More
    AccueilStrategyVedette🔊 Comment expliquer ces étranges et puissants bruits non identifiés ou "hum"...

    🔊 Comment expliquer ces étranges et puissants bruits non identifiés ou « hum » entendus à travers le monde ?


    344 K lectures / 92 réactions Mis à jour le

    volcans-Indonesie-nuages
    Chaîne de volcans indonésiens
    © Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info – Licence : Tous droits réservés

    Depuis quelques décennies, d’étranges sons, puissants et envahissants se font entendre dans différentes localités du monde. Début 2016, ils ont été perçus très clairement au Maroc, sans que des explications convaincantes et sérieuses puissent être fournies. Nous avançons prudemment quelques hypothèses face à ces Bruits Non Identifiés (BNI).

    On les appelle « hum », ces sons singuliers, de basse fréquence, persistants et envahissants, qui ressemblent à une sirène ou un bourdonnement rappelant un puissant moteur diesel qui tournerait au ralenti et à intervalle régulier dans le lointain.

    Ces phénomènes encore partiellement inexpliqués ont été évoqués dès le 19e siècle, notamment durant la Révolution industrielle où certains témoignaient d’un « bourdonnement constant, comme celui produit par une gigantesque nuée d’abeilles ». Ils sont de plus en plus documentés depuis la fin des années 1970. Ils ont été entendus massivement dans plusieurs localités dans le monde :


















    Période Lieu Description du son Fréquence estimée Particularités Statut
    1979 (signalements dès les années 1970) Bristol, Angleterre Grondement régulier, comparable à un moteur diesel au ralenti ou à un tonnerre lointain Basses fréquences (non précisé) Premier cas massivement documenté ; environ 800 résidents touchés. Plus perceptible la nuit et à l’intérieur des bâtiments. Certains habitants l’entendent encore aujourd’hui. ⚠️ Non résolu
    Années 1980 Largs, Écosse Bourdonnement grave persistant Basses fréquences (non précisé) Zone côtière ; l’une des premières occurrences écossaises documentées. ⚠️ Non résolu
    Depuis le début des années 1990 Taos, Nouveau-Mexique, États-Unis Grondement sourd et continu, semblable à un moteur diesel lointain Basses fréquences (non précisé) Étudié par Los Alamos National Laboratory, l’Université du Nouveau-Mexique et Sandia National Laboratories sans conclusion. Perçu principalement à l’intérieur ; entendu dans une zone sans activité sismique notable. Cas de référence mondial. ⚠️ Non résolu
    1999 Kokomo, Indiana, États-Unis Grondement grave et constant, décrit comme « un train diesel qui tourne au ralenti » ~10 Hz et ~36 Hz Source partiellement identifiée : un ventilateur de refroidissement de l’usine DaimlerChrysler (~36 Hz) et des compresseurs de Haynes International (~10 Hz). Des ajustements techniques ont réduit les niveaux, mais les plaintes ont persisté chez certains résidents. Effets : maux de tête, nausées, diarrhées, saignements de nez. 🔶 Partiellement résolu
    2001 Whitehall, South Yorkshire, Angleterre Bourdonnement grave persistant Basses fréquences (non précisé) Signalements localisés dans une zone résidentielle et industrielle du nord de l’Angleterre. ⚠️ Non résolu
    2006 Auckland North Shore, Nouvelle-Zélande Vibration grave et continue, comparable à un moteur diesel Basses fréquences (non précisé) Signalements concentrés sur la rive nord de la ville d’Auckland. Perçu principalement la nuit et à l’intérieur. ⚠️ Non résolu
    2009 Bondi, Australie Bourdonnement plus aigu que les autres hum, désigné sous le terme « buzz » (bourdonnement vif) Basses-moyennes fréquences (non précisé) Sa dénomination distincte (« Buzz » plutôt que « Hum ») reflète une tonalité perçue légèrement différente des cas britanniques ou américains. ⚠️ Non résolu
    Depuis 2010 Windsor, Ontario, Canada Vibration grave de très basse fréquence, capable de faire trembler les fenêtres et les objets accrochés aux murs ~35 Hz Cas le mieux documenté et le seul résolu à grande échelle. Attribué aux hauts fourneaux de l’usine U.S. Steel sur l’île Zug (Michigan, États-Unis). Arrêt des opérations en avril 2020 (pandémie de Covid-19) → disparition quasi immédiate du hum. Effets : troubles du sommeil, céphalées, nausées, stress chronique. ✅ Résolu (2020)
    Janvier 2012 Belgique, New York, Suisse, Canada, Costa Rica Bourdonnement ou grondement grave, parfois comparé à une trompette ou à un son métallique lointain Basses fréquences (non précisé) Épisode notable pour sa simultanéité sur plusieurs continents. De nombreuses vidéos amateurs ont été mises en ligne. Activité solaire faible à cette période (absence de CME), écartant partiellement la piste atmosphérique solaire. ⚠️ Non résolu
    Décembre 2012 Concklin, Alberta, Canada Grondement sourd et rythmique, semblant provenir du sol Basses fréquences (non précisé) Zone de prospection pétrolière et gazière active ; hypothèse de forages ou d’activité industrielle souterraine avancée sans confirmation. ⚠️ Non résolu
    Janvier 2016 Casablanca, Tanger, Agadir, Oujda, Berkane, Al Hoceïma (Maroc) Son grave et régulier présentant des similitudes frappantes avec les enregistrements de 2012 Basses fréquences (non précisé) Entendu simultanément dans plusieurs villes marocaines les 4 et 5 janvier 2016. Un séisme de magnitude 6 a été enregistré dans le détroit de Gibraltar le 25 janvier suivant, soulevant une éventuelle relation de cause à effet. ⚠️ Non résolu
    Été–automne 2016 Détroit de Fury et Hecla, Grand Nord canadien (Nunavut) Son grave semblant émerger des profondeurs de l’océan Arctique Basses fréquences (non précisé) Signalé par des chasseurs inuits à environ 100 km du hameau d’Igloolik. Assez puissant pour faire fuir la faune locale. Le ministère de la Défense nationale canadien a ouvert une enquête sans parvenir à une conclusion officielle. ⚠️ Non résolu
    2020 Golden Gate Bridge, San Francisco, Californie, États-Unis Sifflement-bourdonnement mélodique et continu, parfois comparé à une note de musique tenue Audible (fréquence musicale basse) Cas d’origine parfaitement identifiée : de nouveaux garde-corps anti-vent à profil en aluminium, installés lors de la rénovation du pont, créent un effet aérodynamique générant le son sous certaines conditions de vent. Exemple d’acoustique architecturale involontaire. ✅ Résolu (cause identifiée)
    2024 District de Sunset, San Francisco, États-Unis ; France (plusieurs localités) Grondement de moteur grave débutant en soirée et se poursuivant toute la nuit Basses fréquences (non précisé) En France, une résidente témoigne avoir été réveillée dès janvier 2024 par un « bruit de moteur qui ne s’arrête pas » à partir de 23h. Les pompes à chaleur, la ventilation industrielle et les transformateurs électriques sont suspectés. Enquêtes en cours. 🔍 En cours d’investigation

