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    quels risques pour la santé ?


    Histoire des additifs alimentaires

    Il existe des centaines d’additifs. « Malgré leurs caractéristiques modernes, les additifs alimentaires sont employés depuis des siècles. La conservation des aliments a commencé quand l’homme a appris à protéger chaque récolte jusqu’à la récolte suivante et à conserver viande et poisson en les salant ou en les fumant.
    Les Égyptiens ont utilisé des colorants et des arômes pour augmenter l’attrait de certains produits alimentaires et les Romains ont eu recours au salpêtre (ou nitrate de potassium), aux épices et colorants pour la conservation et l’amélioration de l’apparence des aliments.
    De tout temps, les cuisiniers ont régulièrement employé la levure en tant qu’agent levant, des épaississants pour les sauces et colorants comme la cochenille pour transformer des matières premières de bonne qualité en des produits alimentaires sûrs, sains et agréables à manger. Le but de la cuisine traditionnelle n’est guère différent de celui des aliments préparés ou en conserve d’aujourd’hui. » (Conseil Européen de l’Information sur l’Alimentation – EUFIC).

    Toutefois, la révolution industrielle du XIXe siècle marque un tournant décisif : l’essor de la production alimentaire de masse et la nécessité de transporter les denrées sur de longues distances ont considérablement multiplié le recours aux additifs. C’est à cette époque qu’émergent les premières préoccupations sanitaires, notamment en France avec la loi du 1er août 1905 relative à la répression des fraudes dans la vente des marchandises, qui constitue l’un des premiers textes modernes de protection du consommateur en matière alimentaire.

    Puis, au XXe siècle, avec l’avènement de l’industrie agroalimentaire et la multiplication des produits ultra-transformés, le nombre d’additifs autorisés a fortement augmenté. Aujourd’hui, plus de 330 additifs sont autorisés dans l’Union européenne. Certains sont d’origine naturelle (extraits de plantes, minéraux), d’autres sont issus de la synthèse chimique. Et pourtant, certains additifs alimentaires sont risqués pour la santé…


    Additifs alimentaires : définition


    Les additifs alimentaires sont des substances qui, ajoutées en petite quantité, permettent notamment :

    • d’aider à la conservation en empêchant la présence et le développement de microorganismes indésirables (par exemple : moisissures ou bactéries responsables d’intoxications alimentaires) : on les appelle conservateurs. Les conservateurs peuvent être classés en deux grandes catégories : les conservateurs antimicrobiens et les conservateurs antioxydants. Cependant, de nombreux conservateurs, comme les sulfites utilisés dans le vin et les nitrates utilisés dans la viande, remplissent les deux fonctions ;
    • d’éviter ou de réduire les phénomènes d’oxydation qui provoquent entre autre le rancissement (altération des graisses exposées à l’air, à la lumière et à la chaleur) des matières grasses ou le brunissement des fruits et légumes coupés : on les appelle antioxydants. Ils sont souvent utilisés dans les fruits et légumes peu transformés comme les salades prêtes à l’emploi, les fruits frais coupés et les jus de fruits frais, où le brunissement est une préoccupation importante. L’acide ascorbique (E300) et l’acide citrique (E330) peuvent être utilisés pour prévenir le brunissement car ils inhibent une enzyme spécifique qui, en présence d’oxygène, crée des pigments bruns ;
    • d’améliorer la présentation ou la tenue : on les appelle agents de texture (émulsifiants, stabilisants, épaississants, gélifiants) ;
    • de rendre aux aliments, de renforcer ou de conférer une coloration : on les appelle colorants ;
    • de renforcer leur goût : on les appelle exhausteurs de goût. Les édulcorants apportent quant à eux un goût sucré sans les calories du sucre.

    D’après le Règlement (CE) n° 1333/2008 du Parlement européen et du Conseil (qui remplace et unifie les anciennes directives, dont la directive 89/107/CEE), « on entend par additif alimentaire toute substance habituellement non consommée comme aliment en soi et habituellement non utilisée comme ingrédient caractéristique dans l’alimentation, possédant ou non une valeur nutritive, et dont l’adjonction intentionnelle aux denrées alimentaires, dans un but technologique au stade de leur fabrication, transformation, préparation, traitement, conditionnement, transport ou entreposage, a pour effet, ou peut raisonnablement être estimée avoir pour effet, qu’elle devient elle-même ou que ses dérivés deviennent, directement ou indirectement, un composant des denrées alimentaires ».


