Eiffage a livré des résultats semestriels globalement solides, mais insuffisants pour convaincre totalement le marché. Le groupe de BTP et de concessions affiche un bénéfice net part du groupe en hausse de 12,1 %, à 342 millions d’euros, tandis que le chiffre d’affaires progresse de 2,3 % à 12,2 milliards. Une dynamique favorable, tempérée par un résultat opérationnel courant légèrement inférieur aux attentes, ce qui a provoqué une nette sanction boursière après la publication.
Le principal point fort reste la visibilité. Le carnet de commandes atteint désormais 31,5 milliards d’euros, en hausse de 7 % sur un an et à un niveau historique. Cette réserve d’activité permet à Eiffage de confirmer ses objectifs 2026, avec une nouvelle progression attendue du résultat opérationnel courant et du bénéfice net, malgré une croissance de l’activité moins soutenue qu’en 2025.
La réaction du marché apparaît donc davantage liée au niveau d’exigence des investisseurs qu’à une remise en cause du scénario fondamental. La valorisation demeure par ailleurs relativement contenue : Oddo BHF souligne un multiple VE/EBIT 2026 proche de 8 fois, contre une moyenne historique sensiblement supérieure. Les analystes restent toutefois partagés, entre la prudence d’Oddo et l’opinion toujours positive de JP Morgan.
Techniquement, la situation est plus fragile. Depuis le sommet inscrit au printemps, Eiffage évolue dans un canal baissier bien installé. Le titre vient d’accélérer vers sa borne basse, autour de 110 euros, tandis que le RSI, proche de 27, signale une zone de survente. Un rebond technique reste donc possible à court terme, mais il faudrait rapidement reconquérir la zone des 120 puis 128 euros pour commencer à neutraliser la tendance baissière. En dessous, le support majeur des 103 euros constitue le prochain niveau à surveiller.
D’un point de vue fondamental, pour qui vise le moyen terme, l’affaire commence néanmoins à être intéressante. La valorisation est modeste comme nous l’indiquons plus haut et on peut commencer à s’y intéresser dans une logique d’investissement.
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