    2 à 4 % des personnes entendraient ces bruits étranges, notamment recensés dans la base de données cartographique du projet World Hum Map. La base de données compte désormais plusieurs dizaines de milliers de témoignages, bien que l’on ne sache toujours pas distinguer avec certitude ce qui relève du vrai hum, de problèmes auditifs ou de troubles psychiatriques.

    Cependant, les effets rapportés sur la santé sont significatifs : troubles du sommeil chroniques, maux de tête, nausées, saignements de nez et stress intense — 86 % des personnes touchées décrivent ce son comme profondément éprouvant. Au Royaume-Uni, plusieurs suicides ont même été attribués au hum.

    Si leur origine reste en grande partie inconnue, les hypothèses ne manquent pas, des plus rationnelles : phénomènes géologiques ou atmosphériques, infrasons provenant de processus industriels, prospection pétrolière / gazière, forages, fuite de tuyaux, sirène, chute de météores, antennes de téléphonie, éoliennes, pompes à chaleur, communications en basse fréquence des sous-marins, projet HAARP, chantiers, remise en état du ballast des voies ferrées… Aux plus fantastiques voire farfelues : signaux extra-terrestres à l’instar des premiers instants du film la Guerre des Mondes (2005) de Steven Spielberg, migrations des animaux marins, gémissements de notre planète à l’agonie, trompettes divines, accouplement de créatures sous-marines…

    Hum de 2012

    En janvier 2012, de nombreux hum ont été entendus en Amérique : du Costa Rica au Canada.

    Compilation des hum enregistrés en 2012

    Hum de janvier 2016 en Afrique du Nord

    Les 4 et 5 janvier 2016, des sons similaires ont été entendus dans plusieurs villes du Maroc : Casablanca, Tanger, Agadir, Oujda, Berkane, El Houssima… De nombreux messages sont apparus sur les réseaux sociaux et les blogs pour en parler, mais là encore, aucune explication n’a été fournie.

