(ABC Bourse) – Face à un marché européen toujours en convalescence, les constructeurs chinois accélèrent leur offensive. BYD et MG, désormais bien installés, bousculent les équilibres, tandis que Tesla chute lourdement.
Cinq ans après la pandémie, l’industrie automobile européenne peine toujours à retrouver son niveau d’avant-crise. En 2025, les ventes de voitures neuves dans l’Union européenne ont atteint 10,8 millions d’unités, selon l’ACEA. Une hausse de 1,8 % sur un an, mais loin des 15 millions enregistrées en 2019. Dans ce contexte fragile, l’irruption des marques chinoises n’est plus un frémissement, mais une réalité.
L’Espagne a tiré le marché vers le haut avec une progression des immatriculations de 12,9 %, suivie par l’Allemagne (+1,4 %). À l’inverse, la France a reculé de 5 %, l’Italie de 2,1 %, et la Belgique de 7,5 %. Les groupes historiques doivent désormais composer avec de nouveaux acteurs qui grignotent leurs parts de marché.
Installés depuis plusieurs années, le groupe public SAIC et sa marque MG poursuivent leur forte progression et atteignent les 211.000 voitures écoulées sur l’année, soit un bond de 33,9 % sur un an.
Avec une part de marché de 1,9 %, SAIC est désormais devant Nissan (1,8 % ) et plus très loin de Volvo (2,2 %).
Plus impressionnante encore est la dynamique de BYD, le géant de Shenzhen. BYD a plus que triplé ses immatriculations en Europe l’an dernier, atteignant 129.000 véhicules vendus, selon les données de l’ACEA. Arrivé plus tardivement, BYD a passé la surmultipliée en triplant ses ventes l’an dernier (+233 %). Avec 129.000 immatriculations, le groupe de Shenzhen a cherché en Europe un moyen de compenser ses difficultés sur son marché domestique, et il ne compte pas s’arrêter là.
Les constructeurs européens sous pression malgré leur domination
Malgré cette poussée, les géants européens conservent une solide avance. Le groupe Volkswagen a maintenu sa position dominante avec 27,6 % de parts de marché, en hausse de 5 % sur un an. Stellantis suit à 15,3 %, en baisse par rapport aux 16,4 % de 2024. Renault, en légère progression, complète le podium à 11,5 % (+0,5 point).
La progression des marques chinoises contraste avec la chute de Tesla. Parmi les événements notables de l’année figure également la poursuite de la chute de Tesla, qui a encore dévissé de 37,9 % et ne représente plus que 1,4 % des ventes. Une baisse sévère qui n’a pas freiné l’essor des véhicules 100 % électriques : ils ont représenté 17,4 % du marché européen, contre 13,6 % en 2024. L’Allemagne a vu ses ventes bondir de 43 %, l’Espagne de 77 %, la France de 12,5 %.
Le paysage automobile européen se transforme, à la croisée des tensions réglementaires, des innovations électriques et des ambitions asiatiques. Les marques chinoises semblent bien décidées à ne plus jouer les figurantes.
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