    Le code utilisé est fixé au niveau européen. Il se compose de la lettre « E » suivie d’un numéro permettant d’identifier facilement la catégorie. Par exemple :

    • E1xx pour les colorants ;
    • E2xx pour les conservateurs ;
    • E3xx pour les agents antioxydants ;
    • E4xx pour les agents de texture (émulsifiants, stabilisants, épaississants, gélifiants) ;
    • E5xx pour les régulateurs d’acidité et antiagglomérants ;
    • E6xx pour les exhausteurs de goût ;
    • E9xx pour les édulcorants, agents d’enrobage, gaz d’emballage et autres additifs.


    Réglementation


    Au niveau international

    Il existe le Comité Conjoint d’Experts sur les Additifs alimentaires (JECFA, Joint FAO/OMS Expert Committee on Food Additives) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le JECFA établit des doses journalières acceptables (DJA) pour chaque additif évalué, qui servent de référence internationale pour les autorités nationales et régionales.

    Les additifs susceptibles d’être cancérogènes sont par ailleurs évalués par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). En juillet 2023, l’aspartame (E951) a été classé en groupe 2B (« peut-être cancérogène pour l’Homme »). Les viandes transformées, dont la conservation repose en grande partie sur les nitrites (E249, E250), ont quant à elles été classées en groupe 1 (cancérogène avéré pour l’Homme) par le CIRC en 2015, bien que cette classification porte sur la catégorie alimentaire dans son ensemble et non sur l’additif isolé.


    En Europe

    Le Règlement (CE) n° 1333/2008 du Parlement européen et du Conseil constitue le texte de référence en matière d’additifs alimentaires dans l’Union européenne, applicable également à la Norvège et à l’Islande via l’Accord sur l’Espace Économique Européen. Il a remplacé et unifié les anciennes directives.

    L’utilisation des additifs est strictement réglementée selon le principe dit « de listes positives » : ce qui n’est pas expressément autorisé est interdit.

    « Pour être autorisé, un additif alimentaire ne doit présenter, au vu des données scientifiques disponibles, aucun risque pour la santé des consommateurs au niveau d’utilisation envisagé. Par ailleurs, l’additif alimentaire doit répondre à un besoin technologique non susceptible d’être satisfait par d’autres moyens », précise l’EUFIC.

    L’évaluation scientifique de la sécurité des additifs relève de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA), et plus précisément de son groupe scientifique sur les additifs et les arômes alimentaires. Depuis 2010, l’EFSA a conduit un vaste programme de réévaluation systématique de tous les additifs autorisés avant 2009, conformément au Règlement (UE) n° 257/2010, programme achevé en 2020. Ces réévaluations ont conduit à plusieurs décisions importantes, dont l’interdiction du dioxyde de titane E171 en 2022 et l’abaissement des doses journalières acceptables pour plusieurs additifs phosphatés.

    Le Règlement prévoit que tous les additifs alimentaires doivent être soumis à une observation permanente et réévalués chaque fois que nécessaire, à la lumière des changements apportés aux conditions d’emploi et des nouvelles informations scientifiques disponibles.

    Par ailleurs, le principe de précaution (Article 7 du Règlement CE n° 178/2002) peut conduire les autorités à restreindre ou interdire temporairement un additif même en l’absence de preuve scientifique définitive de dangerosité, lorsque des risques potentiels sont identifiés.

    Les additifs risquant d’être cancérogènes sont évalués par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). À ce jour, plusieurs additifs ou catégories alimentaires auxquels ils sont associés ont été classés dans les groupes 2A ou 2B du CIRC, et les viandes transformées (contenant des nitrites) figurent en groupe 1 depuis 2015.