    Notons la relative similitude entre les sons enregistrés en 2012 et 2015 dans leur fréquence et leur régularité.

    Relation de cause à effet ? Un séisme de magnitude 6 a été enregistré dans le détroit de Gibraltar à 65 km de Malaga (Espagne), le 25 janvier 2016.

    Hum du Grand Nord canadien, été 2016

    Durant l’été et l’automne 2016, des chasseurs inuits ont signalé un son mystérieux semblant provenir du fond de l’océan Arctique, dans un petit détroit situé à une centaine de kilomètres du hameau d’Igloolik (Nunavut). En outre, ce « hum » aurait été assez puissant pour faire fuir la faune locale.

    Au début, les résidents pensaient aux activités minières de plus en plus importantes dans la région, en vain. Le problème a été pris au sérieux par le Bureau du premier ministre du Nunavut qui a demandé au ministère de la Défense nationale (MDN) d’enquêter : « Le ministère de la Défense nationale a été informé des bruits étranges qui se manifestent dans la région de Fury et Hecla Straights. Les Forces armées canadiennes prennent les mesures appropriées pour enquêter activement sur la situation« , a déclaré le porte-parole du MDN, Evan Koronewski. Aucune explication officielle n’a pu être fournie à ce jour.

    Bruits non identifiés fin 2019 au Maghreb

    Fin 2019, quelques vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux où l’on pouvait entendre des bruits non identifiés provenant du Maroc, de Tunisie, de Libye et de tout le Maghreb. Ils ressemblaient fortement aux chants des baleines. Après analyse, ces vidéos trahissent un montage grossier destiné à créer le buzz. Ce type de canular illustre la difficulté à distinguer, sur les réseaux sociaux, un vrai hum d’une mise en scène.

    Le Windsor Hum : un cas (enfin) résolu (2010–2020)

    Le « Windsor Hum », entendu depuis 2010 par des milliers d’habitants de Windsor (Ontario, Canada), est l’un des rares cas de hum à avoir trouvé une explication confirmée. Décrit comme une vibration grave de 35 Hz capable de faire trembler les fenêtres et les tableaux accrochés aux murs, il était associé à des maux de tête, nausées et troubles du sommeil. Dès 2013, une étude de l’Université de Windsor menée par le professeur Colin Novak avait pointé la centrale sidérurgique de l’île Zug (Zug Island, Michigan, États-Unis), de l’autre côté de la rivière Detroit, comme probable origine du phénomène — sans pouvoir le confirmer, l’accès à l’île étant interdit au public et aux chercheurs. Le rapport fédéral de 2014 avait officiellement désigné les hauts fourneaux de l’usine U.S. Steel sur Zug Island comme source probable du bourdonnement.

    La preuve définitive est venue de manière inattendue : en avril 2020, U.S. Steel a suspendu ses opérations sur l’île Zug en raison de la pandémie de Covid-19. Le hum a cessé quasi instantanément. « La preuve est dans les faits« , a conclu le professeur Novak : aucun signalement n’a été enregistré depuis l’arrêt des hauts fourneaux. Ce cas illustre de façon exemplaire comment certains hum peuvent avoir une origine industrielle identifiable, à condition que les circonstances permettent d’isoler la source.

    Le hum du Golden Gate Bridge (San Francisco, 2020)

    En 2020, après la rénovation du Golden Gate Bridge à San Francisco, de nouveaux garde-corps anti-vent ont été installés sur le tablier du pont. Leur géométrie a créé un effet acoustique inattendu : sous certaines conditions de vent, le pont émet un bourdonnement grave et prolongé audible à grande distance. Ce phénomène a été largement documenté et représente un exemple rare de hum d’origine parfaitement identifiée et vérifiable, à cheval entre l’acoustique architecturale et l’aérodynamique.

    Signalements récents en France et dans le monde (2024–2025)

    Le phénomène continue de faire des victimes en France. En août 2025, le quotidien Le Parisien consacrait un long article à des témoignages de personnes concernées. L’une d’elles, réveillée pour la première fois en janvier 2024 par « un bruit de moteur qui ne s’arrêtait pas« , décrivait un son débutant vers 23h et se prolongeant toute la nuit. Des signalements similaires ont également été recensés dans le district de Sunset à San Francisco (Californie) en 2024. Le bourdonnement reste plus perceptible la nuit, à l’intérieur des bâtiments, et dans les zones résidentielles ou rurales — là où le fond sonore ambiant est plus faible.

    Quelles sont les causes probables des hum ?

