un an et supérieur aux attentes des analystes. Cette performance intervient pourtant dans un contexte de chiffre d’affaires en léger recul, à 12,2 milliards d’euros, soit une baisse de 1,7 %.
Le principal moteur de cette résistance reste Equans. La filiale de services multitechniques, intégrée au groupe depuis 2022, confirme son rôle stratégique dans l’amélioration du profil de rentabilité de Bouygues. Son exposition aux infrastructures techniques, à l’efficacité énergétique et aux services aux entreprises apporte une dimension plus récurrente à un groupe historiquement très présent dans la construction, les médias et les télécoms.
À l’inverse, Bouygues Telecom apparaît plus sous pression. Le marché français reste très concurrentiel, avec une intensité commerciale élevée et des marges structurellement contraintes. Cette faiblesse relative rappelle que la diversification du groupe demeure un atout, mais qu’elle implique aussi des dynamiques très différentes selon les métiers.
Sur le plan des perspectives, le contrat ferroviaire remporté en Suède au sein du groupement Feronord constitue un signal positif. Estimé à environ 1,2 milliard d’euros, ce chantier lié au projet East Link renforce la visibilité internationale de Bouygues dans les infrastructures, même si son exécution ne devrait débuter qu’à partir de 2028.
Les principaux défis de Bouygues seront désormais de poursuivre l’intégration d’Equans, préserver les marges dans les télécoms, maintenir la discipline financière dans les grands projets et transformer son carnet de commandes en croissance rentable.
Si d’un point de vue technique le titre est toujours dans une attitude haussière moyen terme, la tendance de court terme est beaucoup plus hésitante depuis que l’action a connu un nouvel échec sur la zone de résistance des 53,5 euros.
La moyenne mobile à 20 jours s’est doucement retournée à la baisse et le titre revient tester sa droite de support oblique. Compte tenu de la valorisation qui tourne autour de 15 fois les bénéfices attendus, nous sommes méfiants et préférons rester à l’écart car le petit mouvement correctif draine quand même des volumes significatifs.
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