    En France

    En France, l’étiquetage des additifs est régi par le Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (dit règlement FIC), qui impose leur mention sur l’étiquette : soit en clair (par exemple : « poudre à lever : bicarbonate de sodium ») ; soit à l’aide d’un code précédé du nom de la catégorie (par exemple : « colorant : E 102 »).

    C’est la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) qui contrôle la présence des additifs dans les produits alimentaires, en coordination avec la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) et l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), qui peut émettre des avis scientifiques indépendants sur les risques liés aux additifs.

    La plupart des additifs ne peuvent être utilisés que dans des quantités limitées dans certaines denrées alimentaires. Si aucune limite quantitative n’est prévue pour l’utilisation d’un additif alimentaire, il doit être utilisé selon la bonne pratique de fabrication (qs), c’est-à-dire seulement autant que nécessaire pour réaliser l’effet technologique désiré. De plus, les additifs alimentaires ne peuvent être autorisés que si :

    • il y a une nécessité technologique avérée de les utiliser ;
    • ils n’induisent pas le consommateur en erreur ;
    • ils ne présentent aucun risque pour la santé du consommateur.

    Pour aider les consommateurs à identifier les additifs problématiques au quotidien, des outils pratiques existent comme Open Food Facts (base de données collaborative et open source), ou encore le classement NOVA, qui évalue le degré de transformation des aliments et permet d’identifier indirectement la présence d’additifs dans les produits ultra-transformés.

    Les produits bio peuvent-ils contenir des additifs alimentaires ?
    Oui, mais en quantité et en variété beaucoup plus limitées que les produits conventionnels. La réglementation de l’Agriculture biologique de l’Union européenne autorise seulement certains additifs jugés nécessaires à la fabrication ou à la conservation des aliments, comme la pectine, l’agar-agar ou le bicarbonate de sodium. En revanche, de nombreux colorants, édulcorants et additifs artificiels sont interdits. Ainsi, un produit bio n’est pas forcément “sans additifs”, mais il contient généralement des ingrédients plus simples et moins transformés.


    Additifs alimentaires : risques pour la santé


    colorants© C. Magdelaine / notre-planete.info

    De plus en plus d’études confirment l’association entre une consommation plus élevée d’aliments contenant certains additifs — colorants et conservateurs — et une augmentation du risque de cancer, de diabète de type 2, d’hypertension ou encore de maladies cardiovasculaires. C’est ce que démontrent trois nouvelles études de l’Inserm publiées en mai 2026 :

    • les colorants alimentaires sont associés à une augmentation de 38 % du risque de diabète de type 2 chez les plus forts consommateurs, comparé aux plus faiblement exposés. Parmi les différents types de colorants, les caramels étaient associés à une augmentation de 43 % tandis que les colorants caroténoïdes (E160) à une augmentation de 39 % ; le bêta-carotène (additif alimentaire, E160a) à une augmentation de 44 % ; le caramel ordinaire (E150a) à une augmentation de 46 % ; la curcumine (E100) à une augmentation de 49 % et les anthocyanes (E163) à une augmentation de 40 % du risque de diabète de type 2 ;
    • Les colorants alimentaires sont associés à une augmentation de 14 % du risque de cancer global, à une augmentation de 21 % du risque de cancer du sein et à une augmentation de 32 % du risque de cancer du sein post-ménopausique. Certains colorants pris individuellement ont également été associés à des surrisques : le bêta-carotène (additif alimentaire, E160a) était associé à une augmentation de 16 % du risque de cancer global et de 41 % du risque de cancer du sein ; le caramel ordinaire (E150a) était associé à une augmentation de 15 % du risque de cancer global.
    • Les conservateurs sont associés à une augmentation de 24 % du risque d’hypertension chez les plus forts consommateurs comparé aux plus faiblement exposés ; les conservateurs non-antioxydants à une augmentation de 29 % du risque d’hypertension et de 16 % du risque de maladies cardiovasculaires ; les conservateurs antioxydants à une augmentation de 22 % du risque d’hypertension. Parmi les 17 conservateurs alimentaires individuels consommés, huit étaient associés à une incidence plus élevée d’hypertension (dont le sorbate de potassium, E202 ; +39 %) et l’acide citrique (E330 ; +25 %) et un à une incidence plus élevée de maladies cardiovasculaires (acide ascorbique (E300 ; +15 %).