    Les hum sont-ils d’origine physiologique ?

    Ce qui rend l’explication complexe c’est que sous l’appellation « hum » se cachent des sons d’origine et de nature différentes. Certains perçoivent des bourdonnements, d’autres des bruits puissants, quand d’autres n’entendent rien. Pourtant, les pistes audio de certaines vidéos montrent bien qu’ils peuvent être enregistrés et qu’ils sont alors de nature acoustique, audibles par tous. En d’autres termes, ils ne peuvent être systématiquement confondus avec des acouphènes ou des phénomènes internes à notre organisme. La distinction reste cependant délicate à établir dans chaque cas individuel.

    Une avancée scientifique majeure : l’acouphène basse fréquence (2026)

    En juin 2026, une étude publiée dans la revue PLOS ONE par le professeur Markus Drexl de l’Université norvégienne de sciences et de technologie (NTNU) marque une étape importante dans la compréhension du phénomène. L’équipe a étudié 28 personnes en Allemagne signalant entendre un bourdonnement inexpliqué persistant, décrit comme un son aux alentours de 50 Hz — comparable à une vibration mécanique profonde. Deux hypothèses principales ont été testées :

    • Les « super-oreilles » : certaines personnes posséderaient une sensibilité auditive exceptionnelle aux basses fréquences, leur permettant de capter des sons réels que la majorité ignore. Les tests n’ont que partiellement soutenu cette piste.
    • Les émissions oto-acoustiques : l’oreille interne produirait elle-même des sons mesurables (échos internes) qui remonteraient à la conscience. Aucune preuve convaincante n’a été trouvée pour valider cette explication.

    La conclusion la plus solide des chercheurs pointe vers une forme rare d’acouphène subjectif en basse fréquence : pour la grande majorité des cas, le hum serait généré non pas à l’extérieur mais au sein du système auditif lui-même. Un signe diagnostique clé : si le son suit la personne lorsqu’elle change de lieu ou de ville, il s’agit très probablement d’un acouphène subjectif. En revanche, si le bruit peut être enregistré et mesuré par des instruments, la source est bien externe. Les chercheurs n’excluent pas que pour une fraction très minoritaire des « entendeurs », une véritable source sonore externe demeure en cause. Cette étude ouvre également de nouvelles questions sur notre compréhension encore très lacunaire du traitement des basses fréquences et des infrasons (sous 20 Hz) par le cerveau humain.

    Les hum sont-ils d’origine humaine ?

    L’étude de 2004 du géophysicien David Deming (université de l’Oklahoma) exclut les acouphènes, et indique que ce bruit « peut se manifester par des vibrations ressenties dans le corps et est souvent accompagné par une suite de symptômes physiques qui incluent maux de tête, nausée et douleur dans les oreilles.« . Et envisage une hypothèse : certaines personnes auraient la capacité d’interpréter certaines longueurs d’ondes radio (notamment les très basses fréquences) sous forme de son.

    Une piste partagée par le Docteur Glen McPherson, lui-même victime de hum et à l’origine du projet World Hum Map : ces bruits pourraient venir de « l’accumulation de sons à basses fréquences et d’infrasons » générés par les activités humaines et notamment les « bruits d’autoroute à toutes sortes d’activités industrielles« . La multiplication des pompes à chaleur dans les lotissements récents génère un ronronnement de ventilation quasi continuel, bien audible la nuit lorsque le bruit ambiant diminue. Les réseaux de ventilation industrielle, transformateurs électriques, stations de pompage et trafic maritime ou ferroviaire sont également producteurs d’infrasons continus. Ces sons de très basse fréquence peuvent se propager sur de grandes distances, être amplifiés par les murs et la structure des bâtiments, et se révéler particulièrement difficiles à localiser en raison de la longueur de leurs ondes.

    Par ailleurs, une théorie persistante évoque les ondes radio à très longue portée utilisées par les armées américaine et russe pour communiquer avec leurs sous-marins, dont les émetteurs opèrent de nuit et dont les zones d’activité coïncideraient fréquemment avec des « zones à hum » situées sur les côtes.

    Une étude menée par Glen MacPherson a néanmoins montré que des « entendeurs » continuaient à percevoir le son après avoir été placés dans une boîte isolée des ondes radio, limitant la portée de cette explication.

    Les hum sont-ils d’origine sismique ?

    Une explication pourrait être l’activité microsismique déclenchée par l’impact des vagues sur les fonds océaniques. La pression des vagues sur le plancher océanique génère des ondes sismiques qui font osciller la Terre, explique Fabrice Ardhuin, un chercheur français de l’Ifremer qui a publié une étude dans la revue Geophysical Research Letters.