    Une étude britannique aurait établi un lien, chez les enfants âgés de 3 ans environ, entre le risque d’hyperactivité et l’ingestion d’aliments contenant des additifs comme l’acide benzoïque. L’hyperactivité se traduit par une incapacité à rester en place, à se concentrer et une impulsivité. En France, 3 à 5% des enfants souffrent d’hyperactivité (Archives of Disease in Childhood, 06/2004).

    Certains additifs, pourtant autorisés, sont reconnus comme potentiellement cancérigènes. Il s’agit « de colorants : E123, E131, E142 ; de conservateurs : les dérivés benzoïques E210 à 219 et les dérivés nitrés E249 à 252 ; avec des doutes pour certains édulcolorants » (L. Le Goff, Médecines et alimentation du futur, 09/2009).

    Une liste anonyme sur les méfaits des additifs alimentaires circula en 1976 sous le nom – abusif – de tract de Villejuif, ses recommandations sont sans fondements scientifiques, il ne faut donc pas en tenir compte.


    Liste des additifs alimentaires à éviter (non exhaustive)


    Colorants alimentaires à éviter



    Colorant Nom Risques sur la santé Produits concernés
    E100 Curcumine Globalement considérée comme anti-inflammatoire. À fortes doses augmentation du risque de diabète de type 2. Moutardes, currys, margarines, fromages colorés, confiseries, certains compléments alimentaires
    E102 Tartrazine Risque d’effets indésirables sur l’activité des enfants : favorise le syndrome d’hyperactivité. Ces six colorants (dits « colorants de Southampton ») portent obligatoirement un avertissement sur les étiquettes dans l’UE depuis 2010. (McCann et al., The Lancet, 2007 ; EFSA, 2009) Sodas, confiseries, chips et snacks colorés, boissons énergétiques, bonbons, pâtisseries industrielles, cornichons, certains médicaments (sirops, enrobages de comprimés)
    E104 Jaune de quinoléine
    E110 Jaune orangé S
    E122 Carmoisine (Azorubine)
    E124 Rouge cochenille A
    E129 Rouge allura AC
    E150a Caramel ordinaire Peut contribuer à une élévation de la glycémie en cas de consommation excessive. A forte dose, peut augmenter le risque de cancer. Bières, vinaigres, sauces soja, spiritueux, biscuits industriels
    E150b Caramel de sulfite caustique Peut contribuer à une élévation de la glycémie en cas de consommation excessive. A forte dose, peut augmenter le risque de cancer. Certains whiskies, vinaigres, bières brunes
    E150c Caramel ammoniacal Potentiellement cancérigène à cause de son composé le 4-méthylimidazole (4-MEI). Pourrait affecter le système immunitaire. (CIRC ; NTP 2007 Sodas : le colorant E150 est-il cancérigène ? — Le Huffington Post) Sodas type cola (cola classique et light), bières brunes, certaines sauces, biscuits industriels
    E150d Caramel au sulfite d’ammonium
    E160a Bêta-carotène À fortes doses sous forme de compléments alimentaires, associé à une augmentation du risque de cancer du poumon chez les fumeurs (études ATBC, 1994 et CARET, 1996). À fortes doses augmentation du risque de diabète de type 2. Margarines, beurres colorés, fromages industriels, jus d’orange, aliments pour nourrissons, compléments alimentaires
    E163 Anthocyanes Pigments végétaux aux propriétés antioxydantes généralement considérées comme bénéfiques pour la santé. À fortes doses augmentation du risque de diabète de type 2. Confitures, yaourts, jus de fruits rouges, bonbons, certaines boissons colorées
    E171 Dioxyde de titane (TiO2) À l’échelle nanoscopique, le TiO2 présente des impacts sur la santé (cancérigène possible, stress oxydant, inflammation pulmonaire, atteintes au cerveau). Interdit dans l’Union européenne depuis août 2022 (Règlement UE 2022/63). Peut encore être présent dans des produits importés hors UE. (nanoparticules de dioxyde de titane et danger pour la santé) Confiseries, chewing-gums, pâtisseries enrobées (produits hors UE), enrobages de médicaments et comprimés, cosmétiques (crèmes solaires, fonds de teint, maquillage)
    E172 Hydroxydes de fer Nanoparticules pouvant être préjudiciables pour la santé selon certaines études. Olives noires en conserve, saumon fumé, enrobages de fromages, gélules et comprimés colorés (médicaments et compléments alimentaires)
    E173 Aluminium Potentiellement toxique pour les cellules nerveuses. Impliqué dans les maladies d’Alzheimer et de Parkinson. Interdit dans de nombreux pays (Australie, Canada, États-Unis…). Décorations sucrées de pâtisseries (dragées argentées), certains enrobages de confiseries, antiacides et certains médicaments, déodorants et cosmétiques (sels d’aluminium)