    L’activité microsismique, enregistrée un peu partout sur Terre, est en grande partie due aux vagues de l’océan. Les ondes sismiques qui sont générées produisent des sons d’une durée de 13 à 300 secondes. Ils peuvent être entendus par une proportion relativement faible de personnes — qui y sont sensibles — et également par des instruments sismiques.

    Pour Fabrice Ardhuin, « nous avons fait un grand pas dans l’explication de ce mystérieux signal, de son origine et de son mécanisme« . Et pourtant, cela n’explique pas tout : pourquoi ces sons surviennent-ils brusquement dans différents endroits du monde, parfois très éloignés de la côte, et ne durent que quelques minutes avant de s’évanouir ?

    Les hum ont-ils une origine géologique ?

    Avez-vous déjà entendu le bruit sourd du manteau supérieur de la Terre ? Peut-être que ce bruit incessant et grave, enregistré à plus de 9 km de profondeur, peut, à l’occasion d’un phénomène particulier, être perçu à la surface ? Les volcans, comme à Hawaï, produiraient des sons similaires.

    À mesure que le son se déplace à travers l’air ou à travers le sol, les sons de haute fréquence s’affaiblissent plus rapidement que ceux de basse fréquence, qui peuvent donc voyager sur de plus grandes distances. De plus, les sons de basse fréquence peuvent être amplifiés par les murs ou par la structure des édifices.

    Les hum sont-ils d’origine atmosphérique ?

    Cependant, à la lecture des vidéos disponibles, nous notons que le premier réflexe des personnes qui filment est de scruter le ciel. Tout porte à croire que le hum proviendrait donc des couches atmosphériques et non du sol — le Taos Hum a d’ailleurs été perçu dans une zone qui ne connaît pas d’activité sismique notable.

    Une autre explication pourrait provenir de la magnétosphère terrestre[1] qui protège la surface terrestre des excès du vent solaire. Lorsque la magnétosphère est perturbée par une éjection de masse coronale (CME), elle vibre, de la même manière qu’une cloche frappée avec un marteau, a expliqué le géophysicien Ciaran Beggan dans Geoblogy. Les phénomènes électriques comme la foudre engendrent également des perturbations.

    Il en résulte ce que l’on appelle les résonances de Schumann, des ondes électromagnétiques d’extrême basse fréquence (ELF) qui pourraient devenir des hums, même si le lien scientifique n’est pas clairement établi. Cependant, en janvier 2012, lorsque de nombreux hum furent entendus en Amérique du Nord, l’activité solaire était faible, sans CME notable.

    Des « orgues sous-marins » à l’origine des hum ?

    En Croatie, la ville de Zadar accueille depuis 2005 l’unique orgue marin du monde. Cet instrument de musique extraordinaire de 70 m de long a été conçu par Nikola Basic, un architecte mélomane. Sa particularité : il fonctionne grâce au ressac de la mer. En effet, quand une vague percute la digue, elle pénètre dans des tuyaux, en chasse l’air et produit ainsi des sons qui ne sont pas sans rappeler les hum entendus à travers le monde. Nous vous laissons juge avec la vidéo ci-dessous :


    Conclusion : un mystère en voie de démystification partielle

    Restons prudents : les explications que l’on peut trouver sur l’origine des hum sont souvent confuses, contradictoires et fragmentaires. Les progrès scientifiques récents — notamment l’étude NTNU de 2026 — suggèrent que la majorité des cas individuels relèvent d’un acouphène subjectif en basse fréquence, phénomène jusqu’alors sous-identifié par le corps médical. Mais cette explication n’épuise pas le sujet : certains épisodes collectifs, mesurables par des instruments, comme le Windsor Hum ou le hum du Golden Gate Bridge, attestent que des sources sonores externes bien réelles peuvent provoquer des phénomènes comparables. La vérité est probablement multiple : derrière le terme générique de « hum » se cachent des phénomènes d’origines distinctes dont la manifestation est quasi similaire, ce qui rend leur étude d’autant plus complexe.

    Enfin, il faut se méfier des nombreux hoax et canulars qui pullulent sur ce sujet sur les réseaux sociaux, alimentés par la fascination que ces sons mystérieux exercent sur le public.

    Notes

    1. La magnétosphère terrestre est située au-delà de l’ionosphère, c’est-à-dire au-dessus de 800 à 1 000 km d’altitude.

    Tous droits réservés



    Source link

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Must Read

    spot_img