    Conservateurs alimentaires à éviter



    Conservateur Nom Risques sur la santé Produits concernés
    E202 Sorbate de potassium Favorise l’hypertension. Peut provoquer des irritations cutanées et, selon certaines études in vitro, présente une activité génotoxique. Fromages, vins, fruits secs, pâtisseries industrielles, margarines, olives en conserve, certains cosmétiques (crèmes, lotions)
    E210 à E213 Acide benzoïque et ses dérivés Susceptible de déclencher des crises d’asthme chez les individus sensibles (EFSA). En présence de vitamine C (E300), peut former du benzène, substance cancérigène avérée. Sodas, jus de fruits industriels, cornichons, marinades, certaines sauces et condiments, sirops médicamenteux
    E211 Benzoate de sodium Allergène responsable de cas d’hyperactivité chez les enfants. Peut former des composés cancérigènes en présence d’acide ascorbique (ARTAC, France). Particulièrement présent dans les boissons très consommées par les enfants. Sodas, boissons énergétiques, sirops de fruits, condiments, sauces industrielles, certains médicaments et cosmétiques (conservateur)
    E214 Éthylparabène (4-hydroxybenzoate d’éthyle) Composés de la famille des parabènes, perturbateurs endocriniens suspectés d’être cancérigènes. Plusieurs sont désormais interdits ou fortement restreints en cosmétique dans l’UE. Leur présence dans l’alimentation reste préoccupante. Pâtisseries industrielles à longue conservation, sauces, margarines, produits de boulangerie emballés ; et surtout : cosmétiques (crèmes hydratantes, shampoings, lotions, dentifrices, maquillage), médicaments (sirops, pommades, collyres, solutions injectables)
    E215 Éthyl p-hydroxybenzoate de sodium
    E216 Propylparabène (4-hydroxybenzoate de propyle)
    E217 Propyl p-hydroxybenzoate de sodium
    E218 Méthylparabène (4-hydroxybenzoate de méthyle)
    E219 Méthyl p-hydroxybenzoate de sodium
    E220 à E228 Sulfites inorganiques Susceptibles de déclencher des crises d’asthme chez les individus sensibles (EFSA). Doivent être obligatoirement mentionnés sur les étiquettes au-delà de 10 mg/kg ou mg/l. Vins, fruits secs (abricots, raisins secs), jus de fruits, bières, crustacés, certaines charcuteries, certains médicaments (conservateur dans solutions injectables)
    E249 Nitrite de potassium Entrave le transport de l’oxygène par le sang, peut entraîner des difficultés respiratoires, favorise les allergies, détruit les vitamines A, B1 et B2. Peut former des nitrosamines cancérigènes. Attention ! Autorisé dans les produits BIO (en quantités réduites). Charcuteries, viandes transformées, certains fromages
    E250 Nitrite de sodium Présent dans pratiquement toutes les charcuteries, où il se combine avec les protéines de la viande pour donner des nitrosamines hautement cancérigènes. Les viandes transformées sont classées cancérigènes de groupe 1 par le CIRC (2015). Attention ! Autorisé dans les produits BIO (en quantités réduites). Jambon, lardons, bacon, saucisson, saucisses, pâté, mortadelle
    E251 Nitrate de sodium Cancérigène. Les nitrates se transforment en nitrites dans l’organisme, avec les mêmes effets délétères. (CIRC ; IARC Monographs Vol. 94) Charcuteries, fromages à pâte cuite (emmental, comté), certaines conserves de viande
    E252 Nitrate de potassium (salpêtre)
    E280 Acide propionique Induit des changements comportementaux chez les rats de laboratoire : hyperactivité et perte de la sociabilité. Soupçonné de contribuer à la régression autistique (MacFabe et al., 2007). Pains emballés à longue conservation, produits de boulangerie industriels, certains fromages
    E300 Acide ascorbique (vitamine C) Généralement bien toléré à doses alimentaires normales (c’est la vitamine C). À très fortes doses sous forme de compléments, des effets cardiovasculaires ont été observés. Très répandu comme conservateur et antioxydant : jus de fruits, conserves, charcuteries, produits de boulangerie industriels, boissons, compléments alimentaires, certains médicaments
    E330 Acide citrique Naturellement présent dans les agrumes. À doses alimentaires, les risques sont limités. Peut contribuer à l’érosion de l’émail dentaire en cas de consommation excessive. Risque d’incidence plus élevée d’hypertension. Sodas, confiseries, confitures, conserves, produits laitiers fermentés, sauces industrielles, cosmétiques (régulateur de pH dans crèmes et shampoings), médicaments effervescents


    Agents anti-oxygène à éviter



    Agents anti-oxygène Nom Risques sur la santé Produits concernés
    E320 Butylhydroxyanisole (BHA) Cancérigène possible selon le CIRC et perturbateur endocrinien. Difficile à biodégrader et fort potentiel de bioaccumulation dans l’environnement. Interdit dans plusieurs pays (Japon, Australie). Chips, huiles et graisses végétales, soupes instantanées, beurre de cacahuète, snacks salés, cosmétiques (rouges à lèvres, crèmes hydratantes)
    E321 Butylhydroxytoluène (BHT) Classé « cancérogène possible pour les humains » par le CIRC/OMS. Peut provoquer des allergies cutanées et digestives. Suspecté de favoriser le dépôt de graisses dans les artères chez certaines personnes. Chips, céréales de petit-déjeuner, chewing-gums, aliments frits industriels, huiles végétales raffinées, cosmétiques (crèmes anti-âge, produits capillaires)
    E324 Éthoxyquine Pesticide utilisé comme antioxydant dans l’alimentation du bétail et des poissons d’élevage. Considéré comme toxique. Interdit dans l’alimentation humaine directe dans l’UE depuis 2011, mais peut contaminer les poissons d’élevage consommés (notamment le saumon). Saumon d’élevage et autres poissons gras d’élevage (par contamination via l’alimentation animale), aliments pour animaux de compagnie


    Agents de texture à éviter



    Agents de texture Nom Risques sur la santé Produits concernés
    E441 Gélatine « 80 % de la production en Europe provient de couennes de porcs. 15 % provient de peaux de bovins, et plus particulièrement de la fine couche située entre la peau et le tissu sous-cutané et contenant du collagène. Les 5 % restants proviennent d’os de porcs et de bovins, de volailles et de poissons », détaille l’association Gelatine Manufacturers of Europe (GME), qui regroupe les principaux producteurs européens de gélatine.
    A bannir pour tous ceux qui sont végés ou qui évitent soigneusement les déchets alimentaires provenant des animaux, ainsi que pour les personnes soumises à des restrictions religieuses (halal, casher).
    Bonbons gélifiés, guimauves, certains yaourts, aspics, desserts gélifiés, mousses industrielles, gélules et capsules médicamenteuses, compléments alimentaires en capsule, certains films photographiques
    E433 Polysorbate 80 (monoléate de polyoxyéthylène sorbitane) Des études sur des souris (Chassaing et al., Nature, 2015) suggèrent qu’il altère le microbiote intestinal, favorise l’inflammation et pourrait augmenter le risque de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) et de syndrome métabolique. Crèmes glacées, produits de boulangerie industriels, mayonnaises, sauces émulsifiées, médicaments (excipient dans solutions injectables et formes orales), cosmétiques (émulsifiant dans crèmes et lotions)
    E466 Carboxyméthylcellulose (CMC) Altère le microbiote intestinal et favorise l’inflammation chronique selon des études récentes (Chassaing et al., Nature, 2015 ; Viennois et al., Cancer Res., 2017). Peut augmenter la perméabilité intestinale et le risque de MICI. Produits laitiers allégés, sauces industrielles, pâtisseries, produits sans gluten, surimi, glaces, médicaments (laxatifs, collyres, comprimés à libération prolongée), dentifrices


    Autres additifs à éviter



    Additifs Nom Risques sur la santé Produits concernés
    E407 Carraghénane Pourrait favoriser le développement de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, d’ulcères et augmenter les niveaux de sucre dans le sang (Wagner et al., BMC Med, 2024). Produits laitiers (crèmes, flans), laits infantiles, crèmes glacées, charcuteries, laits végétaux (amande, soja, avoine), médicaments (excipient), cosmétiques (gels, crèmes, lotions)
    E450 Diphosphates L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) notait en 2013 les risques pour la santé (principalement cardiovasculaires) d’une surconsommation de phosphates. En juin 2019, elle a durci la dose journalière acceptable de phosphate dans notre alimentation, en soulignant qu’il y avait un risque de dépassement de cette limite pour les adolescents et les enfants. Viandes transformées, fromages fondus, poudres levantes, produits de boulangerie industriels, jambons cuits, médicaments (antiacides, certains comprimés effervescents)
    E551 Dioxyde de silicium Cet additif alimentaire courant sous forme de nanoparticules, pourrait favoriser le développement de la maladie cœliaque chez les personnes génétiquement prédisposées (Environmental Health Perspectives, 02/2024). Mélanges d’épices, fromages râpés en sachet, potages instantanés, compléments alimentaires en poudre, comprimés et gélules (anti-agglomérant très répandu), cosmétiques (poudres de maquillage, talcs, fonds de teint)
    E621 Glutamate monosodique (MSG) Lié à des troubles neurologiques tels que la migraine, la maladie d’Alzheimer, la perte de contrôle de l’appétit, l’obésité et d’autres maux. Plats préparés, chips et snacks salés, soupes instantanées, assaisonnements, sauces asiatiques, fast-food
    E900 Diméthylpolysiloxane (PDMS) A fortes doses, possibles effets sur le foie ou le système digestif. Huiles de friture industrielles (fast-food), chewing-gums, confiseries, certains jus de fruits, cosmétiques (silicones dans shampoings, après-shampoings, crèmes, maquillage)
    E950 Acésulfame-K (acésulfame de potassium) Cancérigène possible selon des études sur rongeurs. Pourrait perturber le microbiote intestinal et altérer la tolérance au glucose. L’EFSA a réévalué sa sécurité en 2021 sans conclure à un risque avéré, mais des incertitudes demeurent. Sodas « light » et « zéro », chewing-gums, yaourts allégés, confiseries sans sucre, médicaments sucrés (sirops, comprimés effervescents, sachets), compléments alimentaires
    E951 Aspartame Cet édulcorant artificiel remplace le sucre dans plus de 2 500 produits dits « light ». Il a été classé en juillet 2023 comme « peut-être cancérogène pour l’Homme » par le CIRC (groupe 2B). L’JECFA maintient que les doses journalières acceptables ne posent pas de risque pour la plupart des consommateurs, mais le débat scientifique reste ouvert. Sodas « light » (cola light, limonades allégées), chewing-gums, produits allégés en sucre, médicaments et compléments alimentaires (aromatisant dans sirops, comprimés à croquer, sachets de poudre à diluer)
    E955 Sucralose Altèrerait le microbiote intestinal et pourrait réduire la réponse insulinique. Une étude récente (Schiffman et al., J. Toxicol. Environ. Health, 2023) suggère un potentiel génotoxique nécessitant des investigations complémentaires. Produits allégés, sodas « zéro sucre », yaourts allégés, sauces industrielles, chewing-gums, médicaments et compléments alimentaires (sirops, comprimés à croquer, sachets)


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